Venezuela: Le procès de Leopoldo K.

Ramón Escobar León

 

11226183_10207807780538240_5277940641983041714_n.jpg?oh=74b20a96574ecbd3f94d06eb49894ca6&oe=566A227F 

"On avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin” est la première phrase du roman Le Procès de Kafka, qui en plus d’être un grand écrivain, avait obtenu son diplôme d’avocat en 1906, ce qui lui a permis de comprendre des concepts juridiques qui lui on servi de base pour écrire son roman. Grâce à l’oeuvre de l’écrivain tchèque, nous employons  l’adjectif “kafkaïen” pour décrire des situations absurdes, incompréhensibles, contradictoires, absurdes, incohérentes et sinistres.  C’est pour cela, qu’on connait comme “procès kafkaïen” celui qui est rempli d’apparences, avec une grande charge bureaucratique qui permet d’arriver à des situations terrifiantes qui se terminent en violation des garanties constitutionnelles de l’accusé.

La situation de Josef K, personnage central su Procès, nous emmène dans un labyrinthe  incompréhensible qui permettent de monter u procès pour un délit inexistant, mais qui suit sont cours avec un parent respect des formes procédurières; pourtant, peu à peu cela se transforme en cauchemar pour l’accusé.  C’est qu’il existe une fausse justice qui permet mener à bien un procès qui maintien les formes, la routine bureaucratique, mais qui n’est que supercherie à la justice même. Ces situations permettent de dicter des sentences qui ne répondent pas à la vérité mais au mensonge de celui qui dirige se procès kafkaïen.  Orson Wells en voix off, nous avertie au début du film, que la logique du procès “ne peut être que celle du rêve ou du cauchemar”.  C’est ce qui arrive dans les procès absurdes et injustes, ils produisent la même terreur que les cauchemars, mais pendant une période de temps plus longue.

Le procès de Josef K. n’arrive pas dans un système judiciaire dominé par une dictature, mais dans un système où l’Etat de Droit reine, mais dans laquelle la formalité procédurière et la bureaucratie judiciaire peuvent mener à bien une cause complètement farfelue.

Par contre, dans un système autoritaire, dans lequel le Pouvoir Judiciare est contrôlé par le Pouvoir exécutif, et où il n’existe pas de séparation des pouvoirs, la puissance de l’absurde et de la méchanceté excède les limites et peux produire une situation encore pire que celle imaginé par Kafka.  

Ce que nous avons observé les vénézuéliens avec le procès de Leopoldo López nous montre que le procès de Kafka est une rigolade, car dans un pays dans lequel il n’existe pas de séparation des pouvoirs, le procès farfelue est encore plus diabolique.  Ce type de procès furent monnaie courante durant la dictature castriste qui sévit encore au Cuba, comme par exemple le cas du Général Arnaldo Ochoa qui fut fusilé après un procès complètement bidon.

Un des fondements de l’accusation contre López est un rapport linguistique demandé par le Ministère Public.  Dans ce rapport technique on prétend faire une analyse du discours politique de López, prenant comme échantillon une série d’interview et messages du dit leader politique.  Ce rapport fut accueillit par le Bureau du Procureur sans aucune réserve et sans tenir compte de l’opinion des analystes de discours les plus reconnus du pays.

La méthodologie suivie pour l’expertise linguistique fut contestée par la professeur Alexandra Alvarez dans un article: Une éthique linguistique? dans lequel elle met à découvert les failles scientifiques du dit rapport. Par la suite, et selon les informations de presse qui nous ont permis de suivre le procès de López, le dit rapport n’a pas put être réfuté, car les preuves pour cela ne furent pas acceptées par le tribunal.  La défense de López a questionné aussi les liens de l’auteure du dit rapport avec le pouvoir.  Et dans ces cas, il est fondamental de se demander si l’auteure n’avait pas un intérêt particulier d’orienter son son opinion contre l’accusé.

Maintenant que le procès est terminé, nous devons nous rappeler de tout ce que nous savons en plus de tout ce qui a déjà été dit: la non séparation des pouvoirs et que le Pouvoir Judiciaire n’est ni libre ni indépendant, et qu’un procès comme celui-ci se décide sur une base politique. 

C’est ce qui est arrivé dans les procès dans les tribunaux nazis, et qui ultérieurement ils ont nié, car ils violaient les droits humains et les garanties constitutionnelles des accusés. 

C’est à dire, un procès kafkaïen, dirigé par un juge qui n’est pas impartial ni indépendant, peut, à un moment être déclaré inexistant.  

C’est pour cela que nous sommes avec Leopoldo K, face à un procès kafkaïen  car contradictoire, abusif, absurde et diabolique.  Ils n’existent pas de preuves pour l’accuser (mis part ce rapport fabriqué de toutes pièces), et encore moins pour le condamner.  Sa liberté lui est volée que par des intérêts politiques et non par une quelconque faute ou vérité.

 12004932_10150614634574963_4102852281253113796_n.jpg?oh=e973db73c4034cf27e7478cb5277c677&oe=566AB0C1

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.