LACAN / BLOG DE NICOLAS GAUVRIT

Article du blog de Nicolas GAUVRIT où l'on constate, si besoin en était que LACAN était sérieusement perché...ou tout simplement un expert de la manipulation

https://psymath.blogspot.com/2012/04/formules-de-sexuation.html?fbclid=IwAR0-_xDv_ZvEglurYn-vub966IQApLKFN9IvcgXHyPjyBTk4utLp5xl-0nk

 

Formules de sexuation

"Graphe de sexuation" de Lacan. Source.
Lacan, dans sa grande sagesse [attention : certains passages de ce billet sont ironiques], a su utiliser les mathématiques avec une rigueur exemplaire. Nous avions évoqué précédemment la magistrale étude topologique des failles élaborée par le Maître.

Voici aujourd'hui un autre thème mathématique qu'Il a su investir avec talent : la logique. Le graphe en tête de billet est une version imagée de profondes découvertes sur la sexuation. Qu'est-ce qu'un homme ? La partie gauche du tableau y répond. Qu'est-ce qu'une femme ? La partie droite y répond. On peut voir par exemple qu'un homme est un sujet divisé ($) qui voudrait obtenir un plaisir (a) qu'il va chercher chez la femme, ce qui est une fatale erreur. Chacun sait en effet que la femme n'existe pas (le "La" barré est une abréviation de "La femme").

Mais tournons-nous vers les formules de la première ligne du tableau, sujet de ce billet. Ces formules d'une grande rigueur ont été source d'une joyeuse vitalité intellectuelle chez moult aficionados en quête de vérité (voir par exemple ça ou encore ça, ou même, pourquoi pas, ça).

Las, leurs errances n'ont pas abouti à décrypter ce que cachent de profond ces formules. Lacan, cela va de soi, nous invite par ces révélations à rechercher les conséquences mathématiques de ses scriptures. Observons la case de l'Homme (ou des hommes ?). On y lit une première proposition qui, translatée dans la langue ordinaire, dit ceci qu'il existe un homme qui ne vérifie pas Phi (phi est la fonction Phallus, ou fonction de castration). La seconde affirme que tout homme vérifie Phi, c'est-à-dire le contraire de la première. Tournons-nous alors vers la case des femmes. La première formule indique qu'aucune femme ne vérifie nonPhi. Autrement dit, toute femme vérifie Phi. Mais la seconde affirme qu'il est faux que toute femme vérifie Phi, autrement dit qu'il existe une femme vérifiant nonPhi, le contraire de la première.

Chaque case contient donc deux propositions contradictoires. Faut-il en conclure que Lacan aurait proféré des âneries ? Bien sûr que non voyons ! [relire la mise en garde de la première phrase] Simplement, ce qu'exprime Lacan, c'est que l'homme, pas plus que la femme, n'est cohérent. Des fois on dit des trucs, et puis après on dit autre chose. C'est donc vraisemblablement à cette vérité psychologique profonde et première que Lacan voulut qu'on s'intéressât : Des fois, les hommes changent d'avis. Les femmes aussi.

Plus sérieusement : Lacan a souvent utilisé les mathématiques pour impressionner le chaland. Par endroit, il ne s'agit que de coller des mots mathématiques à des notions qui ne sont jamais mathématisées, comme la névrose qu'il affirme être "un tore", sans que cette hypothèse topologique ne puisse se voir attribuer un sens précis. D'autres fois, comme dans le cas de la faille compacte, il ne fait que redire de manière alambiquée et fumeuse une définition mathématique, sans faire de lien avec la psychologie. Il arrive aussi, comme ici, que le discours, non seulement n'ait aucun sens véritable, mais soit mathématiquement contradictoire. Qu'il existe des séminaires et des articles sur ce genre de verbiage laisse rêveur...

Sur le thème plus général de l'utilisation fumeuse de l'analogie, on peut lire l'excellent petit ouvrage de Jacques Bouveresse, Prodiges et vertiges de l'analogie, paru chez Liber en 1999.
Publié il y a 12th April 2012 par Nicolas GAUVRIT

 

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