Comment sauver l'espèce et la planète.

Croyez vous que l'on puisse régler les problèmes de la planète sans regarder pourquoi ces problèmes existent et sans remonter à leur source, la psychologie humaine. Ce qui anime l'homme est le désir, et celui-ci est associé au plaisir, quand un désir est assouvi, le désir passe et l'on recherche une nouvelle source de plaisir. C'est sans fin, et le libéralisme économique se nourrit très largement de cette pulsion humaine. Nous le savons tous, mais cette évidence nous en sommes dépendant. Cette dépendance est destructrice et nous conduit à notre perte. Le désir est parfois nécessaire, dans certains cas il est dangereux.

On peut en dégager quatre options:

Désir de transcendance, on place Dieu comme maître incontestable.

Désir de puissance et de domination, nous sommes Dieu, c'est incontestable.

Désir de possession, associé au second nous devenons un dictateur.

Désir de vengeance, je peux voler ou tuer.

Nous sommes tous soumis aux mêmes maux. Il suffit de regarder un peu en soi pour que surgissent une deux ou trois de ces tendances. Je fais une psychanalise en essayant de comprendre ce que je suis parce que je pense ne pas être comme tous, je souffre, je suis séparé; nous souffrons tous. Tous les hommes sont identiques et en chacun sommeil le déséquilibre. Nous n'en sommes pas tout à fait conscient, et si toutefois nous le ressentons parfois, bien vite nous rejetons cette impression, sans oser la regarder. Pourtant, la regarder, l'étudier sous toutes ses formes, la dissous. En être conscient, permet d'en résoudre l'équation.

Nous sommes tous à des degrés divers des psychopathes.

Le djiadiste tueur. Le chef de l'état qui veut diriger. Le spéculateur qui veut s'enrichir. Le prospecteur minier, le moine qui se retire, le joueur, le policier, l'ouvrier...

Nous devons soigner notre esprit, sinon, il y en aura toujours un qui sortira pour mettre le chaos à son profit. Mais comment soigner un esprit aussi perturbé? La psychanalyse ne résoudra rien. Serions nous incurable?

Notre système financier repose sur un concept qui est maladif, le capitalisme est une maladie psychologique. Et ne me dites pas que le communisme n'est pas mieux, qu'il a détruit autant de vies, il n'y a jamais eu de communisme, tout simplement parce que l'homme doit être sein d'esprit pour que l'idée communiste surgisse d'elle-même, naturellement, et il ne l'est pas.

La peur serait elle au centre du problème? Cette peur, non pas du Lion qui s'approche de nous dans la savane, non cette peur là est salutaire, mais la peur de perdre, nous jouons en permanence, pour cette sensation. Nous aimons la peur, elle nous indique que nous sommes bien vivant. Je vous le dis nous sommes des malades, ou bien des bébés. Nous prenons des risques, idiots, nous engageons la vie des autres, nous parions sur l'extinction de l'espèce, pour le plaisir de sentir le souffle du boulet. Nous discutons sur des idées qui ne sont que des chimères, nous aimons la dispute, c'est un sport de l'esprit. Nous classons en permanence, gauchiste, socialiste, capitaliste, anarchiste, des fossés, des cloisons pour mieux se séparer, ne pas se confondre. Voulons nous le bonheur de tous, le bonheur social? pour tous avec égalité, oui répondront ils, mais dans le libéralisme pour les uns et dans l'anarchie pour les autres. Pourquoi dans une même famille rencontrent ont le blanc et le noir, qui ne se supportent pas. Du père aux enfants ils sont tous persuadés que Dieu, ou Marx, ou... Et que donc il faut obéir, tous, sauf un, parmi eux, un pense autrement, le vilain. Pourquoi? Voyez ce gouffre qui les sépare.

Toutes nos structures sont pyramidales. Le chef, et ceux qui lui obéissent. C'est un concept hautement primitif. Les religions dans leur clergé l'ont maintenus. Quoi que, les sunnites, ce qui fait la différence entre chites et sunnites est cette construction du pouvoir. Ainsi le sunnisme à une structure linéaire, avec une multitude de petits chefs, qui se disputent. C'était une évolution intéressante, mais l'homme n'est pas prêt, ainsi sans un chef incontestable, nous nous divisons, et la division conduit à la querelle et à la guerre. Il n'a pas fait sa révolution. La seule révolution qui soit indispensable c'est justement la révolution en soi, pour que cesse ces petites guerres des chefs, ces guerres tribales.

