Venezuela: Adieux au chavisme

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Marta Colomina

 

Avec les pagailles de Maduro, aporrea.org (site officiel de news de l’état)  ne peux plus être ce qu’il était , et les chavistes qui ne sont pas pistonnés, mais qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour écouter, ne sont pas convaincus par ce Maduro, qu’ils accusent de détruire “l’héritage” de Chávez, de mener le pays à la ruine, et de trop voyager et de trop dépenser en hôtels de luxe et d’inviter trop de membres de sa famille qui s’exhibent avec des sacs Channel à 5000$, tandis que le peuple a faim et d’autres meurent, manque de médicaments. C’est pour cela aussi que les vénézuéliens trouvent indignant le cynisme de Arreaza quand il déclare que “96% des vénézuéliens font au moins 3 repas par jour”

Avec suggestions et critiques que Maduro n’écoute pas, au fur et à mesure ce sont séparés du régime plusieurs ministres et ex ministres chavistes  et même l’ambassadeur très à gauche à Cuba, Rodríguez Araque qui critique les magouilles économiques de Maduro.  Cette semaine, deux journalistes de Aporrea, Roland Denis, chaviste théoricien et Ivan Martínez ont écrit des articles accablants.  Dans “Adieux au chavisme” Denis commence ainsi son article: “En marchant dans la rue et dans les champs (…) vous croiserez sans aucun doute des visages désenchantés, frustrées, enragées, disant adieux à une histoire qui finalement est la leurs (…) qui s’appelait le chavisme (…) l’histoire qui ne fut pas.”  

“Je préfère dire NON que continuer de valider” ce que Denis définie comme “les présences des trompeurs de la saga de la richesse publique concentrée au BCV et PDVSA (…) c’est le message ressentit en coulisses par des milliers et des milliers de gens qui essayent encore de faire le possible pour donner un sens à leur chemise rouge (…) Curieux pays (…) aux commandes de ceux qui n’ont jamais compris ce que c’est de faire un pas en avant pour le bonheur collectif.  Lorsqu’il n’y a pas de vision de nation (…) c’est tout simplement une guerre qui se déplace en grands discours grandioses de héros du passé et l’envie désespérée de prendre le contrôle  des rentes et des richesses  du sous-sol; alors vous pouvez être sûrs que la raison révolutionnaire part rapidement en fumée, comme cela a été sûrement le cas”

Denis critique sévèrement Diosdado Cabello et remet en question le caudillismo de Chávez: “s’il existe un héritage vraiment obscur; c’est celui de ne pas s’être débarrassé du rôle de caudillo dont on l’a obligé, pour devenir un vrai dirigeant disposé à utiliser le commandement de l’Etat contre le substrat malfaisant qui l’a accompagné depuis sa phase conspiratrice (…)  Je continue sans comprendre pourquoi il a gardé intact ce substrat malfaisant (…) Le chavisme ne compte avec rien qui nous laisse supposer intelligence, productivité, sciences ou organisation collective desquels nous pourrions être fiers (…) L’adieux au chavisme est l’adieux a un rêve extraordinaire qui s’est transformé en cauchemar (…) inutile de lui proposer des sorties quand son essence s’est noyée avec cette délinquance qui gouverne le gouvernement, qui gouverne ses bases, qui gouverne  de monstrueux pillage”.  Denis conclue : “La fin est arrivée, c’est l’adieux de millions d’entre nous”.

Dans son “Auto-critique face à la pagaille”, Iván Martínez commence par dire : “La révolution bolivarienne perd chaque jour de son efficacité, et c’est flagrant, non pas par les sondages de l’opposition, mais par l’opinion du citoyen lambda, qui se bat à chaque instant de son existence pour survivre dans le tourbillon de ce système anormal que nous subissons”. Et il continue par décrire les désastres de chaque bureau officiel: “Le Ministre des Terres n’explique pas pourquoi les champs restent improductifs et pourquoi l’entreprise de l’Etat AGROPATRIA est en faillite (…) ou pourquoi Veniram ne produit pas les 5000 moissonneuses batteuses qu’elle est sensée produire pour les “fundos zamoranos”.  

Ce que ne dit pas le journaliste, mais que nous n’oublions pas c’est que les terres agricoles sont aujourd’hui des terres abandonnées par les expropriations de Chávez, Maduro et Jaua; que Agropatria était la prospère Agroisleña, volée à l’époque à leurs propriétaires et que les “fundos zamoranos” sont aujourd’hui des terres à l’abandon.

Au Ministre des Transports, Martínez réclame que les routes sont en très mauvais état.  A celui de l’Industrie, que “les entreprises de l’Etat produisent trop peu ou rien”; à celui de l’Intérieur il exige une qualité des services de police qui “permette de réduire le taux de délinquance qui massacre le peuple” et reproche que des délinquants sensés être en prison “se retrouvent dehors pour continuer de voler et tuer”.  Il réclame à celui du Commerce de ne pas sanctionner les “bachaqueros” qui font du trafic d’aliments.  De Caracas pleine d’ordures il dit: “Nous comprenons que ce bureau a été crée pour saboter le travail du Maire, mais Ernesto Villegas et Jorge Rodríguez, quand même, occupez vous des ordures!”.  Et ses remontrances continuent aux autres ministres, qu’il considère qu’ils devraient renoncer, pour terminer “Je suis chaviste, bolivarien et révolutionnaire, mais je ne suis ni aveugle, ni sourd ni muet”

Et toujours dans cette attitude de “faites ce que je dis, pas ce que je fais”, Maduro exige à l’ONU “d’éradiquer la pauvreté et la misère”.  Et il le dit tout en ignorant royalement le fait que le chavisme a dilapidé en corruption, ferrailles militaires et pots de vin, plus de 1 million de millards de dollars de la rente pétrolière, et aujourd’hui le Venezuela est en ruine et a faim. 

Maintenant que les vrais raisons pour fermer la frontière sont connues, et qu’il essaye par tous les moyens de suspendre les élections du 6-D, Maduro annonce à l’ONU que le monde doit être attentif à toute violence qui pourrait se produire, laissant très clair à la communauté internationale, et aux observateurs interdits de venir observer de l’ OEA et de l’UE, que si elle avait lieux, cette violence, elle viendrait de lui et du “substrat malfaisant” qui le maintient au pouvoir coute que coute. 

http://www.aporrea.org/ideologia/a214599.html

http://www.aporrea.org/ideologia/a214612.html

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