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Billet de blog 4 juillet 2015

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10 raisons pour lesquelles le Venezuela n'est pas une démocratie

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 Droits politiques, économiques, sociales et civiles sont menacés, et le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro ne s'en cache plus.


PEDRO GARCÍA OTERO

Nous comprenons la "démocratie" comme une série de précepte: séparation des pouvoirs; droits à des élections transparentes, a l'association politique, à l'expression libre, à la vie privée , à la protection du citoyen; au respect des droits humains établis par la Déclaration Universelle des Droits Humains et la Charte des Nations Unis en 1948.

Tous ces préceptes son quotidiennement mis à mal par le gouvernement vénézuélien, au point que, après 57 années d'élections il est légitime de se demander si ce pays est toujours une démocratie. Voici une liste de 10 raisons (même s'il y en a plus) qui nous font penser que ce n'est plus le cas.

1.- ÉLECTIONS NON VÉRIFIABLES :

Nicolas Maduro gagne ces élections avec une marge inférieure au nombre de votes nuls. La polémique de cette situation a obligé l'opposition à demander l'audit de tout le procès électoral. Un audit a eu en effet lieu, mais que du fonctionnement du réseau, une moquerie pour Henrique Capriles qui demandait un audit complet des votes, et non du circuit électrique! Après cela il a exprimé: Ils m'ont volé ma victoire"

Si la légitimité d'origine (l'un des piliers de la légitimité démocratique) est compromise dans le cas de Maduro, les actions qui ont suivi du CNE n'ont pas aidé à améliorer l'image d'impartialité de cette entité, ce qui fait que 64% des Vénézuéliens ne font pas confiance à cette institution, selon les résultats d'une enquête Delphos publiée récemment.


2) IL N'EXISTE PAS DE SÉPARATION DES POUVOIRS

Dans le livre "Le TSJ au service de la révolution", des journalistes d'investigation Luis Alfonso Herrera et Antonio Canova, il est démontré que des neuf mil sentences émises par le TS entre 2006 et 2014, relatives à des affaires entre l'Etat et les citoyens, l'Etat a toujours été gagnant; et cela n'est que la pointe de l'Iceberg de la crise du système judiciaire vénézuélien, oú 7 de chaque 10 juges sont provisoires, et comme il a été dénoncé, les sentences sensibles pour le gouvernement de décident au cabinet du vice-président, comme l'on dénoncé deux anciens magistrat qui aujourd'hui se trouvent exilés et recherchés par cette même justice qu'ils sont sensés représenter. "Au Venezuela n'existe pas l'Etat de Droit" est la phrase la plus répétée pour définir le système judiciaire du pays.


3) LA LIBERTÉ D'EXPRESSION DISPARAÎT PEU À PEU

Depuis 2007, quand la principale chaîne de télévision du pays RCTV a été fermée, soit disant pour fin de concession, la critique à peu à peu disparue des médias, au point qu'aujourd'hui il est pratiquement impossible de trouver un média critique au gouvernement.

L'avancée totalitaire (le trois fois ministre de la communication Andres Izarra avait dit en 2008 que l'Etat devait imposer une "hégémonie communicationelle", et peu à peu il atteint son objectif) a fait que l'Etat a fermé 34 stations radios en 2008; et qu'en 2013, par le biais de montages financiers complexes et sans visage (ce qui est expressément interdit par les régulations mondiales sur la liberté d'expression) achètent deux des trois principaux journaux du pays: El Nacional et Ultimas Noticias, en plus de la principale chaîne télé d'opposition Globovision. C'est évident que depuis les lignes éditoriales ont changé à faveur du gouvernement, comme il est signalé dans le rapport "Propriétaires de la Censure" de l'institut de Presse et Société (IPYS).

La censure s'est aussi imposée sur le web, avec plus de mil pages bloquées. Sept tweeteurs sont en prison et le nombre d'agression aux journalistes ne cessent de croitre.

4) IMPUNITÉ ET JUSTICE SÉLECTIVE

Leopoldo López, leader politique Vénézuélien, est en prison depuis 18 mois pour avoir convoqué une manifestation pacifique. Le 12 février 2014, les fonctionnaires de police ont déclenché les violences en tirant à balles réelles sur les citoyens et ont assassiné d'une balle à la tête un jeune étudiant Bassil Da Costa. Ces fonctionnaires n'ont jamais été jugés et sont toujours libres, comme c'est le cas pour les autres 48 morts qui se sont produites tout le long des émeutes. Le discours du Gouvernement est que le seul fautif est Leopoldo López malgré que c'est Maduro qui a donner l'ordre de tirer.

