Venezuela: Les peurs de Nicolas et Tibisay

 

Marta Colomina

 

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l’indétermination des pouvoirs a un lien avec la corruption…

 

Au fur et à mesure que le 6-D approche et continue de croitre le refus envers le régime, les menaces de Maduro et les crises de nerfs de Tibisay s’accroissent aussi

Cette semaine, presque à l’unisson tous les deux ont destilé menaces et désir de dénaturer le vote que les sondages prévoient massifs: “si la révolution perdait le 6-D, c’est très probable qu’elle va prendre un autre caractère” dit Maduro sur ton de menace.  Et il rajoute: “si l’opposition gagne les élections parlementaires, je prévois caos et violence” (El Nacional 06-10).  Quand Maduro, dans le Venezuela ruiné par le chavisme, dépassée par l’insécurité, les pénuries et l’inflation clame que “il n’y a que nous qui puissions surmonter les difficultés” car “avec la bourgeoisie se serait caos et violence”, il nous dit que cette violence serait une tentative désespérée du régime de se maintenir au pouvoir

 Si c’est la paix qu’il voudrait le 6-D, il serait le premier à “donner l’ordre” à Tibisay (puisqu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs) d’inviter les observateurs de l’OEA, ONU et UE pour garantir paix et justice électorales avant, durant et après le 6-D, et non interdire leur présence, comme il le fait.

Dans son récent discours à l’ONU, il a demandé au monde “d’être attentifs face à toute tentative de violenter la politique au Vénézuela”.  Et si jamais ses propos de se perpétuer au pouvoir n’étaient pas suffisamment clairs, même s’il devait faire appel à la violence qui caractérise son régime, Maduro ajoute: “Le Vénézuela est dispose à maintenir le cap sur la constitution de 1999”.

Il reitere donc ses menaces

En février dernier il a déclaré qu’il “ne permettrait pas l’opposition de se présenter su c’est pour promouvoir la violence”(violence qu’il provoque avec ses déclarations)  et il continue “si la droite essaye d’obtenir le pouvoir par la voie de la violence (Voter entre le régime n’est pas un acte de violence malgré ce que dit Maduro), je donnerai l’ordre aux forces armées de sortir défendre la révolution” (el nacional 25-02)

Même si les abus de Maduro constituent un délit électoral (il a aussi semé des doutes sur le secret du vote pour intimider les fonctionnaires et les beneficiares des misiones), Tibisay est restée bouche fermé au lieu de défendre les électeurs.

Le lendemain de ces déclaration intimidantes alarmes de Maduro sur la “violence” qui pourrait se produire en cas de perdre les élections du 6-D, une irascible Tibisay faisait une tentative désespérée, mais inutile, pour sauver la crédibilité du CNE, qu’elle essaye encore inutilement de présenter comme “le plus transparent et objectif au monde”.  Tibisay se vexe lorsqu’on parle de fraude, mais c’est bel et bien elle qui assume des décisions frauduleuses.

Même si plus personne ne croit en cette institution où quatre des cinq directeurs sont chavistes, Tibisay se fâche face à cette perte de crédibilité qui dépasse le 60%, et pleurniche que le CNE est accusé de fraude sans preuves.

Voyons cela: 

1.- Le seul recteur indépendant du CNE, Luis Emilio Rondón maintien que l’annulation de la postulation de Carlos Vecchio aurait du être par une disqualification suite à une  sentence judiciaire ferme, selon les articles 39 et 42 de la Constitution, et non pas par une simple décision administrative, comme celle qui a été prise par Tibisay Lucena.

2.- N’est elle pas Tibisay responsable du déséquilibre numérique qu’il existe entre le nombre de votants inscrits dans chaque état et le nombre de parlementaires qu’ils doivent élire? De la migration artificielle des municipalités et circuits qui dépasse la moyenne nationale, et les changements arbitraires dans de nombres circuits tels que Barinas, Apure, Bolívar, Guárico, Mérida et autres. 

3.-nSúmate dénonce que le CNE a manipulé la projection de population dans 19 états en faveur du PSUV.  Et puisqu’on parle de “fraude”, Que veut-elle de plus que son refus catégorique a l’audit des présidentielles soit disant gagnées par Maduro, audit qui aurait inclure les cahiers de votes?

4.- La communauté internationale s’inquiete qu’au Vénézuela, les pouvoirs publiques répondent aux ordres de Maduro, raison d’autant d’efforts pour insister sur la présence d’observateurs internationaux le 6-D, droit catégoriquement refusé à maintes reprises par Maduro et Tibisay,  tandis les FAN, le Pouvoir Electoral, le Pouvoir Judiciaire prêtent serment au parti et utilisent les symboles du parti, crient des consignes partisanes et proclament qu’il sont inconditionnellement au service du régime. 

5.- Les tribunaux sont utilisés pour punir ceux qui s’opposent au régime (75 prisonniers politiques à ce jour).  Cette semaine le TSJ a ordonné “chercher” les directeur du El Nacional, Tal Cual et La Patilla, intimés par Diosdado Cabello, question de violer un peu plus la liberté d’expression.

Ce caractère “inconditionnel” des pouvoirs est en étroite relation avec la corruption.  Tandis que le peuple a faim et est massacré par l’insécurité “les proches du régime achètent des maisons luxueuses à Caracas, pour des sommes en dollars absolument scandaleuses.

La question à se poser, par exemple, est d’où est sorti l’argent pour qu’un membre du CNE puisse acheter la maison des Beracasa? (El Nacional 24/09/2015)

La boutade de Tibisay quand elle réplique qu’elle ne compte pas des statistiques mais des votes est plus de la peur que de l’arrogance, la même peur qui fait paniquer Maduro. “Les statistiques punissent Maduro à deux mois des élections du 6-D” (el Nacional 08/10)

L’opposition a une avance sur le chavisme de 32 points, ce qui donnerai à l’Unité les 2/3 des l’Assemblée Nationale.  La communauté internationale est consciente que l’opposition gagnera largement le 6-D, donc Tibisay, pour une fois, n’aura d’autre choix que de  compter les votes correctement, a risque que ce soit le monde entier qui crie “FRAUDE”.

La débâcle au Venezuela avec une inflation de plus de 200% et une chute du PIB de 10% selon le FMI sont les principales causes de cette défaite électorale qui approche.

 

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