Le fantôme de Bobigny

Licencié en janvier mais pourtant toujours inclus dans l'offre de reprise de NJJ, la présence d'un ancien directeur général d'une des sociétés du groupe Paris-Turf laisse planer un sérieux doute sur la chronologie des événements. Et si finalement tout avait été planifié bien avant le lancement officiel de la procédure de prépack-cession...

Le saviez-vous ? Le tribunal de commerce de Bobigny est hanté. Un fantôme a en effet plané sur l'audience du lundi 22 juin. Oh, il n'est pas arrivé là par hasard. Il s'était déjà invité dans le dossier. Dans un dossier, plus précisément, celui de NJJ, repreneur potentiel alors, couronné depuis ce mardi 30 juin. Dès sa première version, l'offre de NJJ mentionnait comme directeur général d'une des sociétés du groupe un salarié qui avait quitté l'entreprise depuis des mois.

Un drôle d'anachronisme puisque ce salarié avait été licencié brusquement, à la toute fin du mois de janvier. Il n'était donc plus dans l'entreprise au moment où le dossier de reprise a été réalisé. Soit, donc, ce fantôme s'est couché sur le papier au détriment des instigateurs de l'offre, soit la constitution des pièces est antérieure à l'ouverture de la procédure ; dans ce second cas se poserait un problème d'anticipation d'une situation de cessation de paiement... On n'aurait quand même pas orchestré l'écroulement apparent de l'édifice ?

La puce était mise à l'oreille des « ghosbusters » ; sans doute le fantôme s'évaporerait-il dès l'édition suivante de l'offre de reprise. Mais le bougre tenait à sa place et la conservait dans les dossiers suivants de NJJ. Non, vraiment, celui-là s'incrustait durablement, narguant les concepteurs des documents, sans doute distraits.

Un fantôme sur le papier n'est de toute façon pas un fantôme dans la réalité. On arrivait « dans le dur ». L'audience pointait au tribunal. Là, on ne rentrait pas comme ça. Portique de sécurité. Greffier pour filtrer l'accès à la salle d'audience. Ne croyez-vous pas que l'ingénu a réussi à passer là où les délégués syndicaux, malgré une demande, n'avaient pu pénétrer ? Il a bien berné son monde (lui aussi). Il est même consigné comme bien présent sur le rendu du jugement. Un beau pied de nez.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.