Un assassin n'a que 6% de probabilités d'être présenté face à un tribunal, car 94% des 25 mil homicides enregistrés chaque année restent impunis; et les cas de flagrante corruption restent à moisir sans qu'il y ai enquête, sauf pour ceux qui ne son pas sympathisant de la "révolutions bolívarienne"

5) IL N'Y A PAS DE LIBERTÉ ÉCONOMIQUE

Le rapport annuel sur la Liberté Économique 2014 du Fraser Institute, place le Venezuela en 152, juste au dessus du Congo et Zimbabwe. Contrôles de change multiples, limités et compliqués, régulation des prix qui obligent à vendre à perte, lois qui imposent jusqu'à 16 ans de prison (plus que pour un homicide) comme la toute nouvelle "Loi des Prix Justes"... Pour cette raison, le pays n'a reçu l'année dernière que US$320 millions en investissement étranger, et son économie en général, n'est qu'un chaos qui se cache derrière la négation des chiffres. Le BCV n'a plus publié de chiffres depuis 2014, malgré l'obligation de le faire chaque trimestre comme c'est inscrit dans la constitution (réécrite par Chávez).

6) PAS DE DROIT À LA PROPRIÉTÉ:

Les expropriations au Venezuela on conduit le pays a devoir affronter 27 plaintes au CIADI pour US$ 30 milliards. Et les perdre toutes signifierai la faillite pour la république. Mais les locaux, ceux qui ne peuvent pas avoir accès au CIADI, on vécu comment les expropriations se sont transformées en confiscation, car l'état peut tout saisir sans rendre aucun compte à aucun tribunal. Le bien le plus répandu, l'argent liquide, aussi a été exproprié par l'émission d'argent inorganique: 100 bolívares d'aujourd'hui équivalent, en pouvoir acquisitif, à 1 de 2008.

7) PAS DE DROIT À LA VIE PRIVÉE

Régulièrement, VTV, la principale chaîne d'état oú les radios de l'état, transmettent des vidéos oú des enregistrements, de conversations téléphoniques privées, d'opposant, sans qu'il n'y ai une demande de juge, ni justifiées dans le cadre d'une enquête. Généralement elles sont utilisées pour se moquer publiquement des personnes, allant même toucher la vie intime des dirigeants politiques d'opposition. Mais ces méthodes peu orthodoxes ne touchent pas seulement les membres de l'opposition; les fonctionnaires sont surveillés sur leur activités sur les réseaux sociaux, leurs téléphone portables peuvent leur être confisqué pour vérifier les photos, répertoire téléphonique et messages échangées. Et ils peuvent être renvoyés si le gouvernement considère qu'ils ne sont pas suffisamment fidèles à la révolution. Sans oublier l'obligation de regarder des programmes imposés, questionnaires de vérification a l'appui; obligation de présence a des manifestations politiques avec relevé d'empreintes digitales sur feuille de présence.

L'autre face de la monnaie est la possibilité d'être jeté en pâture à la dérision publique: régulièrement, autant Maduro comme Cabello (President de la AN) dans leurs respectifs programmes de télévision, accusent (sans preuves ni arguments) de "voleurs", "assassins", "homosexuels", "putes", et bien d'autres, les dirigeants de l'opposition, sans qu'ils puissent porter plainte pour diffamation, ni exiger le respect de leurs vies privées.

8) LE PARLEMENT NE S'AQUITE PAS DE SES FONCTIONS

Par le biais des successives lois "habilitantes" (la dernière date de mars) l'Assemblée se démet de sa fonction législative. En plus, il ne rempli pas sa fonction de contrôleur; refuse systématiquement d'enquêter sur les affaires de corruption, ou bien il exige à l'opposition d'apporter les preuves, et malgré toutes les preuves, refusent l'enquête, comme dans le cas de la Banque Privée d'Andorre.

Depuis l'élection de l'actuelle AN, quatre parlementaires (tous de l'opposition) ont été expulsés soit par simple procès sans contestation, soit à coup de poings, comme fut le cas de Maria Corina Machado qui termina avec la mâchoire et le nez cassé et failli perdre un œil. Cette affaire de Machado a provoqué la colère de l'Académie des Sciences Politiques qui en a conclut que "le Venezuela n'est plus un État Constitutionnel"

9) L'ACTUEL GOUVERNEMENT DE CROIT PAS EN L'ALTERNANCE AU POUVOIR.

Récemment Maduro a déclaré que si l'opposition, lors des prochaines élections contrôle l'AN, il sortirait à la rue avec ses troupes. "Ils ne reviendront plus" est le slogan du chavisme; lorsque l'opposition gagne une mairie, ou une région, le sabotage, le refus des ressources et l'installation illégales d'organes parallèles (avec tous les moyens refusés aux autres), rend la situation très tendue.

10) TORTURES ET VIOLATION DES DROITS HUMAINS

Cette semaine, 30 ONG ont dénoncé les violations aux droits humains au Venezuela, lors de la présentation du rapport annuel du pays face à l'ONU (avec 15 ans de retard!). Dans le pays on enregistres plus de mil exécutions par des policiers, tirs à balles réelles sur la foule, mauvais traitements aux détenus de manifestations, viols, retard dans les procès et autres irrégularités. Zend Ra'ad Al-Hussein, haut commissionné des Nations Unies pour les Droits Humains est très inquiet par la situation vénézuélienne, et pas satisfait du tout des explications des représentants bolivariens lors de leur passage à Genève.

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