Venezuela: Human Rights Watch conteste la condamnation de López

 

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José Miguel Vivanco


Human Rights Watch conteste la condamnation du dirigeant politique Leopoldo López et de trois étudiants vénézuéliens, pour des faits violents qui ont eu lieu lors des manifestations de 2014 au Vénézuela.

 Pour l’organisation, la sentence d’aujourd’hui met en relief l’extrême dégradation de l’état vénézuélien et le procès a été entaché par de graves violations et manquements aux procédures légales, vu qu’aucune preuve de délit qui puisse lier les accusés au faits qui leurs sont imputés n’a été apporté au dossier.

 José Miguel Vivanco, directeur pour les Amériques de Human Rights Watch, juge le procès à López et aux étudiants comme une caricature de procès. 

“Dans un pays sans indépendance judiciaire, une juge provisoire condamne quatre personnes inocentes après un procès dans le quel le Ministère Publique n’a pas été capable d’apporter ni preuves ni évidences de quelconque délit ou crime commis pas ces personnes, et ne leur a pas non plus permis d’exercer  pleinement leur droit à la défense” a exprimé  Vivanco.

Human Rights Watch a eu accès au dossier et n’a trouvé aucun élément de preuve de la part du procureur durant le procès, qui puisse justifier les charges contre les accusés.  L’équipe de défense de López a exprimé que la juge a rejeté toutes les preuves qu’ils leurs on présenté, à l’exception des  témoignages de deux persones présentées par le Ministère Public.

Le droit vénézuélien et les standards internationaaux des droits humains disposent que, sauf dans des cas très précis, un procès penal doit être publique.  Malgré cela, il n’a pas été permis que membres du publique - journalistes et observateurs internationaux inclus - puissent être présents lors de ce procès. 

 

Les trois étudiants condamnés -, Christian Holdack, Demian Martin et Angel González - on dit à Human Rights Watch qu’ils ont été soumis à des abus physiques lors de leurs détention et dans les locaux de la CICP, où ils sont restés isolés pendant 48 heures.  Durant leur détention, les étudiant non pas eu accès à leurs avocats et ils ont été interdits de visite familiale. Par la suite ils ont été présentés face à un juge qui les a accusé de plusieurs délits.  La preuve apportée par le Ministère Publique contre eux consistait en vêtements imbibés d’essence par les forces de l’ordre ainsi que des photos prises à des personnes non identifiées qui avaient participé à d’autres incident avec des membres de l’ordre placées côte à côte aux photos des étudiants prises dans les locaux de la CICP

Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué que le pouvoir judiciaire vénézuélien n’agit plus comme un pouvoir indépendant du gouvernement depuis qu’en 2004, Hugo Chávez, alors président a rattaché politiquement le “Tribunal Supremo de Justicia” à la présidence.

“Membres du TSJ ont refusé ouvertement le principe de séparation des pouvoirs, ont manifesté publiquement leur engagement politique avec le gouvernement de Chávez et se sont toujours prononcé en sa faveur, confirman l’indifférence du gouvernement pour les droit humains” peut-on lire dans le texte.

De son coté, Vivanco ajoute: “Nous avons été témoins de la violence des  répressions des manifestations pacifiques l’année dernière, la complicité des procureurs qui ont lancé des affaires pénales contre des victimes sans prendre en compte des signes évidents de tortures et maltraitantes, et maintenant nous sommes témoins de la condamnation de trois étudiants et d’un leader politique d’opposition sur la base d’imputations non fondées.  

 

 

 

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