Venezuela: Seul l'État a le droit d'entreprendre

MARÍA AMPARO GRAU

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Selon l’article 299 de la Constitution, autant les particulier comme l’État on le droit d’être entrepreneurs: “L’État, conjointement avec l’initiative privée, encouragera le développement économique national…”.  C’est naturel qu’un particulier puisse être imprésario, vu que c’est une activité privée.  Ce qui est exceptionnel est de permettre à l’État aussi de jouer ce même rôle.

C’est pour cela que la constitution est très claire sur le faite qu’elle permet le rôle  d’entrepreneur à l’État, quand celui-ci est limité en premier lieu, par l’intérêt publique qui doit être la condition de toute activité économique du secteur publique, et en second lieu, par le contrôle rationnel et légal de l’utilisation des fonds publiques, et en dernier, par le strict respect des principes de l’État de Droit et de l’économie de marché, celle là même où celui-ci, en tant qu’État il participe.  Ces principes son la liberté d’entreprise, la libre concurrence et le respect de la propriété privée.

Malgré tout cela, dans la pratique au Venezuela l’État ne reconnait que son propre droit à entreprendre.  La destruction du secteur productif a été une politique d’État, confirmée par la violation de toutes les limites constitutionnelles citées plus haut.

Au Venezuela d’aujourd’hui, l’État est un mega-entrepreneur, mais contrairement aux postulats et limitations constitutionnelles, celui-ci ne se limite pas à aucun intérêt publique quelconque, au point que se confondent les concepts d’intérêt publique, utilité publique et service publique, ce qui complique toute l’activité économique des particuliers.

Les fonds publiques ne sont pas sujets à un control rationnel ni legal de leur utilisation, il n’y a aucune transparence quand à leur usage, le Trésor Public  s’administre comme s’il s’agissait du patrimoine personnel de ceux qui le gèrent et aucun des principe de ce système de marché auquel il participe n’est respecté.

Selon le rapport annuel des Libertés économiques dans le Monde pour 2015, le Venezuela se place au 176ème rang. 

http://www.libertad.org/indice

L’ancien directeur du BCV, à l’époque à laquelle cette institution était autonome, expert en matière financières et économiques, Eddy reyes Torres a déclaré le 19 septembre dernier a El Nacional: “avec sa politique d‘isolement économique et tous ces contrôles de prix ridicules, la révolution du XXIème siècle a permis l’entrée au pays de terribles plaies: l’inflation; les pénuries de produits, la fermeture d’entreprises et une importante hausse du chômage” 

 

Mais l’État vénézuélien se dédouble dans son rôle d’autorité abusive et méconnaissante des droits économiques des particuliers, avec son rôle d’entrepreneur qui réclame pour lui même ce qu’il refuse au secteur privé.

Un bon exemple de cela, est que dans son rôle d’entrepreneur, l’État réclame de manière insoutenable un prix du pétrole minimum de 40$ et exige les meilleures conditions d’un marché stable, et en interne, il donne des avantages économiques et tributaires ainsi que l’accès aux devises à ses associés et partenaires au même temps qu’il impose au secteur privé un contrôle total et absolu des prix, tout en leur refusant les devises qui leur manquent cruellement et leur augmente les taux d’imposition de manière irrationnelle.

En effet, la politique économique erratique et l’attitude arbitraire d’un État qui ne respecte pas les principes qui se basent de manière constitutionnelle sur un modèle économique de progrès et de génération de meilleures conditions de vie pour le citoyen, ce qui a permis qu’au Venezuela prenne racine un processus de recul économique, de pénurie et d’appauvrissement général de la population.  Sauf bien sûr pour ceux qui sous la prérogative du pouvoir sont à l’abri de ces conséquences désastreuses que pour l’économie vénézuélienne représente une violation à notre Constitution, sur les bases d’un modèle politique qui ne trouve pas sa place dans le texte.

 

 

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