Macondo avec Orwell ou le surréalisme au Vénézuela

Laureano Márquez

 Notre histoire, dépasse tout ce qui pourrait être concevable comme rationnel: 

Nous menaçons d’attaquer militairement les USA, ainsi que l’Espagne et d’envahir l’Europe avec des lances; on menace de terribles sanctions un peu tout le monde, en plein milieu de l’une des pires crises de notre histoire.

Nous faisons des essais militaires qui circulent comme des vidéos clownesques sur les réseaux sociaux, et on se demande les-uns les autres: “Tu les a vu à la raffinerie? Je me suis pissé de rire”.

Ils déclarent “persona non grata” Felipe González, ceux la même qui ont offert l’épée du Libertador à Muamar el Gadafi.  Et le ministre qui a dirigé notre économie les 15 dernières années de manière ininterrompue, fait campagne mondiale pour démontrer que la continuité politique est un vrai désastre.

Au même temps, sont découverts en Andorre et en Suisse des comptes mil millionnaires de fonctionnaires baignés dans des histoires de corruption.  A l’unique entreprise qu’il reste dans le pays et qui produit encore et malgré tout de la farine de maïs pour que l’on puisse préparer nos sacro-saintes arepas, on leur confisque leur production, car c’est une entreprise privée, et celles expropriées par le gouvernement ne produisent plus rien, et ça fait tâche.

Une campagne publicitaire chiffrée en millions est lancée pour justifier la vente d’essence à un juste prix, au même temps que l’on oblige les producteurs privés à vendre en dessous de leurs coûts de production.  Ainsi que des gens sont emprisonnés et torturés au nom de la défense des droits humains.  

Le violé est accusé de violeur, l’agressé d’agression, et bientôt le mort d’assassinat.  Des “pactes d’honneur” sont établis avec des bandes délinquantes pour réduire le nombre d’agressions à un chiffre forfaitaire.  

Ils insistent à maintenir un cap économique qui est clairement suicidaire, tout en accusant les entreprises en faillite de promouvoir une “guerre économique”.  La population est obligée de signer une pétition contre notre principal voir unique client pétrolier, pendant qu’un haut fonctionnaire fête l’anniversaire de son rejeton dans une chaine d’hamburger impérialiste.

Une femme croise la caravane présidentielle, et le “président” lui offre une voiture qui n’est même pas à lui dans un pays où par son incompétence officielle, aucune voiture n’est plus assemblée.

Le 99,99% de la population ne croise pas le “président” dans la rue.  Nous donnons des leçons de liberté d’expression au même temps que chaque jour des médias sont fermés.  Les élections parlementaires arrivent au galop, et commencent déjà les magouilles pour faire gagner celui qui ne sera pas élu. Ou tout compte fait on peut les annuler, c’est aussi bien.   Selon les économistes, pour acheter la voiture la moins chère, un travailleur devra économiser pendant 20 ans, à condition que l’assemblage des voiture reprenne.  Plus d’un million et demi de personnes ont décidé de partir du pays le plus heureux du monde pour être des exilés malheureux quelque part ailleurs, allez comprendre.  Le “leader maximum” se compare lui même à Stalin et une université décide de lui donner un doctorat Honoris Causa, à Stalin, pas au leader maximum!

Définitivement il y a des moment ou l’on peut se demander si le Vénézuela est réalité ou fiction.

Surréalisme absolu.  C’est ça Macondo avec Orwell

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