Venezuela: enfin des chiffres sur les pénuries

Sabrina Martín

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Malgré que l’État vénézuélien n’a plus publié des chiffres officiels concernant les pénuries depuis février 2014, une étude commanditée par la Vice-Présidence a filtré, dans lequel est mis en évidence l’alarmante pénurie de produits alimentaires et d’hygiène personnelle dont souffre la population.

Le document officiel, récemment diffusé aux médias, indique qu’au moins 15 catégories d’aliments et 26 produits d’hygiène personnelle et d’entretien sont manquants des étagères, et dans la plupart des cas, la pénurie est supérieure à 70%.

L’étude faite par la “Comisión Nacional de Lucha contre el Contrabando” , instance rattachée à la vice-présidence, admet que dans 19 états du pays et dans 312 établissements supervisés, les produits de la “cesta básica” étaient absents. 

Même si le document signale clairement qu’il s’agit de la 19ème étude sur le sujet, aucun n’avait été publié, et encore moins, une étude qui reflète la gravité de la situation  comme celui-ci.

L’étude a été réalisé par l’observation directe aux points de vente gérés par l’Etat ainsi que privés.

Voici le premier tableau:

On peut constater que de 15 aliments étudiés, ils sont tous absents des étagères.

 

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Les détergents:

 

En ce qui concerne les produits d’hygiène personnelle, 18 d’entre eux sont en pénurie, et quant au prix, aucun d’entre eux est accessible au budget des vénézuéliens.  Il faut remarque l’absence totale de couches pour bébé, quand au dentifrice il était absent dans 58% des établissements.

 

Cette analyse faite par l’Etat, inclue aussi les produits d’entretien.  Des nuits produits inclus dans la liste, ils sont tous absents des étagères en plus ou moins degré, étant la lessive absente dans  67% des commerces et le lave-vaisselle dans 88 comme on peut le constater dans le tableau suivant:

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Le phénomène des queues

 

Un autre point étudié dans le rapport officiel relève que dans 67% des établissements publiques étudiés par les fonctionnaires qui ont réalisé cette étude, il existait de très longues queues, aussi bien à l’intérieur comme à l’extérieur des installations, de personnes ayant l’intention de faire leurs courses.  Quand au secteur privé, le chiffre est de 66%

 

Il ne faut pas oublier qu’en février dernier, le Ministère Publique à privé de liberté monsieur Manuel Morales, directeur de la chaine Día/Día, pour soit disant être le responsable direct des queues qui embarrassent autant l’Etat.  Mais selon cette étude, et en tenant compte de la situation du pays, les longues queues s’observent autant dans les points de vente privés comme publiques, ce qui reflette la responsabilité directe du gouvernement qui se doit de pourvoir suffisamment aux besoins de base de la population.

 

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¿Guerre Economique?:

 

Le document officiel est le résultat d’une étude suite à une soit disant “guerre économique”, terme utilisé par Nicolas Maduro pour responsabiliser le secteur privé du pays, autant industriel comme commercial, d’un quelconque sabotage pour attaquer l’Etat; selon lui, par monopolisation des produits et aliments de base.

Oscar Meza, directeur du Cendas a déclaré que cette étude met en évidence que le gouvernement compte avec 19 rapports sur les pénuries, et maintien cette information cachée face à l’opinion publique, car il sait que ce mauvais résultat est le produit d’un modèle économique en faillite.  Selon Meza, le gouvernement refuse d’admettre le problème, même si cette étude prouve que la soit disant “guerre économique” n’existe pas, car il faudrait alors expliquer pourquoi y a t’il des pénuries dans les points de vente contrôlés par l’Etat

Il est clair que si le gouvernement vénézuélien ne change pas de cap, ce qui attends le peuple est encore plus de faim, de pénurie et de misère.

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“Cesta básica” inaccessible:

Au Venezuela la situation économique s’aggrave à cause des importants niveaux de pénuries des aliments et des produits de première nécessité, mais surtout et aussi, par ce que quand ils sont disponibles, leur prix augmentent de jour en jour, tandis que le pouvoir d’achat du vénézuélien baisse de jour en jour.  En septembre dernier, le Cendas a notifié que la “cesta basica” des aliments, produits et services de première nécessité a augmenté de 19,9%  par rapport à juillet pour atteindre la somme de 65013,54 bolívares, et que le salaire minimum  est de 7421,67 bolívares.  Ce qui veux dire que sont nécessaires 8,8 salaires minimum pour subvenir aux besoins de base d’une famille de quatre personnes 

 

En Aout, le pain est le nouveau produit absent, donc de 58 produits étudiés, 49 sont en souffrance donc 21 font partie de la “cesta basica"

 

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