Le danger du Régime Néo Totalitaire du Venezuela

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Miguel Henrique Otero,  éditeur du quotidien vénézuélien El Nacional, considère que le Sommet des Amériques réalisé à Panama, a mis en évidence la précarité dans laquelle vivent les vénézuéliens ainsi que le danger que représente le “régime néo-totalitaire qui écrase le Vénézuela.

 

Le Vénézuela et le Sommet de Panama

 

Tout d’abord, le Sommet de Panama a brisé l’étanchéité des frontières du Vénézuela.  A ouvert de nombreuses portes, fenêtres et micros, qui ont mis en évidence la situation de mon pays, l’extrême précarité de notre quotidien, sans nuances qui puissent la cacher, aux démocrates du monde entier.  passer des journées entières à attendre avec frustration dans des queues sans fin pour essayer de trouver, souvent sans y arriver, de quoi manger ou se soigner; éviter les criminels qui circulent en toute liberté et impunité; sans savoir si on rentrera vivant chez soi; devoir taire ce malêtre légitime, car dans mon pays on arrête, torture et tue ceux qui protestent : celles-ci et bien d’autre réalités, qui font partie du mode de vie du Vénézuela d’aujourd’hui, ont été mis en évidence à Panama face à un auditoire mondial.  Le VIIème Sommet des Amériques; même s’il n’a duré que  trois jours, ils ont  été suffisants pour montrer le danger que représente le régime néo-totalitaire qui écrase les vénézuéliens pour eux et  pour les démocraties d’Amérique Latine.

 

Parmi tout ce qu’il faudrait dire depuis la perspective du Vénézuela, rien n’est plus important que remettre en question l’existence des frontières, lorsqu’il s’agit de l’assassinat des personnes qui protestent, le programme de détentions arbitraires, la torture et la prison de dirigeants sociales et politiques, la manière brutale dont sont silenciés les médias indépendants.  Les frontières ou les arguments de souveraineté, comme c’est arrivé à Panama, ne peuvent plus continuer d’être un mur avec lequel on prétend cacher et maintenir la violation permanente des droits humains.  A Panama, un énorme pas en avant a été fait pour mettre en garde que le projet de l’élimination physique et légale des forces démocratiques vénézuéliennes n’et plus soutenable.

 

A Panama; mais aussi dans d’autres coins du monde, ces jours-ci le mot le plus prononcé fut “complicité”.  Il a été prononcé par des porte-parole, des activistes des droits humains, politiciens actifs et plusieurs ex-présidents: “Ceux qui avec leur silence soutiennent le régime de Maduro, se font complices de ses aberrations”.  La responsabilité en ce qui concerne les droits humains et la démocratie doit être active, et ne doit jamais prescrire.  Aucun gouvernement, et spécialement en Amérique Latine, ne peut continuer de regarder ailleurs, comme si l’existence d’autant de prisonniers politiques au Vénézuela de les interpellait pas.  A Panama il a été mis en évidence que la légitimité des gouvernements ne peut pas se baser exclusivement sur les succès électoraux, surtout, si les conditions de son pas égales pour tous les participants, comme cela a été le cas au Vénézuela.  A partir de là, en plus d’un certificat d’élections transparentes, la garantie du respect des droits humains et des droits politiques doivent être des conditions “sine qua non” que devraient respecter tout gouvernement qui aspirerai à la reconnaissance de la communauté internationale.

 

Non seulement le voile des mensonges, qui est le signe distinctif du régime commencé par Chavez et dont l’agonie désespérée prétend prolonger Maduro coute que coute, est tombé.  A Panama a été mis en évidence une nouvelle face des choses: que la lute, spécialement hors Vénézuela, est due grâce non seulement à la société civile, à la détermination des familles des prisonniers politiques et des victimes de violences, à la volonté de certains partis politiques, mais aussi au soutien très particulier de l’initiative des Ex-Présidents, qui ont trouvé en José Maria Aznar et Andrés Pastrana des alliés formidables, qui ont réussi réunir autres vingt  Ex-Présidents, pour s’unir dans une déclaration sans précédents dans l’histoire récente de mon pays, laquelle met en évidence aux yeux du monde, la crise vénézuélienne.  Depuis le Vénézuela nous célébrons aussi l’incorporation de l’Ex-Président Felipe Gonzalez à notre cause, et comme nous ne manquons pas d’ambitions, nous espérons que le nombre d’Ex-Présidents augmentera et qu’ils continueront avec cette oeuvre.

