Aide aux réfugiés de l'île de Leros

Bonjour à tous,

Stéphanie et moi avons quitté l'île de Léros depuis plus d'un mois et nous sommes de retour en France où j'ai tout loisir de lire avec effroi les commentaires des lecteurs de plusieurs quotidiens  dès qu'il y est question de l'afflux de réfugiés en Europe. Dans le Figaro, certains réclament par exemple que l'armée les rejette à la mer...

Lorsque nous sommes partis, la situation n'était pas brillante et les bénévoles, seuls à tenter de prendre en charge comme ils le peuvent "l'accueil" des réfugiés, manquaient de tout et au premier chef de vêtements, de chaussures et d'objets de première nécessité. Je remercie encore une fois ici tous ceux qui ont bien voulu envoyer les colis qui ont permis de parer au plus pressé.

Nous sommes restés en contact avec l'équipe de bénévoles de Leros et les nouvelles que nous en recevons sont de plus en plus préoccupantes. Au moment où nous étions sur place, c'étaient des contingents de 150 à 350 personnes qui arrivaient quotidiennement sur l'île et c'était déjà très difficile à gérer. On pourra lire ou relire à ce sujet mon précédent billet sur ce blog. Depuis le début du mois d'octobre, ce sont parfois 1500 personnes qui abordent tous les jours à Leros/Farmakonisi et qui viennent s'entasser dans un "camp" qui débordait déjà avec cinq fois moins d'occupants. A quoi est venu s'ajouter un problème financier. La nourriture (un repas chaud par jour) était payée par les gardes-côte qui recevaient pour ce faire des subsides d'Athènes. Mais ces fonds gouvernementaux se sont d'abord avérés très insuffisants dès que le nombre de réfugiés a sensiblement augmenté, puis, pour une raison que j'ignore, ils se sont complètement taris. La charge du paiement de la nourriture des réfugiés est alors revenue aux bénévoles dont, fort heureusement, le nombre s'était étoffé depuis notre départ. A charge pour eux, également, d'acheter les vêtements, les médicaments etc. qui peuvent faire défaut.

Il va de soi que cette situation est intenable sur le long terme. Elle l'est d'autant plus que j'ai reçu ce jour ce message de l'organisation "Leros Solidarity Network", fondée par certains bénévoles de Leros :

05/11/15
This week sees a ferry strike in Greece. This leaves thousands of refugees stranded on Leros. We estimate there to be up to 6000 refugees stranded on Leros- an island with a population of around 8000. And more are still arriving. The hotels that are open are full with the people that can afford it. The tent camp is full, the derelict buildings are full, even the streets are full. The photos taken by Danish volunteer Anette Kjær Jørgensen illustrate the desperate situation.

... que je traduis librement :

"Cette semaine il y a une grève des ferries en Grèce. Cela bloque à Leros des milliers de réfugiés. Nous estimons qu'il y a jusqu'à 6000 réfugiés bloqués sur Leros -une île dont la population avoisine les 8000 âmes. Et d'autres continuent d'arriver. Les hôtels encore ouverts sont complets avec ceux qui peuvent payer. Les tentes du camp [UNHCR] sont pleines, les immeubles en ruine sont pleins, même les rues sont pleines. Les photos prises par la bénévole danoise Anette Kjoer Jorgensen illustrent cette sitution désespérée."

(voir ici pour le texte original et les photos :

https://www.facebook.com/Leros-Solidarity-Network-Team-UK-1477725875863752/?fref=photo

... où l'on pourra aussi réaliser comment la situation s'est dégradée en octobre, malgré quelques progrès effectués ou à venir quant à l'accueil des réfugiés)

Cela fait maintenant deux semaines que je balance à faire encore appel à votre générosité parce que cette fois-ci, ce sera en numéraire. Je me disais que  l'UE, les organisations humanitaires et les media allaient se mobiliser en urgence devant ce drame qui, s'il concerne particulièrement la petite île de Leros parce que, justement, elle est petite et pour cette raison, je pense, largement en dehors des projecteurs, concerne également Lesbos, Chios, Kos et dans une moindre mesure Rhodes.

L'appel aux dons de Leros Solidarity Network est déjà ancien (un peu plus d'un mois) et son objectif initial était modeste, en proportion avec le nombre relativement modéré de réfugiés qui arrivaient quotidiennement sur l'île à ce moment. Aujourd'hui, les fonds récoltés s'avèrent largement insuffisants en regard de la marée humaine qui déferle là-bas.

C'est pourquoi je me permets, à mon corps défendant, de faire à nouveau appel à la générosité des lecteurs de Mediapart que je sais être déjà beaucoup sollicités ces temps-ci. On peut souscrire ici :

https://crowdfunding.justgiving.com/Leros-Solidarity-Network-Team-Uk

Les dons les plus petits seront d'une utilité considérable quand on sait qu'un repas chaud coûte en moyenne un peu moins de deux Euros.

Un grand merci par avance...

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