Marta Colomina
Juin 2015
Cela fait des années que les vénézuéliens écoutons les histoires, d’abord avec Chávez et maintenant avec Maduro, qui responsabilisent “l’empire”, le “capitalisme”, la “bourgeoisie” et “l’opposition fasciste”, des graves problèmes économiques et sociales causés par la corruption, le gâchis, et l’incompétence de leurs respectifs gouvernements. Le petit “milliard” demandé en son temps par Chávez au BCV c’est transformé en milliers de milliards dilapidés en cadeaux divers aux pays qu’il visitait et que part son irréfrénable vanité recevaient de si couteux honneurs; ou en guerres imaginaires, que selon ceux qui s’y connaissent en la matière, pourrissent en ferraille dans des dépotoirs divers; ou en “misiones” qui n’avaient pas pour objectif sortir le peuple de la pauvreté, mais d’obtenir des votes lors des élections; et surtout, l’apparition de cette légion de nouveaux riches, les “boliburgueses”, qui ont caché des fortunes à Andorre, Suisse et autres paradis fiscaux. Malgré que les rentrées d’argent ont largement dépassé le billion de dollars, le régime à vidé au fur et à mesure les arches de l’Etat avec des dépenses farfelues et une corruption sans contrôles, générant un scandaleux endettement externe qui a épuisé les réserves de devises si nécessaires aujourd’hui pour l’importation d’aliments et médicaments.
Durant des années nous avons écouté les mensonges comme quoi le Vénézuela atteignait ses objectifs en santé, éducation, alimentation, etc. et que les programmes sociales recevaient d’énormes ressources de la part de l’Etat. Pour que cette tromperie puisse être crédible, le régime a falsifié les statistiques de l’ INE et même celles du BCV, qui ne publie plus les chiffres de l’inflation, pénuries et autres données économiques depuis janvier dernier.
Avec sept ans de retard en la présentation des comptes sur l’accomplissement des obligations du Pacte des Droits Economiques, Sociales et Culturelles à l’ONU, les représentants de l’Etat vénézuéliens se sont présentés au siège des Nations Unies à Genève pour rendre des comptes très en retard. L’Organisation Internationale du Travail a exposé les nombreuses dénonces des syndicats sur les violations de leurs droits au travail et des persécutions dont font objet les représentants des travailleurs, en plus du refus officiel de discuter les contrats collectifs.
L’OIT a refusé que le gouvernement vénézuélien puisse se réfugier derrière la “guerre économique” pour violer le droit de liberté d’association des entrepreneurs et des syndicats, en arrêtant des gérants d’entreprises et des syndicalistes les accusant faussement de déstabilisation et rétention de marchandises: cet argument est tout simplement pas crédible, vis à vis de la situation internationale, selon l’expert Rafaél Echeverría.
Ce refus à ce que le Vénézuela se réfugie derrière la soit disant “guerre économique” fut unanime de la part les experts de l’ONU: lorsqu’il y a des progrès, c’est grâce à la révolution, mais quand il y a des problèmes vous les attribuez à la guerre économique, a réfuté M. Uprimny, un des 18 experts évaluateurs, qui ont en plus demande à la délégation officielle, qu’ils définissent le concept de “guerre économique”, et précisent qui seraient la ou les personnes aux commandes de celle-ci.
La réaction de la délégation fut clownesque: le ministre a demandé un peu plus de respect et de ne pas faire des jugements de valeur, pour ensuite définir la guerre économique comme “les manipulations faites par les marchés internationaux pour faire baisser le prix du pétrole , pour ainsi déstabiliser la monnaie nationale et augmenter les risques de default du Vénézuela”. Ceci le dit Menéndez en évidente ignorance que c’est la “OPEP qui sous la direction de l’Arabie Saoudite redéfinie ses stratégies qui consistent à maintenir le prix du pétrole bas, a fin de conserver les quotas de marché”. Mais ce que Menéndez ne dit pas, c’est que le Venezuela est le pays avec les pires résultat à l’OPEP: nos réserves internationales sont en chute libre, la production du cru a diminué, et notre dette externe est la plus haute de tous les pays membres. Par contre, les autres pays membres ont multiplié leurs réserves internationales, profitant la période des hausses de prix, tout le contraire du gaspillage et corruption chaviste. Donc, la chute du bolívar, la monté du risque de default, les pénuries d’aliments et médicaments et détérioration de la santé publique ne sont en aucun cas le résultat d’une soit disant guerre économique, mais de l’irresponsabilité et de l’incompétence de ce régime.
Les 18 experts des Nations Unies ont discuté aussi sur la violation des droits à la santé, à l’alimentation, au travail, à une qualité de vie, et au droit d’appartenir à un syndicat; ont émis des doutes sur les “plans d’introduire dans les cursus scolaires l’enseignement des valeurs socialistes” car cette démarche n’est pas compatible avec la liberté de l’éducation; sur la dépendance des juges et des procureurs soumis aux directives de l’Exécutif; qu’il n’y ai aucune action à l’encontre de la corruption de l’Etat et ont exposé les chiffres de la croissance de pauvreté depuis bien avant la chute des prix du pétrole. (de 45% en 1998 à 55% cette année)
A la question d’un des expert: “Combien d’enfants se trouvent aujourd’hui à la rue au Venezuela?, Elio Colmenares, ministre adjoint du travail a répondu sans complexes: “Ce problème social a été complètement résolu par la révolution” (!!!)
Si a cette constatation de mauvaise foi et tromperie de la délégation vénézuélienne, aux experts de l’Onu nous ajoutons le rejet de la communauté internationale aux tortures et violation des droits des prisonniers politiques, on comprend mieux l’obsession de Maduro pour en finir d’une fois pour toute avec les quelques médias libres qu’il reste dans le pays, pour mieux fabuler sur les bienfaits de son régime, comme il a été publié par les journaux sous contrôle officiel: “Le gouvernement a exposé à l’ONU les avancées en santé; éducation et emploi”, quand tout le pays se demande pour quoi il n’y a pas de maïs pour les arepas?