Je suis vaincu
j'avais un idéal, il est à terre,
je mords la poussière
et je sens dans mes veines
couler un sang noir.
L'espoir s'éloigne chaque jour peu à peu
et mes larmes se répandent sur un sol rouge.
Paix, liberté, égalité, justice, fraternité.
Haine, destruction, violence, guerre, parricide.
Ils parlent de patrie, de nation,
je vois une seule terre, et l'homme d'aucuns pays
mais fils d'une terre qui ne lui appartient pas.
Ils se détruisent pour un dieu qui n'est pas leur dieu,
pour une terre qui n'est pas leur terre.
N'être d'aucun pays, d'aucune ville
mais être de la Terre.
On fabrique des armes.
On vend des armes.
On vit sur le dos de la destruction.
Alors que pourtant nous sommes de la même fratrie,
Caïn nous poursuit de son ombre mortelle.
Je suis vaincu,
j'avais un idéal.
Je rêvais d'un homme bon, généreux, ouvert, joviale.
Je vois un homme, agressif, égoïste, ambitieux, replié, sombre;
je suis cet homme, il est au fond de moi ainsi que de tous.
Je le sens en permanence pointer sa cruauté et ressurgir,
Car il est aussi au fond de moi comme de nous tous.
Et je pleure lorsqu'il surgit, je ne lutte pas il meurt,
Si je lutte il m'étouffe et je meurs.
Lorsqu'au fond il surgit je le laisse croître et je l'observe,
Conscient je me vois, c'est moi, et meurt.
Il n'y a pas de chemin en ce pays ou je marche,
Du haut j'observe la carte et je me vois,
Conscient de qui je suis, uni, je m'élève et vis.
Il n'y a pas d'espoir en ce Monde,
et c'est à chacun de voir la lumière,
qui séjourne au plus profond de notre conscience.
Mais bien peu le peuvent tant nous subissons la souffrance de notre esclavage
elle contient notre peur et développe notre haine qui nous aveugle.
Non nous ne serons pas sauvés tant que subsistera ce qui nous détruit.
Le seul espoir improbable est cette lumière intérieure.