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Billet de blog 4 mai 2012

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Sarkozy, le communautarisme, le cholestérol

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Pour Nicolas Sarkozy, le communautarisme, c’est comme le cholestérol : il y a le bon et le mauvais.

Dans le débat l'opposant à François Hollande, mercredi 2 mai 2012, Nicolas Sarkozy a réitéré l'argument selon lequel accorder le droit de vote aux immigrés pour les scrutins locaux risquerait de provoquer un vote communautaire. Comme l'a souligné François Hollande dans sa réponse, c’est avant tout le vote musulman que le président visait.

Il serait en effet dommage et même contraire à la conception républicaine de la démocratie que les citoyens fassent dépendre leur vote du seul critère de leur appartenance communautaire.

Mais ce risque existe-t-il seulement pour les immigrés musulmans comme semble penser Nicolas Sarkozy ?

Le problème de Nicolas Sarkozy n’est pas le vote communautaire mais l'islam. Il est d'autres votes communautaires qu'il ne dénonce pas et qu’il a même cherché à courtiser. C’est le premier président de la république à avoir assisté, et chaque année, au dîner annuel du CRIF. Il a d'ailleurs obtenu 83 % des votes des français établis en Israël au premier tour de l'élection. Malgré la censure du Conseil constitutionnel, il a annoncé qu'il déposerait une nouvelle loi pénalisant la négation du génocide arménien. C'est bien sûr un appel direct aux Français d'origine arménienne. Il a nommé un responsable à l’UMP pour s'adresser spécifiquement aux communautés asiatiques. On se rappelle du discours de Latran. Il a par la suite envoyé de nouveaux messages spécifiques aux catholiques désorientés par son comportement personnel et ses propos sur les Roms, pour reconquérir leur vote.

Il y a donc pour lui le bon et le mauvais communautarisme. Celui qu'il est légitime de séduire et celui dont on condamne l'existence.

Cette conception comporte de nombreux risques. Le premier est tout d'abord, non pas de combattre, mais de renforcer le communautarisme musulman, la stigmatisation conduisant à un repli identitaire. Les musulmans pourraient par ailleurs être tentés de plus et mieux s’organiser pour peser en tant que tel sur les décisions politiques. Il y a également le risque d'introduire une concurrence entre les communautés qui loin de réduire les tensions viendrait les aviver.

Entre les musulmans et les autres, la nature des réactions apaisées, normales ou antagonistes et basées sur la peur réciproque, est un enjeu essentiel, non seulement pour l’avenir de la société française, mais également pour le rayonnement de la France dans le monde.

À dresser un mur psychologique entre immigrés et Français, entre musulmans et non musulmans, Nicolas Sarkozy joue avec le feu.

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