L'austérité, ou comment affaiblir le service public pour justifier son démantèlement

Depuis mon plus jeune âge, j'entends que la concurrence fait baisser les prix et améliore la qualité de services. Quand je regarde le prix du kWh, le prix du km sur l'autoroute, le LIBOR, l'évasion fiscale, impossible d'y croire encore. Dès qu'un bien public peut rapporter de l'argent, c'est toujours aux mêmes qu'on le cède. S'il en perd, c'est toujours les mêmes qui payent.

Monsieur notre Président Malgré Nous,

Je vous implore à genoux

Tendez l'oreille, rendez l'oseille,

Et rappelez-vous,

Que notre devise n'est pas : Sécurité, Fiscalité, Austérité

Mais bien Liberté, Égalité, Fraternité !

 

C’est tout à fait honteux et déplorable,

Que 6 500 français arrivent à rendre négligeables

65 000 000 de leurs compatriotes, de leurs semblables.

Le plus honteux, je crois, c’est que derrière votre air affable,

Tout ce que vous espérez, c’est être accepté à leur table.

Aveugles technocrates, gangsters notables,

Rendez-vous à l'évidence, abandonnez cette fable,

Pour ces post-oligarques, vous n'êtes qu'un grain de sable

Dans le meilleur des cas un jouet, pratique, certes, mais jetable

Rien d'autre qu'un vecteur pour détruire le peu qui soit équitable.

 

Ce que nos ancêtres ont conquis de haute lutte, ont payé et repayé

Vous voulez le démanteler, le privatiser,

Prétextant la veille rengaine que l’État est un frein à la prospérité

Alors même que sous Pinochet, cela n'a pas fonctionné

Comment cela pourrait-il être vrai ?

La concurrence fait baisser les prix et améliore la qualité

Posez la question aux consommateurs d'électricité,

Aux utilisateurs des autoroutes, et aux salariés

Des milliardaires qui ont pu, grâce à ces mesures, piller

Le peu de bien public que nous avons accumulé ?

 

L’austérité pour les « useless eaters », ces foutus prolétaires,

Incapables de devenir millionnaires,

Parce qu’il faudrait bouger son derrière.

Venez faire l’expérience d’être un précaire

M. MACRON, je vous mets au défi

Trimer quelques années pour gagner une misère

Combien de temps tiendrez-vous, je prends les paris,

Loin de votre patrimoine, de votre réseau et de vos amis,

Arrêtez d’essayer de faire comme si,

Nous vivions dans le même pays

Quand un mois de mon salaire,

Ne pourrait pas payer vos draps de lit.

 

Ce que vous préconisez :

A détruit la Grèce,

A poussé l’Irlande à ouvrir ses fesses

Fait mourir de faim des retraités

Fait que des gamins surdiplômés

Acceptent des bullshit jobs sous-payés

Tout en accroissant les inégalités.

 

Par contre 8 000 boules par mois à Pénélope,

Pour, hypothétiquement, ouvrir et envoyer des enveloppes

Qui se souvient de la femme de George dans Seinfeld, Susan ?

Oui, vous nous prenez vraiment pour des ânes…

 

Ah ça vous voulez de la visibilité pour les entreprises

Il n’y a pas mieux pour relancer l’économie.

Qu’en est-il des pauvres à qui elle a été prise

Par l’austérité, et autres ajustements structurels du FMI ?

Ça a tellement bien marché, qu’on se le dise,

Demandez aux précaires zéro heure au Royaume Uni

On est plus proche de la traîtrise,

Que d'une solution à nos ennuis.

 

Arrêtez donc ces charades

Vous êtes un grand malade

Comme si la solution pouvait être

D’enfoncer encore plus profond

Le privé dans mon urètre

En diminuant les cotisations.

 

Nous faut-il une invasion extraterrestre pour nous unir ?

Ne peut-on dépasser nos différences sans un ennemi commun ?

Ce n’est pourtant pas ce qui manque avec Bashar et Vladimir…

A croire qu’il faudrait forcément qu’il vienne d’un monde lointain.

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