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Billet de blog 21 juil. 2017

La résilience : notre problème c'est l'énergie, c'est également la solution

Le feu nous fait prospérer. Il pollue, oxyde et consume, mais nous fait croître. Le feu de diesel, de charbon, de méthane, d'uranium, le feu chimique de lithium, le feu rend possible notre confort moderne. Ne conviendrait-il pas de ménager, pour nous est les x générations à venir, notre minuscule planète ? Serait-il possible d'obtenir un "dimanche" pour la Terre ?

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Le PIB, les collapsologues et la résilience : comment envisager l'avenir quand nous contribuons à faire ce que des milliards d'années de terraformation et de cataclysmes cosmiques n'ont pas réussi à faire ?

Nos autoproclamées civilisations se mesurent à la taille de leur BIT, BIP? Non, PIB... excusez-moi, je suis dyslexique des acronymes :)

Si véritable prospérité il y a, ne devrait-elle pas comporter des facteurs comme la pérennité de la couche d'humus, et la croissance de la surface arable ? Pourquoi la richesse ne pourrait-elle pas comprendre des croissances comme celle du vocabulaire des enfants de 10 à 15 ans ? Pourquoi juste la thune ? Pourquoi Jared Diamond fascine, mais n'est pas entendu? Passons.

Si je comprends bien, collectivement, de par les banques centrales, on paye les banques privées pour emprunter, elles nous vendent des crédits en évadant le fisc, et quand elles se plantent on injecte des sommes astronomiques qu'on devrait allouer aux infrastructures et à la recherche. Une fois qu'elles ont fini de pleurer que le monde est injuste et qu'elles vont crever si on ne les sauve pas de leur propres déjections, elles ont le culot de dire notre dette sent mauvais ? Passons.

Autoproclamées, donc, nos civilisations, mais surtout droguées au GWh. On est couverts et entourés de batteries et de technologies qui nous permettent plein de choses formidables, mais qui ne prennent pas en compte le caractère pérenne, durable, dont devraient être synonymes la prospérité, le développement, la croissance. Que faire des restes de tout ce fluor d'uranium que nous brûlons pour chauffer, refroidir, connecter, divertir ? Que faire de ces HFFC, ces gaz à effet de serre qui ont un PRG inimaginable ? Tout cet oxyde d'azote ?

Or ces GWh, que l'on consomme pendant nos 30 000 jours sur cette planète, quel est leur réel impact ? Suis-je en train de condamner nos descendants à la grande famine de 2037, en faisant mes courses chez les géants de l'agro-business en 2017 ?

Le problème n'est pas notre nombre, le problème c'est notre résilience, c'est le bilan humain et environnemental de la sacrosainte croissance et ses coûts externalisés et cachés. Alimentation, transport, travail, loisirs, le problème c'est que nous avons beaucoup trop d'esclaves énergétiques. Des kWh de travail, tous les jours, pour assureur ce confort moderne, du tracteur du céréalier, à la batterie de la clope électronique. Tous fonctionnant au feu. Et dont les coefficients de rendement, d'efficience et de recyclabilité, sont, dans la majorité des cas, pas très "développement durable".

Arithmétiquement, ce développement durable, il devrait tendre vers O+, si ça devait vouloir dire quelque chose, non ? Et l'industrie de la communication / PR / propagande ou l'obsolescence programmée, comment justifier leur existence lorsqu’on se rendra compte qu'on ne peut plus cramer du pétrole et de l’uranium comme si la fin du monde était pour demain ? On va donc préférer des emplois à l'avenir de notre espèce et de la biosphère ?

Pour l'alimentation, la solution presque miraculeuse quant au cycle de l'azote, c'est l'aquaponie. L'aquaponie permet de recycler l'azote produit par la population de poisson, pour irriguer et fertiliser une culture hors sol de type hydroponique.