 

Les éléments dont j’ai parlé; les forces qui résistent et dénoncent le régime néo-totalitaire du Vénézuela, ont réussi à se faire entendre à Panama.  Pendant le Sommet, ils ont pu informer des divers aspects de la lute,  des années d’efforts sans relâche, qui plus d’une fois auraient pu paraitre sans espoir.  Mais si une conclusion est pertinente pour nous, les vénézuéliens, et aussi pour tous les démocrates d’autres pays, est que nous vivons à une époque dans laquelle toute action en faveur des libertés on un sens et obtiennent gain de cause  tôt ou tard.

 

Vers où se dirigent ces avancées ici consignées? Je n’ai aucun doute  à ce sujet: vers la réduction; voir éradication de l’impunité.  Le développement de mécanismes pour empêcher le châtiment ou, comme dans le cas du Vénézuela, l’action complice des pouvoirs publiques pour s’assurer que le régime agit sans s’inquiéter pour la justice a ses conséquences: d’attribuer au pouvoir une condition d’illimité.  Cela lui fait sentir qu’il peut tuer, imposer, voler, mentir, abuser et humilier ceux qui sont sous sa juridiction, sans conséquences.  La principale caractéristique du pouvoir qui agit sans restrictions; c’est qu’il avance dans la négation absolue des droits des autres, le droit à la vie inclus.  C’est avec ce sentiment d’impunité que fonctionnaires, uniformés ou pas, sous les ordres du régime, ont torturé des citoyens arrêtés arbitrairement ou tué d’autres lors de manifestations de protestation.

 

Le VIIème Sommet des Amériques a été le scénario de la mise en oeuvre de nouveaux statuts concernant l’impunité du régime qui a Maduro à sa tête: ses mises en scène, ses discours, sa structure thématique, ses multiples rencontres à l’ordre du jour ou pas; les lignes d’action qui ont été établies, les engagements pris à différents niveaux par des pays  qui, jusqu’à ce jour s’étaient soustrait de leurs responsabilités avec la démocratie, tout ceci, se noue comme un entremaillement  de facteurs et d’énergies qui, avec une grande cohérence, a compris l’exigence de limiter le pouvoir  tout puissant et impuni du régime Chavez-Maduro.

 

Il est bon de se demander quelles forces possèdent les voix minoritaires que, de manière évidente ou cachée, cotionnent de quelconque manière, le projet néo-totalitaire du gouvernement vénézuélien.  Force politique: en berne.  Force morale: aucune.  Au delà de la crédibilité que certains pourraient donner aux actions de ceux qui confondent l’exercice du pouvoir avec des tours de clowns, la “performance” du gouvernement n’a été ce que beaucoup avaient prévu: malversation du sens du Sommet, show clownesque sans auditoire.

 

 

Ceci, avec plus ou moins d’éléments, parait être le cadre  raisonnable  pour répondre aux interrogations sous jacentes au début de ce papier: 

  • Qui a le plus perdu dans le VIIème Sommet des Amériques?: le gouvernement vénézuélien.  
  • Qui a gagné?: La société civile vénézuélienne.  C’est à dire, le peuple et son constant désir d’avancer vers une vie digne.  La révision radiographique de ce qu’il s’est passé à Panama est sans équivoque: le régime agonise et le peuple exige un changement immédiat

 

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PS:  le 10/04/2015 par le biais d’un nouveau dispositif, le Cencoex, le gouvernement à diminué l’accès aux devises, ainsi qu’il impose la détention d’un compte dans une banque appartenant à l’état pour avoir accès aux devises; 

http://elvenezolanonews.com/en-gaceta-cencoex-reduce-asignacion-de-divisas-para-viajes-al-exterior/

 

PS2: Hier 14/04/2015, le président de l’Assemblée nationale a décidé d’éliminer les élections parlementaires et c’est lui qui personnellement choisira les futurs députés.

http://www.el-nacional.com/politica/AN-elimino-derecho-Parlatino-popular_0_610139177.html

 

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