Venezuela: L'Esequibo ou chronique d'une trahison

Luis García Mora

La diplomatie de Chávez consultait exclusivement les frères Castro, et n'avait aucune confiance en son propre cabinet diplomatique. Et cette manière d'agir depuis les académies jusqu'au experts indépendants, passant par les partis politiques et les institutions nationales n'a été que source de désastres et calamités

Elle a été menée avec une perspective idéologique anti US et depuis le point de vue Cubain, voir castriste. Et nous connaissons la légendaire capacité de manipulation de Fidel face à ses "disciples" sur lesquels il produit un effet hypnotique, et surtout sur Chávez sur qui cela a eu des effet terribles dont nous subissons tous les conséquences encore aujourd'hui.

C'était son Père, son Gourou, son Totem.

Et il continue (Fidel) de nous administrer et exercer de tuteur chaque fois qu'il se réuni avec Maduro, ce qui arrive très fréquemment. Et c'est pour cela qu'il est même étrange que face à la prise de l'Esequibo de la part de Guyane, il n'ai transmit au pays aucun conseil, ce Fidel flétri ou son frère Raúl, après s'être entretenus avec leurs nouveaux associés de Washington

Car il s'agit de cela.

Lorsque aujourd'hui le Venezuela impose des sanctions diplomatiques à Guyane, et demande une session extraordinaire à l'Assemblée Générale des Nations Unies pour traiter du sujet de l'irruption de ce pays dans notre zone en réclamation, à la tête d'une équipe de multinationales disposées à exploiter ses richesses, il le fait face à une communauté civile vénézuélienne qui tombe des nues et qui n'aurai jamais pu imaginer que cela pourrait être jamais possible.

Avec un différend historique qui dure depuis 1899 et toujours en vigueur, dans une zone de plus de 150 mil km2 et avec des minéraux stratégiques que Caracas réclame, le fait est que tout cela est maintenant administré depuis Georgetown

Chávez avait traité ce dossier obnubilé par le voile idéologique et entravé de clichés et des lectures rapides, animé par sa répulsion aveugle a tout ce qui pourrait avoir une odeur à Washington, et à tout ce qui pouvait représenter le quart de siècle démocratique précédent qu'il a violemment interrompu.

Pas questions de consulter qui que ce soit en dehors de Cuba et sa structure militaire.

Et voila le résultat.

Le point de chute de toute notre infatigable labeur diplomatique et démocratique sur l'Esequibo depuis plus d'un siècle, est tombé à l'eau quand le comandant s'est enivré des sujets géopolitiques du continent, lesquels touchaient à son leadership régional. A Georgetown, en février 2004, assis côte à côte avec le President de Guyane Bharrat Jagdeo il a prononcés ces fatidiques paroles:

"je viens avec la plus grande volonté d'obtenir l'intégration, je me suis engagé avec le President Bharrat Jagder a ce que le gouvernement Vénézuélien ne s'opposera à aucun projet de sa part dans la région qui bénéficie la population de la région, et face à tout projet sensible, nous organiserons une Comission bilatérale pour l'étudier"

Peut être pensait-il être éternel, et au moment d'entamer ses "projets sensibles" il serait là pour éventuellement garder le contrôle.

L'ex Chancelier Consalvi avait dit que "par initiative personnelle, et sans consultation, le chef de l'état a écarté toute démarche qui permettait à notre pays maintenir en vigueur la réclamation de l'Esequibo, tandis que Guyane refusait d'accepter toute tentative durant ces dernières décennies, pour trouver une solution équitable et rationnelle à cet ancienne controverse.
Et Voila, les guyanais disposent à leur guise sans consulter de rien avec le Venezuela. Et depuis longtemps, sans que le Venezuela les en empêche ni le gouvernement bouge le petit doigt. Ils récoltent les bénéfices des accords commerciaux avec ExxonMobil dans les eaux en réclamation, et avec la chinoise National OffshoreOil Company

Durant le 27ème conférence extraordinaire de CARICOM, quand Chávez a envoyé Chaderton négocier l'appui des 15 pays des Caraïbes au Venezuela (et qu'il a en effet obtenu) dans sa dispute avec le Guatemala pour le poste temporaire au Conseil de Sécurité, le chancelier guyanais, Rudy Insanalli avait prévenu, avec le soutien de tout le CARICOM, que les aspirations du Venezuela "dépendraient des réclamations sur l'Esequibo". Le Gouverneur de Dominica Roosevelt Skerritt a donné son appui à Chávez en soulignant comme condition que le Venezuela "respecte l'intégrité territoriale des états membres"

Position renforcée par le secrétaire général de l'organisation Edwin Carrington, en affirmant que "la réclamation du Venezuela" à Guyane n'était pas "hostile" comme celle de Guatemala a Belice. Et au milieu de ces acquiescement, le President Chávez déclarait au Sommet de Rio que "On voulait se servir de nous pour envahir Guyane au nom de cette réclamation territoriale, pour renverser le gouvernement de Forbes Burnham. Et presque on déclenche une guerre pour une affaire territoriale dont plus personne s'en souvient et qui dure depuis des temps immémoriaux."