Il conviendrait également de planter des millions d'hectares de légumineuses pour fixer l'azote de l'atmosphère pour calmer un peu l’élévation des températures. En effet, le NO2 a un PRG de 300 et n'est pas, comme le CO2 assimilable par photosynthèse. Marc Dufumier en parle mieux que votre humble serviteur. Le cycle de l'azote, en tant qu'animaux omnivores opportunistes, est celui qu'il faudrait respecter le plus rapidement possible. Et quand je dis respecter, il faut aussi prendre en compte la condition animale, et pousser pour que quelqu'un comme Jocelyne Porcher soit entendue et que l'élevage change.

Le transport, honnêtement, à part quelques avancées comme l'intérêt retrouvé pour la lévitation magnétique (cf. hyperloop) et les speedbikes (45km/h) à 2 000 €, on est encore loin de voir le bout du tunnel, puisque nos batteries ne sont pas encore très sympas pour les montagnes d'Afghanistan et que l'hyperloop a plus de chance d'être nucléaire que solaire, vu nos investissements.

Travail ? Beaucoup de boulots et d'entreprises dépendent largement sur le développement du réseau autoroutier et le pétrole assez bas. On cède les seuls biens publics qui rapportent de l'argent à des sociétés, qui font exploser les prix des chantiers et des péages... Et ne parlons pas du pétrole, parce qu'entre les sept sœurs, les coups d'états, les dictateurs, la corruption, les marées noires, on pourrait vite se lasser.

Chauffage / refroidissement / Eau Chaude Sanitaire : il faut des sous, la plupart des gens n'en ont pas. On leur propose des parpaings, de la laine de verre, une PAC air-air réversible, une PAC air-eau pour l'ECS. Comme ça, même quand l'ECS pourrait être faite en refroidissant la maison, on consomme de l'électricité pour chauffer l'eau de la douche, et pour refroidir la maison. Et oui, la laine de verre, en été, ça ne fonctionne pas très bien... Alors que l'on pourrait construire en bottes de pailles autoporteuses, des Earthships, avec des murs trombes et des PAC eau-eau double service reliée à des panneaux solaires hybrides. Mais ce n'est pas Lafarge ou Bouygues qui ferait des sous sur ce genre de chantier...

En somme, ce que l'on peut faire, c'est manger des protéines animales moins souvent passé 25 ans, très intelligemment et localement produites. Trouver du boulot dans une boîte comme EnerCOOP, auquel on peut se rendre en vélo électrique. Tout recycler et ne pas acheter ce que l'on ne peut pas recycler. Et discuter avec un fou furieux de l'écoconstruction pour construire/rénover.

Sinon, développer le partage des savoirs, de l'électroménager, encourager les liens sociaux intergénérationnels et interclasses, monter un compost avec ses voisins, tenir une accorderie de quartier, organiser une réunion Negawatt...

Admirer Alan Savory, Bill Mollison, Paul Stamets, John D. Liu, Marc Dufumier, Geoff Lawton, Joseph Orszagh, Jean Pierre Oliva, Luc Floissac, Amory Lovins, Samuel Courgey [...] Michael Reynolds [...] etc.

Soutenir Marcin Jakubowski et l'Open Source Ecology.

La résilience socio-écologique d'un système (famille, immeuble, quartier, ville, région, pays, planète) est sa capacité à encaisser un choc, un traumatisme, comme une sécheresse / orage millénaire, ou le pétrole à 500$ le baril, sans s'effondrer / disparaitre, ou se réorganiser dans un autre état. Mais une chose est sûre, on ne peut pas abandonner complètement le feu du jour au lendemain.

Il faut juste que pour 1 arbre que l'on brûle, 10 arbres et fabacées (cf. rhizobium) soient plantés. Et, si ma mémoire est bonne, 1T de charbon équivaut à 1L de pétrole, et 1g d'uranium correspond à 1 baril de pétrole.Ça en fait beaucoup d'arbres et de luzerne à planter pour faire passer l'ACV de l'Iphone 3 qu'on a jeté après 2 ans.

Allez, fini les tergiversations aléatoires pour aujourd'hui. La suite au prochain numéro.

Peace

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