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Billet de blog 8 avril 2025

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Réponse publique et définitive au département de Sciences Politiques

Je ne souhaite plus désormais justifier de ma liberté d’expression auprès de qui que ce soit. Je dis stop à toute forme de harcèlement que je subis quotidiennement.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Réponse publique et définitive au département de sciences politiques de l’université Paris 8

1er novembre 2023 : jour férié

Je me repose à Marseille car je suis très affectée par le génocide perpétré par l’entité sioniste envers le peuple palestinien depuis 1948.

Je me rends compte que le récit occidental a occulté depuis toutes ces années les horreurs subies par les palestinien.ne.s. Un négationnisme, cette fois-ci, venant de tous les bords. De gauche comme de droite.

Je consulte ma boite mail après avoir reçu un texte sur les divergences quant à l’appellation « entité sioniste ».

Je reçois une convocation, un jour férié.

Je suis très inquiète, je risque de me faire radier de l’université Paris 8 comme certain.e.s étudiant.e.s en France et en Occident, la seule université qui a accepté ma candidature, au vu mon dossier.

Mon avenir part en fumée.

Je me présente à l’entretien le mercredi 8 novembre, malgré mon état psychologique très fragile.

J’explique aux co-responsables du Master que les allégations à mon encontre étaient mensongères et leur présente mes preuves.

Le soir même, je reçois un mail d’excuse sur la forme du premier mail de convocation.

Je me permets de prévenir mes camarades militants et militantes du NPA sur notre bulle de discussion que l’entretien s’était très bien passé et que je n’étais plus en mesure de rester dans cette bulle WhatsApp où se trouvait des « délateurices » et des « collabos ».

Une discussion privée entre étudiant.e.s militant.e.s.

Le 1er novembre au soir, j’ai tenté de me défenestrer.

J’ai été sauvée par deux amis présents.

Le lendemain matin de l’entretien et suite au mail d’excuse, je m’aperçois que j’ai encore une fois reçu un mail de la part des coresponsables du Master.

En le consultant, j’ai une crise de nerfs et je songe à appeler le SAMU.

Étant donné l’état des hôpitaux publiques depuis quelques années surtout dans le 93, j’ai préféré me réfugier au bureau d’un ami qui travaillait à côté de l’université.

J’apprends le lundi 31 mars 2025 qu’il y aurait une réunion le vendredi 11 avril prochain, proposée par les deux déléguées du Master, suite entre autres à une discussion WhatsApp autour de leur absence d’investissement lorsqu’il s’agit d’étudiants et étudiantes préoccupé.e.s par la venue d’une figure de l’extrême droite française à notre université.

Avec mes camarades, on a perdu beaucoup de temps et d’énergie afin de mettre fin à ce cours, orienté politiquement.

On était très en colère et indigné.e.s qu’une enseignante puisse inviter comme intervenant, par exemple, un individu qui a osé dire publiquement « j’espère que l’assassin de Nahel sera blanchi ».

On était également inquiet.e.s du sort de notre camarade qui a pris l’initiative d’en informer cette enseignante après concertation avec nous et qui a reçu, en retour, une réponse révoltante et méprisante.

Aujourd’hui le cours a été supprimé et je nous en félicite.

On a gagné une première bataille parmi tant d’autres, notamment celle des coupes budgétaires et des évaluations des Masters, etc…

En tant qu’étudiants et étudiantes en sciences politiques, j’estime qu’il est de notre devoir de nous mobiliser contre les relais de l’extrême droite.

J’ai d’ailleurs appris, lors de notre mobilisation, que cette enseignante aurait, l’année passée, invité trois individus éventuellement policiers durant un cours de Licence 2 dispensé au premier semestre sans la permission de ses étudiant.e.s. Ils étaient assis au dernier rang, munis de stylos et papiers, selon l’étudiante en Licence de sciences politiques.

Un droit de réponse lui est réservée.

Grace à Paris 8, j’ai réussi à développer un esprit critique et surtout la tolérance et l’ouverture d’esprit.

J’ai également appris grâce à me parents et à ma famille, notamment mon oncle Daniel Lindenberg, auteur de « le rappel à l’ordre (enquête sur les nouveaux réactionnaires) », et ancien professeur de sciences politiques à Paris 8, à exprimer mon opinion librement.

J’en paye les conséquences aujourd’hui même, que ce soit au niveau de ma santé ou au niveau de ma condition d’étudiante étrangère.

Je n’ai ni le temps, ni l’énergie pour subir une injustice de plus.

Je n’ai aucune responsabilité quant aux interprétations erronées des déléguées ni de celles du reste de ma promo.

Je n’ai pas non plus le temps, ni l’énergie de répondre au ton menaçant de l’une des deux déléguées.

Ces querelles égocentriques n’ont pas lieu d’être alors même que notre intégrité physique est menacée par l’extrême droite et le syndicat étudiant des néofascistes, venus distribuer des tracts devant notre université, le vendredi 28 mars.

Je ne suis pas représentante des étudiant.s et je n’ai pas failli à mes responsabilités.

Notre devoir en tant qu’étudiant.e.s concernant l’annulation du cours en question a été accompli avec succès.

Les néofascistes ne mettront pas les pieds dans notre université.

La condescendance d’une enseignante qui « aurait été elle-même victime de violences policières » me répugne quand je pense à Nahel.

Ainsi, je vous remercie de votre compréhension et je vous invite à ne pas répondre, s’il vous plait, à cette lettre au risque d’aggraver ma condition d’étudiante étrangère en situation de handicap.

Je ne souhaite plus désormais justifier de ma liberté d’expression auprès de qui que ce soit.

Je dis stop à toute forme de harcèlement que je subis quotidiennement.

Et je suis prête dorénavant à me défendre jusqu’à mon dernier souffle.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.