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Billet de blog 13 déc. 2011

Analyse de la situation politique sénégalaise à la veille des élections -Et si nous nous trompions, encore une fois, de débats ?

La politique est moins une affaire de personnes que d’idées. La politique est moins une affaire d’individus que d’entités ou d’équipes capables de porter et de mettre en application les bonnes idées même si ces dernières peuvent et parfois doivent être impulsées par un leader. Voilà donc près de 12 ans que nous nous battons plus contre le régime de Wade que contre Wade lui même malgré les défauts que les anciens lui avaient trouvés parce que tout simplement nous n’avions jamais pensé que le libéralisme prôné par le PDS soit la bonne solution pour sortir le Sénégal du sous développement. Nous avions adhéré presque de manière concomitante aux partis socialistes français et sénégalais dans les années 90 parce que nous avions pensé et pensons toujours que le « libéralisme ne convient guère aux républicains » et que la voie africaine du socialisme prôné par Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop, Kéba Mbaye et même mon ancien professeur Kader Boye était la meilleure pour faire faire aux pays africains de grands pas vers le développement.

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La politique est moins une affaire de personnes que d’idées. La politique est moins une affaire d’individus que d’entités ou d’équipes capables de porter et de mettre en application les bonnes idées même si ces dernières peuvent et parfois doivent être impulsées par un leader. Voilà donc près de 12 ans que nous nous battons plus contre le régime de Wade que contre Wade lui même malgré les défauts que les anciens lui avaient trouvés parce que tout simplement nous n’avions jamais pensé que le libéralisme prôné par le PDS soit la bonne solution pour sortir le Sénégal du sous développement.

Nous avions adhéré presque de manière concomitante aux partis socialistes français et sénégalais dans les années 90 parce que nous avions pensé et pensons toujours que le « libéralisme ne convient guère aux républicains » et que la voie africaine du socialisme prôné par Mamadou Dia, Cheikh Anta Diop, Kéba Mbaye et même mon ancien professeur Kader Boye était la meilleure pour faire faire aux pays africains de grands pas vers le développement.

C’est pourquoi nous n’avions même pas voulu accorder à Wade l’état de grâce que lui accordait la population dans les premières années de ce qui s’est avéré être moins une gouvernance qu’un règne individuel ou oligarchique. Le vote par la majorité de l’opposition dite républicaine de la nouvelle constitution tant décriée aujourd’hui doit sans doute être mis sous ce passif à un moment où il était très malvenu de critiquer un nouveau président qui bénéficiait de tous les préjugés favorables car il fallait, comme on disait partout à l’époque, « laisser le Vieux travailler ».

Eh bien on l’a laissé travailler et nous avons eu le résultat que l’on sait. On a l’habitude de comparer l’incomparable c’est-à-dire les 40 ans du PS aux 11 ans de Wade. Toutes choses égales par ailleurs (ce qui et loin d’avoir été le cas) il aurait été plus équitable de comparer la dernière décennie du gouvernement de Diouf et les années de Wade s’agissant de périodes à peu près contemporaines. Sous ce regard, il serait aisé à un esprit raisonnable de s’apercevoir que le gouvernement de Loum et de Sakho a plus mis le Sénégal sur les rails du progrès que « les grands travaux du chef de l’Etat » Wade symbolisés par son monument de la renaissance (lire notre début de résumé du rapport de Loum sur le Sénégal au 1er avril 2000 ici http://www.socialisme-republiquesn.org/humeurs/le-s-n-gal-au-1er-avril-2000-premiere-partie-premiere-partie-des-bases-solides.html).

Nous disions donc que la politique est moins une affaire de personnes que d’idées c’est pour cela que nous avions toujours pensé, entre autres raisons, que c’était un faux débat que de vouloir imposer la candidature unique de l’opposition. Nous avions longuement écrit sur ce sujet pour ne pas avoir besoin d’y revenir (lire http://www.socialisme-republiquesn.org/content/view/617/40/)

Malheureusement, l’espace politique sénégalais a été trop occupé ces derniers mois et continue encore de l’être par un duel stérile au sein de l’opposition sénégalaise entre Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse arbitré par des leaders de partis qui n’ont pour la plupart qu’un salon pour s’exprimer. Le cirque auquel nous avons assisté ne grandit pas ces leaders de partis et c’est certain qu’ils en ont perdu de la crédibilité.

Au delà des querelles de chapelles, il aurait été préférable de se poser les questions programmatiques car si d’aucuns se réclament des assises nationales, personne n’en a encore extrait un programme détaillé de gouvernement soumis aux populations.

Ce n’est pas une personne qui remettra le pays sur de bons rails. C’est pourquoi l’une des questions qui mérite d’être posée est celle de savoir quelle idéologie ou quelles idées gouverneront le Sénégal des années à venir.

Sous ce chapitre, nous croyons plus aux vertus des idées du socialisme que celles du libéralisme. Nous croyons davantage aux idéaux de la République, à la chose de tous qu’en « l’appropriation privée des ressources et opportunités publiques par un clan » (dixit Lt Colonel Oumar Ndiaye) qui est la marque de fabrique des libéraux du PDS. C’est pourquoi notre mouvement s’appelle « Socialisme et République ». Et ce n’est pas pour rien que certains ont fait de la République leur crédo.

Nous croyons que le parti socialiste avec à sa tête Tanor Dieng à qui on peut tout reprocher et souvent sans preuves sauf l’absence de compétence, de constance, de courage et de détermination, est la formation politique la mieux outillée en termes idéologiques et de personnes ressources pour appliquer les principes du socialisme africain malgré les quelques errements du passé qui ne font que renforcer son expérience. L’attractivité du parti socialiste n’est plus à démontrer puisqu’il a enregistré et continue de recevoir l’adhésion de personnes capables de théoriser et de mettre en application ce bon vieil idéal social sans lequel aucun développement du Sénégal ne serait possible.

Si les sénégalais se laissent bercer par les illusions des marchands de rêves et se hasardent à perpétuer le règne libéral, ils continueront de tirer le diable par la queue pour des décennies encore. Réfléchissons y bien et travaillons à barrer la route à Wade et à tous ceux qui se réclament de son camp.

Nous n’avons plus de temps à perdre parce que le camp de Wade n’en perd pas lui qui a commencé à battre campagne parce qu’assuré de la décision du Conseil constitutionnel. Il est donc plus que temps de tourner la page du faux débat de la candidature au sein de ce qu’il a été convenu d’appeler Bennoo, mais que nous appelons nous un regroupement informel de leaders de partis, et de concentrer nos forces en perspectives de la prochaine forfaiture de Wade qui s’annonce le mois prochain.

Ibrahima Ndiaye

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