Comment aimer sans être dépendant.

L'amour vrai est gratuit, tu n'attends rien en retour. Lorsque tu nourris un animal, tu satisfais le moi qui a besoin d'exister et par ce geste tu te sens nécessaire, en retour l'animal te regarde et attend ton secours, il est dépendant et pour obtenir ce dont il a besoin, il te donne l'impression qu'il t'aime, c'est une illusion. Tu te nourris de celle-ci, dont tu n'es pas dupe, pour ressentir l'existence. Lorsque l'animal de compagnie meurt, tu souffres car tu es confronté à ton impuissance, tu ne peux pas le sauver. Tu perds celui dont tu dépendais et qui dépendait de toi, vous étiez attachés. Tu dis plus jamais de (chat, chien, autre), mais pour exister tu en a besoin et malgrè la souffrance engendrée par la séparation qui en est toujours le terme, tu reprends un animal ou même une plante et tu es à nouveau attaché. La question est peut on ne pas dépendre de quoi ou de qui que ce soit en acceptant d'être seul. En sommes peut on exister sans avoir le besoin d'être aimer? Peut on vivre sans l'attachement? Ou bien peut on nourrir le vivant sans éprouver le besoin de se sentir indispensable? Tout cela suppose un amour sincère et libre. Et que donc tu n'aies pas besoin de retour. Si on attend un retour on dépend de celui que l'on croit aimer. Il faut en être conscient pour s'en libérer. Il faut mettre de l'ordre en soit pour aimer gratuitement. Sinon le moi l'emporte, il engendre la jalousie, la haine, la rancune, et ainsi il nous donne l'illusion d'exister. Cette souffrance engendrée par le conflit, engendrée par l'attachement, détruit l'être et le plonge dans la dépression.

Si tu as un animal de compagnie, il se peut que tout en l'aimant profondément tu ne sois pas dépendant, tu n'es donc pas attaché. Mais dans ce cas tu auras le même comportement avec les autres animaux, sans exception, même ceux qui te paraissent répugnant comme les areignées. Et tu souhaiteras alors tous les protéger, et lorsque l'un deux mourra, tu laisseras couler tes larmes, parce que la vie est pour toi sacrée. Cependant tu ne peux pas pleurer sur le cadavre d'une areignée ou d'une mouche, parfois il te faut tuer, avec répugnance, mais c'est nécessaire. Ainsi tu distingues et tu sépares, il y a ceux que tu protégeras et ceux que tu accepteras de tuer. Quand on entre dans un débat de cet ordre les choses deviennent très vite compliqués. Il y a de la folie qui se profile, tu es obligé de séparer. Et donc de distinguer parmi la vie celle qu'il est juste de protéger et celle qui ne requiert pas autant d'attention. Aimer et protéger la planète est une nécessitée qui ne se discute pas, mais sans l'amour de la vie et de toutes les espèces qui la compose, tu ne feras rien. Ainsi la raison te permet de tuer en aimant. Sommes nous dépendant de cet attachement à la survie de la planète? Aimons nous la planète sans être dépendant? Distinguer entre amour détaché et amour dépendant n'est pas si simple. Il n'y a qu'en soi que l'on peut voir et comprendre notre attachement.

La mort engendre dans l'égo le souvenir. La mémoire intervient et rejoue des scènes de vie qui ne sont plus. Ces scènes font revivre le disparu, les larmes viennent, et la souffrance de la séparation dont l'égo se nourrit pour exister. Il faut en être conscient et l'observer. La laisser fleurir, et la douleur s'éteindra avec le souvenir. Mais en quoi est-ce mauvais de souffrir, puisque souffrir nous permet de sentir l'existence. Certains attachements sont peut-être important pour savoir que nous existons, et d'autres au contraire sont destructeurs. Il paraît que l'attachement s'éteindra avec l'égo, que restera t'il? Pour le savoir il faut en faire l'expérience. Et lorsque celle-ci est, nous sommes éveillés mais nous ne sommes plus humains. Il y a un chemin, il y a une voie, celle qui mène au non retour, une croyance qui anime ceux qui sont sur cette voie, et en laquelle ils croient comme d'autres croient en Dieu, Il s'agit donc d'une doctrine, et elle peut être mise en doute. On peut sans croire à celle-ci chercher les racines de l'attachement, et libérer l'amour de celui-ci, en écartant le but qu'ils nomment la voie du Dharma, et enfin aimer sans attendre de retour.

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