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Billet de blog 3 mai 2015

De comment Cuba a conquis le Vénézuela

Par Moises Naïm. L’énorme influence que le Cuba a réussi a exercer sur le Vénézuela est un des évènements géopolitiques les plus surprenants et le moins compris du 21ème siècle.  Le Vénézuela est 10 fois plus grand que Cuba, compte avec le triple de population et son économie est 4 fois supérieure. 

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Par Moises Naïm. L’énorme influence que le Cuba a réussi a exercer sur le Vénézuela est un des évènements géopolitiques les plus surprenants et le moins compris du 21ème siècle.  Le Vénézuela est 10 fois plus grand que Cuba, compte avec le triple de population et son économie est 4 fois supérieure.  Le pays compte avec les principales réserves de pétrole du monde.  Et pourtant, certaines des fonctions sensibles de l’Etat vénézuélien ou ont été déléguées à des fonctionnaires cubains ou sont tout simplement contrôlées depuis La Havane.  Et cela; le régime cubain l’a obtenu sans tirer une seule balle!

 Les motivations de La Havane sont évidentes.  L’aide vénézuélienne leur est indispensable pour éviter collapser leur économie.  Compter avec un gouvernement à Caracas qui maintienne ses aides, est un objectif vital pour l’Etat cubain.  Et le cuba compte à son actif des décennies d’expérience, connaissances et contacts qui lui permettent d’opérer à l’international avec grande efficacité, et lorsque cela est nécéssaire, même de manière invisible. 

Depuis ses débuts en 1959, une priorité de la politique extérieur du régime cubain a été la création de larges réseaux d’appuis à leur cause.  Leurs services d’espionnage, sa diplomatie, propagande, aide humanitaire, échanges d’étudiants, académiques et culturels, et l’appui dans d’autres pays aux ONG, intellectuels, politiques, journalistes, médias et groupes politiques proches, ont été des piliers importants dans leur stratégie internationale.  Certes, cela est fait par tous les pays, mais peux d’entre eux ont eu ce besoin de lui donner autant de priorité aussi longtemps comme l’a fait le Cuba. 

La survie économique et politique du régime a toujours dépendu de son succès à avoir des alliés dans d’autres pays qui, à leur tour, peuvent influencer sur les gouvernements pour obtenir leur appui pour l’île.  Au Vénézuela cela n’a pas été nécéssaire, puisque il a pu pénétrer directement dans le Gouvernement.  Le faite indéniable est que Cuba a autant le besoin vital comme l’expérience et les institutions pour modeler les décisions de son riche voisin.

Elle est bien connue de toute l’énorme aide pétrolière que reçoit le Cuba du Vénézuela. (Depuis 2014 Cuba ré-exporte le cru de PDVSA!!!).  Ainsi que les investissements et les aides financières.  La plupart des importations vénézueliennes se font à partir d’entreprises cubaines.  Même qu’un scandale sur des médicaments périmés a explosé: Un entreprise cubaine a importé des médicament périmés obtenus à prix soldé et revendus au prix normal au Vénézuéliens.

Et la relation va au delà des subventions et avantageuses opportunités d’affaires pour les élites cubaines.  La journaliste Cristina Marcano a signalé que ce sont des fonctionnaires cubains qui contrôlent les bureaux de notaires publiques et les registres civiles du Vénézuela.  Ils supervisent aussi les systèmes informatiques de la présidence, des ministères, des programmes sociaux, de la police et des services de sécurité; ainsi que PDVSA.

Après il ne faut pas oublier la coopération militaire.  Les militaires cubains commandent les militaires vénézuéliens qui n’ont pas leur mot à dire.

Cuba paye le Vénézuela avec personnel et services.  Le Vénézuela reçoit de Cuba des médecins, infirmières, entraineurs sportifs, bureaucrates, personnel de sécurité, milices et groupes paramilitaires.  “Nous avons plus de 30mil cederristes au Vénézuela” disait avec fierté en 2007 Juan José Rabilero, ancien coordinateur des Comités de Défense de la Révolution (CDR) de Cuba.

Mais pourquoi le Vénézuela a permis cette intervention étrangère si abusive?  La réponse c’est Hugo Chávez.  Pendant 13 ans à la présidence il a jouit d’un pouvoir absolu, grâce au contrôle absolu qu’il exerçait sur chacune des institutions qui auraient pu lui imposer des limites ou exigé de la transparence, que ce soient les tribunaux ou l’assemblée législative.  Il a aussi disposé à sa guise et sans contrôles de la rente pétrolière vénézuélienne.

Laisser entrer les cubains dans les domaines les plus sensibles du gouvernement a été une des expressions les plus fortes de son pouvoir absolu.

Chávez avait beaucoup de raisons pour se lancer dans les bras de Fidel Castro.  Il l’admirai, et avait pour lui une profonde affection et confiance.  Fidel est devenu son conseiller personnel, mentor politique et guide stratégique.  Castro a en plus nourri les conviction de Chávez que ses multiples ennemis - surtout les Etats Unis ainsi que les élites locales -  voulaient le liquider, et qu’il ne pouvait pas avoir en interne, la protection nécessaire.  Par contre eux, les cubains qui étaient de confiance pourraient le protéger.  Et c’est ainsi que Cuba a envoyé une masse d’activistes et propagandistes pour appuyer, soutenir et promouvoir sa révolution bolivarienne autant dans le pays comme à l’étranger.  Surtout que Chávez se plaignait publiquement de l’ineptie de ses propres haut fonctionnaires.  Et là aussi, pour l’aider, Cuba lui a envoyé de fonctionnaires experts en centralisation du pouvoir.

L’importance de l’influence de La Havane sur Chávez s’illustre dramatiquement sur la manière dont a été gérée le cancer qui l’a tué: il a fait confiance seulement aux médecins de Castro, et s’est soigné que à Cuba, dans le plus grand secret.  Et même sa mort fin décembre a été maintenue secrète pendant presque trois mois.

Son successeur, Nicolás Maduro, a encore renforcée cette dépendance vénézuélienne pour La Havane.  Face aux manifestations et protestations des étudiants vis à vis d’un régime de plus en plus autoritaire, le Régime a répondu avec une répression brutale, allant jusqu’à tirer à balles réelles contre les foules de civiles, ce qui fait partie des tactiques perfectionnées par l’état militaire qui contrôle Cuba depuis trop longtemps.

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