Déclaration qui revient aujourd'hui, quand le Venezuela marche non pas au front mais derrière les faits. Dans ce document la priorité était que Chávez voyait le dossier Esequibo comme un frein à son leadership international, et sa lute anti-impérialiste.

Et nous Voila aujourd'hui.

Les dangers politiques de l'égocentrisme sans freins, et la mauvaise idée d'attribuer aux pays les mêmes comportements qu'aux personnes (dans cette vision si farfelue et personnelle qu'avait Chavez a traiter les sujets uniquement en fonction de ses propres objectifs), on fait que le Venezuela a baissé la garde.

Et si le résultat final de cette crise était la sortie définitive du Venezuela de l'Esequibo, il serait impossible de ne pas signaler à Hugo Chàvez et son chancelier Nicolas Maduro comme uniques responsables de cette trahison.

Et les Castro dans tout ça? La Habana a signé en 1981 une déclaration par laquelle elle assure que "Cuba reconnaît à Guyane la totalité territoriale, l'Esequibo inclus" pour résoudre la logistique de combustible et une base pour son intervention en Angola.

Est-il est au courant de tout ça, Diosdado Cabello, lorsque qu'il affirme que "nous ne renoncerons sous aucune circonstance au droit que nous avons sur l'Esequibo?" Ou cela fait juste partie de son show à la télé.

Ou lorsqu'il considère que David Granger "agit comme un dirigeant de l'opposition Venezuelienne" en autorisant l'installation de multinationales dans la zone en réclamation?

A ce jour, l'Esequibo était un sujet qui n'avait jamais intéressé les chavistes

Le décret 2787 de Maduro du 27 mai dernier sur la délimitation maritime, n'est qu'un rideau de fumée pour cacher la situation insoutenable interne du pays. Sa mise en scène est si grossière, qu'il lui sera très difficile à niveau interne de ne pas allumer les alarmes et continuer à ignorer un dossier aussi important, non seulement pour la position géostratégique de la région, mais en plus il peux pas se permettre de continuer à perdre du territoire, faute de prévoir des scénarios.

 

Et suite à ce décret, le ton monte face au discours agressif de Guyane, appuyée non seulement pas Cuba (les traîtres) et le CARICOM, mais aussi par les États Unis en un accord qui exclu notre pays, et met en péril les deux tiers de notre sortie vers l'Atlantique.

Conclusions:

- Quelle sers l'étendue des conséquences? Comment allons nous sortir de la Exxon, des chinois, des Brésiliens et tout autre intervenant avec plateformes, routes, et infrastructures en territoire occupé? Á qui essayent-ils de gruger avec dette diplomatie de microphone? Que c'est-il passe que le silence a été rompu? Que se passe-t-il que le chavisme se réveille d'un coup? Il faut comprendre qu'il était impossible de maintenir le silence, qui internationalement a eu son effet. Ont-ils cru que tout pourrait se résoudre comme s'il s'agissait d'une dispute d'épicerie? Est-ce celui-ci le véritable visage du chavisme sans Chávez?

La situation économique continue de se détériorer. Et c'est seulement par l'exercice d'un leadership colossal que le désastre économique pourra être évité. Et maintenir le dossier géo-stratégique. Ce leadership qui brille par son absence depuis le début de la crise. Et nous savons que de toutes les tentatives du gouvernement, il ne reste que dettes et ruines. Que chaque fois qu'un problème important est abordé, le gouvernement donne des signes alarmants d'inefficacité, suivi d'une campagne de harcèlement et intimidation vers l'opposition, dans une malheureuse tentative de faire peur et se protéger, essayant de cacher ses manques de préparation, de qualités, et d'aptitudes pour l'accomplissement de n'importe qu'elle action ou la prestation de n'importe qu'elle fonction

Ça suffit de se faire manipuler comme des marionnettes par la machine cubaine, ou comme dit Elizabeth Burgos * , par cette "multinationale pionnière en matière de politique-spectacle". Ça suffit de cette pratique qui cherche simuler et remplir dramatiquement un vide d'idées, à la fois que le pays part à la dérive. Malgré les graves événements des derniers temps, ils insistent à perdre leur temps en activités autour du culte de la personnalité, qui les empêche de résoudre les problèmes qui abattent les vénézuéliens.
* Elizabeth Burgos, historienne et anthropologue vénézuélienne, chercheur à l'Ecoles de Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris

vu l'énormité des problèmes du pays, de la nécessité d'une transition constitutionnelle, le peuple commence à chercher des options. On demande un leadership, tandis que le gouvernement cherche à gagner du temps. La sensation est de complet abandon. D'état effondré. Qui fonctionne à moitié avec un ordre disparate, mais qui est incapable de protéger le pays de dangers tels que Le Picure ou Guyane, qui défient le pouvoir de l'état.

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