Le racisme anti noir, honte de l’humanité

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Le monde n’en finira-t-il donc jamais avec ses vieux démons ? Quand parviendra-t-il enfin à extirper de ses racines le poison mortel qu’est le racisme ? Comment en 2020 peut-on encore assister à ces scènes odieuses de violences à l’encontre d’une minorité de personnes au prétexte que leur couleur de peau est différente de celle de la majorité ? L’abolition de l’esclavage n’a guère fait évoluer les mentalités de certains, je pense aux suprémacistes blancs américains comme aux nostalgiques français du temps des colonies. Pour eux à l’évidence le temps s’est figé au XIXe siècle.Le racisme est avant tout une vision, une conception idéologique du monde. Le noir, le juif, le gitan, pour ne citer qu’eux sont, pour les tenants de ces théories mortifères, des sous-hommes, soit du fait de leur religion, ou de leur couleur de peau. Et pour que ce racisme prospère il faut un terreau favorable. C’est le cas en Amérique où des petits blancs se sentent dépossédés, exclus d’une société qui les rejette, surtout au lendemain de grandes crises économiques, il suffit alors d’une étincelle pour que le brasier renaisse de ses cendres. C’est ce qui s’est passé avec la mort de Georg Floyd. Un décès qui s’assimile aujourd’hui à un meurtre tant l’action agressive du policier a été délibérée. Après quelques jours d’hésitation la justice a tranché il s’agit bien d’un assassinat et plusieurs de ses collègues, considérés comme ses complices, devront eux aussi en répondre. On ne devrait plus assister à ce genre de scène xénophobes au 21ème siècle au pays soi-disant de toutes les libertés.


En France aussi les relents de racisme, d’antisémitisme, sont toujours présents. Ils sommeillent au fond de certains esprits haineux et ne demandent qu’à se réveiller. Qu’il y ait un mouvement migratoire un peu plus important et aussitôt des voix venues d’une extrême-droite nourrie à la peste brune s’élèvent et réclament des actions répressives. La moindre provocation peut alors dégénérer en actes incontrôlés de quelques policiers qui n’ont de républicains que le nom sur leur écusson « compagnies républicaines de sécurité ». Pourquoi le nier, il existe une infime proportion d’entre eux ouvertement raciste comme il existe des policiers ripoux, heureusement en nombre réduit.

C’est à nos hommes politiques, à l’encadrement des forces de sécurité, de rappeler à l’ordre ces extrémistes qui se trouvent dans les rangs de la police « nationale ». Le délit de faciès est banni dans ce pays et un homme en vaut un autre quelque soit sa couleur de peau et ses convictions religieuses. La société française s’honore d’être multiculturelle et multiraciale, c’est ce qui fait sa richesse, comme aux Etats-Unis d’ailleurs. D’un côté de l’Atlantique, au fil des siècles, nous avons, nous européens « exportés » d’Afrique des hommes et des femmes pour peupler certains de nos départements d’Outre-mer et de l’autre côté de l’Atlantique l’Amérique les a exploités, main d’œuvre bon marché, dans ses mines, ses industries et ses champs de coton. Nous avons les uns et les autres une dette envers ses populations car ils ont contribué, à leur dépens, à construire nos pays.
Malheureusement certaines idéologies porteuses de haine, le nazisme en Europe et le Ku Klux Klan aux Etats-Unis n’ont jamais admis qu’un homme puisse en valoir un autre du fait de sa race, de sa couleur ou de sa religion. Il nous faudra encore beaucoup de temps pour parvenir à une égalité entre nous, on le voit aussi s’agissant de l’égalité entre les hommes et les femmes, mais c’est l’honneur d’une civilisation que d’y travailler.
Alors un jour viendra où ces attitudes criminelles, ces réactions malsaines, ces propos nauséabonds disparaîtront de notre univers et nous pourrons enfin vivre en toute fraternité les uns et les autres. Puisse Allah faire que ce jour arrive le plus tôt possible

Fatoumata Chérif DIA,
Vice présidente du mouvement

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