Pamphlet

On y est à nouveau. Une grève presque généralisée dans plusieurs secteurs en France. La loi de Valls ne passera pas. En tout cas pas sans casse, pas sans s'enfoncer un peu plus dans la dictature et l'asservissement au pognon et aux patrons. (Publié initialement le 25 Mai 2016)

On y est à nouveau. Une grève presque généralisée dans plusieurs secteurs en France. La loi de Valls ne passera pas. En tout cas pas sans casse, pas sans s'enfoncer un peu plus dans la dictature et l'asservissement au pognon et aux patrons.
Ils montrent les dents, sortent leurs griffes "prise en otage", "jusqu'au boutistes", bientôt on ne manquera pas de parler de "terrorisme" pour justifier un usage généralisé et systématique de la force. L'Etat chancèle quand il doit rappeler ce qui le légitime : la violence physique.
On peut comprendre leur acharnement. 30 ans qu'on nous bassine -autant chez les "libéraux" assumés, (qui n'ont de libéral que le nom et l'égoïsme) que chez les socio-démocrates, avec la "Réforme Difficile Mais Nécessaire", le besoin de pousser encore plus loin la déréglementation de l'économie, la "flexibilité des travailleurs", pour assurer une "croissance durable". Autant d'euphémismes qui cachent à peine la tentation pour l'exploitation et le profit individuel, l'absence de vision à long terme qui caractérise ceux qui possèdent tout et ne connaissent rien d'autre que leurs chiffres et leur marque de berline. Ces réformes qui se poursuivent alors même que les crises économiques et financières s'accumulent depuis qu'elles ont été lancées, que l'inégalité n'a jamais été aussi grande dans les pays dits "développés", que la colère des classes moyennes et pauvres s'exprime de plus en plus facilement et spontanément.

Pourtant maintenant on se retrouve devant une opportunité historique. Jamais on n'a été aussi proche de changer la société, en tout cas notre petite Europe de l'Ouest.
C'est facile à dire pour quelqu'un qui n'est ni en grève, ni salarié, ni travailleur, ni patron, ni conducteur, ni père de famille; mais pour la première fois depuis ma naissance, on se retrouve dans la possibilité si ce n'est l'obligation de prouver au gouvernement, aux citoyens, à l'Europe, au monde, à soi-même, qu'on peut se passer de deux choses : du confort que nous apporte notre voiture personnelle, et des "Réformes Difficiles Mais Nécessaires".
Arrêtons d'acheter de l'essence. Les alternatives existent. Laissons les bus utiliser le peu de fuel qu'il restera dans les cuves, prenons nos vélo, les transports en commun, le train. Arrêtons de subir les réformes néolibérales qui s'accrochent au rêve déchu de la croissance illimitée, la science et l'histoire nous ont déjà montré qu'il s'agissait d'une impasse. Réfléchissons à une économie vraiment durable, qui sorte du paradigme de l'extension des richesses, à une économie qui permette à chacun de travailler et de s'épanouir dans son travail, une réforme qui profiterait à tout le monde, pas seulement au 1% les plus influents ou à une hypothétique croissance.
Laissons l'économie capitaliste se faire sans nous pendant quelques jours, montrons au gouvernement qui travaille, qui apporte de la richesse au pays.

La Réforme Difficile Mais Nécessaire ne passera pas.



Publié initialement le 25 Mai 2016

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