Pourquoi un très grand nombre d'hommes à t-il besoin de la transcendance pour exister. Ils sont une majorité, les athées une minorité. Lesquels se trompent, y a t-il une vérité? Ce Dieu qu'ils invoquent, ils en ont besoin, autant que de l'eau. Parmi ces croyants, une grande majorité suit le courant principal, sans se poser de questions, enfin le moins possible. D'autres par contre, et en petit nombre estiment que tous les autres sont aveugles et qu'il faut soit les éclairer pour les sauver (évangélistes), ou bien les tuer car Dieu estime qu'ils doivent être punis (djihadistes). Pensez vous que l'on puisse sauver la terre avec des humains emplis d'une telle pensée? Eux ne pensent pas à la planète, ni à l'homme, ils attendent tous la fin des temps. Le plus gros problème c'est qu'ils sont persuadés qu'il n'y a qu'une vérité. Et c'est la fâcheuse tendance des religieux, même les bouddhistes. Il n'y a pas d'autre voie, bien qu'elles soient multiples, seule celle qu'ils suivent mène au salut. Et pourtant il semblerait bien qu'il n'y est pas de voie. La vérité serait elle dans un lieu sans chemin? Au fond de soi. Bien sur les religions partent d'un bon sentiment, il s'agit d'obtenir le meilleur de l'homme, et le dualisme permet de montrer un chemin, mais il égare les disciples sur des chemins obscurs.

Pourquoi un petit nombre d'entre les humains dirigent ils la planète? Sont ils plus éclairés, plus intelligents? Parce qu'une majorité d'entre les humains leur ont donné les clés. Soit par voie électorale, soit par la force, les hommes ont un triste besoin d'être dirigé. Ils suivent aveuglément ceux à qui ils ont confiés le pouvoir, et ceux qui sont aux commandes s'appliquent à les maintenir dans cette voie, ils sont endoctrinés. Le pouvoir ne devrait pas être pyramidale, mais horizontal, mais pour que ce soit possible il faut que nous changions, sommes nous prêts?

Aujourd'hui le pouvoir n'est plus entre les mains de ceux qui paraissent l'avoir, le pouvoir est occulté, il est conservé par des hommes qui dans l'ombre manipulent, nous sommes sous le joug de la finance. Ceux là sont les plus souffrants d'entre nous, les plus incurables, ils conduisent le monde à sa perte.

Que voyons nous surgir sur les décombres du chômage, une meute assoiffé et prête à tous les sacrifices pour survivre, quelle aubaine pour les financiers de l'ombre, que l'ubérisation, un nouvel esclavage. Nous ressuscitons sans cesse les vieux principes.

Nous n'en sortirons pas, cette matrice nous broie. Parce que le problème voyez vous est multiple, nous sommes cerné de toute part par une multiplication exponentielle des difficultés, et l'humain ne s'y est pas préparé. Nous sommes restés des êtres primitifs, craintifs, superstitieux, et nous ne pouvons plus nous dégager de ces divers endoctrinement. Comment voulez vous que nous ayons tous une prise de conscience qui nous permettrait de grandir et de rejeter notre instinct tribale, pour devenir des êtres autonome, ne réclamant plus de chef, considérant le pouvoir comme une forme archaïque, la religion comme un principe dépassé, regardant la vie comme immanente, et prêt au partage intégrale, les biens de tous communs entre tous. Utopie? Hélas oui, soignons nous, mais comment guérir toute une planète, si hautement contaminée, si hautement endoctrinée, sur des voies si multiples et si éloignées, lorsque je regarde cet affligeant spectacle, éveillé, je souhaite m'endormir, parce que avant de sauver la planète il faut donner le remède à l'homme, car sauver la planète avant l'homme, c'est mettre la charrue avant les bœufs. Et pourtant c'est bien ce que nous faisons, car nous n'avons plus le choix, il est trop tard, il faut imposer pour libérer.

 

Cette description est limitée, il y a tant et tant à relever, j'en suis incapable, mais il me semble qu'il faut commencer par nous même, par moi. Tant que je ne parviendrais pas à dialoguer et écouter mon voisin, je ne trouverais pas de solution pour la planète. L'autre jour dans le train j'ai rejeté quelqu'un qui avait besoin de discuter, moi je voulais lire. Tant que je serais obnubilé par la place de ma voiture, ou la place que j'occupe dans le train, tant que je serais en conflit avec mon chef ou mes enfants, ou mes parents, je ne pourrais rien pour la planète. Or toutes ces petites choses sont d'une grande importance car elles démontrent que je suis attaché à des futilités. C'est puéril, je suis un enfant pleurnicheur et grincheux qui à perdu son jouet et qui en veut au monde entier. Comment avec un état d'esprit aussi petit, pourrais je aider à sauver notre Terre. Regardez en vous, et la lumière surgira. Vous allez dire, le pauvre, qu'est-ce qu'il souffre, il faut l'aider, je suis plus fort, un papa que je suis plus fort? Mais c'est de nous que je parle, je suis vous, vous êtes moi, nous sommes le monde.

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