Gilets jaunes, Qui pour parler avec le gouvernement ?!

Le mouvement des GJ et avec lui les aspirations populaires sont délégitimés aux yeux de l'opinion par son absence de « chef ». Subvertissons ces faux arguments en les retournant un par un comme des gants en instituant correctement des binômes de représentants périodiquement tirés au sort dont le rôle se limitera strictement à rendre compte des décisions démocratiques de leur Assemblée d'origine.

 

"Qui pour parler avec le gouvernement ?"

 

***POUR LA VICTOIRE DES LÉGITIMES ASPIRATIONS POPULAIRES***



Le mouvement des Gilets jaunes est progressivement délégitimé aux yeux de l'opinion publique du fait de son manque de structuration qui le condamne à être confisqué par des "porte-parole" autoproclamés, "idiots utiles" des pouvoirs médiatique et gouvernemental.
En particulier, les médias présentent systématiquement l'absence de "chef" comme la faiblesse principale du mouvement alors même que c'en est la grande force ; parallèlement, ils assimilent les soutiens au mouvement aux sympathisants fascistoïdes et cela n'est possible que du fait de l'état général des forces, idées et valeurs de gauche récupérés par la droite dure depuis des décennies à l'occasion des renoncements des partis "sociaux-démocrates".

Subvertissons ces faux arguments en les retournant un par un comme des gants !

La solution est limpide et tient en trois points à mettre en place très fermement et rapidement, ce qui assurera la victoire à brève échéance :

  1. Structurer le mouvement depuis les Assemblées locales ("AL" en associations 1901) jusqu'à l'Assemblée citoyenne ("AC" !) en passant par les Assemblées départementales et/ou régionales (l'échelon pertinent est à discuter rapidement, les deux seraient véritablement lourds à administrer) ; considérons l'Assemblée citoyenne comme l'émanation opérationnelle de l'Assemblée des Assemblées, elle serait une "fédération d'associations" (c'est-à-dire une association 1901) ;

  2. Couper court à toutes les manœuvres de décrédibilisation médiatiques et politiciennes en établissant la **nomination périodique par tirage au sort** de représentants à chacun des échelons cités plus haut ; ces tirages au sort seront très fréquents (mensuels voire moins si c'est matériellement possible) et respecteront strictement la parité homme/femme ;

  3. Accepter dès lors que ces représentants temporaires, toujours différents et pourtant toujours légitimes, transmettent scrupuleusement et seulement les positions de leur groupe d'origine aux "débats", "partenariats" et autres "négociations" ! Il faudra bien sûr défrayer ces représentants pour leur mission : les associations 1901 faciliteront cela.

 

Non, ne m'opposez pas que cela signifierait une "hiérarchie" (du national sur le local et donc mécaniquement de telle personnalité sur telle autre) qui condamnerait le mouvement à être récupéré :

  1. d'une part, [EDIT 02 mars 2019 : et sauf à envisager des décisions toujours collégiales et toujours portées par les collectifs eux-mêmes (modèle improbable dans la durée mais surtout impraticable dès lors qu'il faudra négocier et décider avec les autorités)], il semble effectivement indispensable que le mouvement réponde à cette question des "représentants", critique formelle justifiée et pertinente au point où nous sommes rendus actuellement :"Qui pour parler avec le gouvernement ?" : eh bien, pas M. X ou Mme Y, plus entreprenants que d'autres sur tel ou tel application téléphonique, mais bien M. X ou Mme Y, légalement désignés au travers du mécanisme de tirage au sort - parmi des candidats ou non, c'est à déterminer - au sein des associations locales, régionales et nationale ;

  2. d'autre part, au contraire, c'est en se privant d'une telle "force de frappe" que le mouvement court les risques de s'essouffler et pire d'être récupéré par les forces réactionnaires de droite alors qu'il porte fondamentalement des aspirations de gauche !

  3. Enfin, la hiérarchie national / local ne portera pas à conséquence à la condition que le principe de non-personnalisation durable soit respecté à l'échelon national comme aux échelons local et régional ; c'est naturellement là, au plan national beaucoup plus médiatisé et siège potentiel de "pouvoirs" variés, que les gilets jaunes désireux d'être "intégrés dans le système" (électoraliste) feront des pieds et des mains pour rester "la représentante" ou "le représentant" : c'est donc là qu'il faudra être le plus intransigeant sur ce principe de non-personnalisation durable qui n'est finalement que l'illustration de l'égalité politique des citoyens.

Voyez bien ce qui est extrêmement puissant dans ce modèle simple : les binômes de représentants périodiquement tirés au sort n'ont pas à présenter telle ou telle caractéristique individuelle qui en feraient des interlocuteurs "acceptables" aux yeux des médias et des dirigeants en place dès lors que leur rôle se limite strictement à rendre compte des décisions démocratiques prises au sein de leur Assemblée d'origine ! Même si j'ai peur de parler en public ou n'aurais pas été capable de concevoir ou formuler les revendications de mon groupe, je suis capable de les porter et de les exprimer durant une semaine, quinze jours ou un mois avant de passer le flambeau à un successeur, lui aussi aussi légitime que... temporaire !

Ainsi les revendications seront-elles à la fois validées formellement par le fonctionnement très connu d'une association 1901 (avec son AG et son Bureau ; lieu de tous les traquenards de pouvoir, le C.A peut être supprimé) et portées par ces "chefs" réclamés par les médias et les autorités, quand bien même ils et elles ne seront... que des chefs d'un jour :-)

Toute la subtilité est là et nous pourrons ainsi faire advenir dans des processus de décision effectifs des questions très variées, des plus concrètes au quotidien (temps de travail, niveau de salaire, organisation du travail dans l'entreprise, etc) aux plus compliquées (réforme démocratique de l'Europe néo-libérale, "transition écologique", etc).

EDIT le lundi 28/01 - Le temps presse : simultanément, le gouvernement fait avancer son "Grand débat national" et bientôt la fenêtre permettant de le forcer à discuter du fond en des termes qu'il refuse se refermera durablement.

Dans l'espoir de semer la graine et que vous la récoltiez... c'est-à-dire que nous la récoltions toutes et tous ensemble,

Fraternellement,
Un paquet d'onde

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