Vénézuela: le déshonneur de la dissimulation des gouvernements Latino-Américains

Un des aspects qui décrit le mieux la diplomatie, est la maitrise dans l'usage de la dissimulation.  On ne dira pas “pain” mais plutôt boule de farine cuite, et le vin sera du jus de raisin fermenté.  C’est pour cela que la “Real Academia de la Lengua Española” a définie le terme comme la “science ou connaissance des intérêts et des relations entre les pays” et aussi “ service des Etats pour leurs relations internationales”, et ajoute des teintes un peu plus populaires “courtoisie apparente et intéressée” ou “dextérité, sagacité et dissimulation”.  Et cette dernière description, est avec laquelle on doit se battre les vénézuéliens opposés au régime, lors de l’évaluation de attitude des pays latino-américains face aux dérives de cette mal nommée “révolution”. 

Ce n’est plus un secret pour personne qu’au Vénézuela la Constitution est violée de manière éhontée, que les fonds publics sont utilisés sans gêne par le partit du régime, l’opposition est réprimée violemment et emprisonnée sans justification légale, des campagnes de discréditions sont menées contre les maires et gouverneurs faisant partie de l’opposition, le Pouvoir Judiciaire est soumis aux décisions et désirs du dictateur, les entrepreneurs sont constamment persécutés, la propriété privé n’est pas garantie, la presse indépendante est harcelée, la censure s’est imposée à la liberté d’expression, et les scandales liés à la corruption des membres du régime qui ne font même pas l’objet d’enquêtes on déjà dépassé nos frontières.  Et sur toutes ses irrégularités, les chancelleries latinoaméricaines restent bouche cousue.  Mais ils suffit que le président Barak Obama fasse un décret contre sept fonctionnaires vénézuéliens mouillés jusqu’au cou dans des affaires de corruption de et violation des droits humains, pour que ces mêmes chancelleries sortent de leur léthargie.

De rien n’a servie le communiqué de la Maison Blanche dans lequel il est précisé que l’ordre est émise fondamentalement pour “mettre en pratique la Loi de 2014 relative á la défense des droits humains au Vénézuela et sa société civile”.  Conformément à cela, “les fonctionnaires du Vénézuela qui violent les droits humains de leurs concitoyens et qui soient impliqués dans des affaires de corruption publique, ne seront pas admis aux Etats Unis, et leurs biens ainsi que les comptes qu’ils puissent avoir dans des institutions financières étasuniennes pourront être gelés”.  En plus, le communiqué fait allusion à l‘inquiétude des Etats Unis pour le actions menés par le régime vénézuélien ayant pour but d’intimider l’opposition politique, et en soulignant que les problèmes du pays ne peuvent être résolus par la criminalisation de la dissidence.  Il est aussi signalé, les différents rappels fait au gouvernement vénézuélien pour que soient libérés les opposants politiques injustement emprisonnés, ainsi que l’urgence d’améliorer le climat concernant les droits humains et les libertés fondamentales, comme peuvent l’être la liberté d’expression et la liberté de manifestations pacifiques, qui sont essentielles pour le bon fonctionnement d’une démocratie.  Il met aussi l’accent sur le fait que la seule manière de résoudre les problèmes du pays est à travers un véritable dialogue, et non en emprisonnant l’opposition et en bâillonnant les critiques.  Et pour terminer, il signale que le peuple vénézuélien mérite un gouvernement qui puisse respecter son engagement avec la démocratie, selon se qui est établi dans la Charte de la OEA, la Charte Démocratique Interaméricaine et autres instruments relatifs à la démocratie et aux droits humains.

Les actions prises par Obama contre sept fonctionnaires du régime vénézuélien, s’appliquent uniquement à l’intérieur des frontières étasuniennes.  Donc, il ne ne s’agit en aucun cas d’envahir la patrie de Bolívar, ou de lui déclarer la guerre.  Mais étonnamment, le décret étasunien à mis en mouvement les chancelleries latinoaméricaines, qui la trouvent “décourageante”, comme l’aurait exprimé le chancelier chilien Muñoz.

Sans plus, un commentaire franchement “décourageant” pour la masse opposante qui souffre en permanence des attaques d’un régime qui avec ses pratiques quotidiennes, est comparable aux plus perverses dictatures.

Je ne sais pas où se trouvait M Muñoz, quand Augusto Pinochet exerça con cruel mandat au Chili.  En tout cas, il parait avoir oublié que lorsque c’est produit le coup d’Etat qui a fait tomber Allende, un groupe de jeunes idéalistes, qui croyaient en la Justice, la Démocratie et l’Etat de Droit qui venaient de terminer leurs études à la Faculté de Droit de la UCV à Caracas, ont décidé d’honorer leur promotion du nom de Salvador Allende.  Ce fut un geste qui eu une grande valeur pour les chiliens démocrates qui on en eu connaissance.  Mais plus notoire fut la position des différents gouvernement vénézuéliens (AD et Copei) qui ont multiplié les actions au bénéfice de l’opposition chilienne qui fut persécutée à feu et à sang par les militaires de leur pays.  Innombrables asilés à notre ambassade ont put sauver leurs vies grâce  à l’appui du Vénézuela.  Et en plus, les différents gouvernements vénézuéliens ont toujours aidé les prisonniers de cette terrible dictature, faisant les démarches nécessaires pour obtenir leur liberté, comme ce fut le cas pour Orlando Letelier.  Et beaucoup de chiliens sont venus au Vénézuéla à la recherche de paix et liberté, et on trouvé du travail et une vie digne.

Des actions similaires ont été menés par les gouvernement de la si critiquées IVème République, pendant les régimes dictatoriales en Amérique Latine: Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, Bolivie, Pérou, Equateur et une bonne partie  d’Amérique Centrale et des Caraïbes.

Et aujourd’hui, qu’une grande majorité de vénézuéliens souffre des actions d’un régime dont la façade démocratique n’est plus qu’une coquille vide, nos “frères d’Amérique” se conduisent de manière sibylline et lâche, car personne ne veut affronter avec le maitre et seigneur de la poule aux oeufs d’or, un peu épuisée la pauvre poulette.

Aucun d’entre eux n’a même pas réussi la libération d’un seul prisonnier politique.  Et avec cette attitude, les gouvernement latino-américains mettent à mal la démocratie et ses valeurs.

Heureusement pour nous, le vent commence à souffler à notre faveur, et depuis l’Europe apparait une lueur d’espoir.  L’Espagne et la Commission Européenne se penchent sur le sujet et s’accordent a proposer une demande de libération pour Leopoldo López, Antonio Ledezma et Manuel Ceballos, ainsi que tous les autres opposants, étudiants et manifestants encore privés de leur liberté depuis les manifestations pacifiques de 2014.

 

Et aux vénézuéliens il ne nous reste plus d’autre alternative qu’attendre nos frères latino-américains au tournant, non pas pour nous venger, mais pour leur montrer, encore une fois, ce que veux dire agir avec honneur.

 

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