Il y a que les cons qui changent

La connerie est un état confortable. Prenons un "Con Lambda" qui commençait sa carrière professionnelle à la con dans les années 1970. Celui-ci pouvait espérer après une mise à l'épreuve d'un mois, finir sa carrière dans la même entreprise, voir son salaire augmenter régulièrement, progresser dans la hiérarchie, fonder une famille stable, acheter sa maison tout en maintenant son pouvoir d'achat :

bref, une vrai vie de con.

Mais il n'y a que les cons qui changent et notre "Con Lambda" est devenu intelligent et philosophe. Il sait que tout s'achète et tout se vend. Lui-même se vend régulièrement sur le marché du travail et se procure des compagnes sur le marché amoureux. Tout est affaire de contrat, il suffit juste d'acquérir la bonne marchandise à son prix d'équilibre afin de ne pas être floué. Comme le disait la philosophe Laurence Parisot "La vie, l'amour, la santé le travail sont précaires".

Bien sûr, bien sûr, il existe quelques inconvénients au manège post moderne. A force de tourner, la tête vous tourne. A changer de job, de femme, de région, de sexe on finit par perdre un peu ses repères mais c'est bien peu de chose en comparaison des promesses de luxe et de stupre qu'offre la vie post-moderne. Peu y accèdent , tant mieux, ceux qui y arrivent sont d'autant meilleurs. Pourquoi galérer mollement pour construire son pavillon de banlieue avec Bobonne alors qu'il suffit de s'arracher un peu pour s'offrir la Californie en compagnie de Bimbos. Avant la vie ne faisait pas rêver maintenant on rêve sa vie, le progrès est patent, seuls les "Cons Lambda", ceux qui ne changent pas, l'ignorent.

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