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Billet de blog 31 oct. 2013

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Argent à volonté pour le NSA

Comme Alain Bauer, grand spécialiste de l'espionnage, ce matin à France Inter semble ne pas prendre le système d'espionnage américain au sérieux, voici ma contribution pour montrer au contraire la redoutable efficacité qu'on peut attendre de l'espionnage électronique combiné à de l'espionnage classique dès lors qu'on comprend que le but visé est l'espionnage économique à grande échelle.Quand une auditrice demande combien les pays dépensent pour l'espionnage, et combien cela rapporte, elle nous met au cœur de la problématique ! C'est la colossale dépense des États-Unis qui devrait nous faire tilter, en particulier si on est des spécialistes du sujet comme M. Bauer et M. Urvoas. Les réponses qu'ils lui feront sont, hélas, alambiqués et brouillonnes. Réécoutez en particulier les explications de M Bauer quand il compare l'espionnage américain et celui des anciens pays colonisateurs en se moquant du premier. C'est sur une vision ancienne qu'il élabore sa pensée. Cela explique pourquoi il ne peut pas voir ce que nous avons sous les yeux : un vaste système d'espionnage économique. On répondra entre autre à notre auditrice que le congrès américain publie les dépenses consacrées à l'espionnage mais sans citer de chiffre.Je vous invite à aller sur ce lien très documenté:http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_Communityon y apprend entre autre que le National Intelligence Program (NIP) auquel appartient le NSA et le Military Intelligence Program (MIP) représentent respectivement 54 milliards et 22 milliards de dollars donc en tout 76 milliards dépensés en 2012 pour la seule activité de l'espionnage. Pour situer, c'est plus que ce que nous dépensons pour l'éducation nationale, notre plus gros budget. Personne ne doute que l’éducation est un excellent investissement sur l'avenir, justifiant cette énorme dépense. He bien si les États-Unis dépensent encore plus pour l'espionnage, il faut aussi que cela soit « diablement » rentable. C'est ce que je compte démontrer. 

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Comme Alain Bauer, grand spécialiste de l'espionnage, ce matin à France Inter semble ne pas prendre le système d'espionnage américain au sérieux, voici ma contribution pour montrer au contraire la redoutable efficacité qu'on peut attendre de l'espionnage électronique combiné à de l'espionnage classique dès lors qu'on comprend que le but visé est l'espionnage économique à grande échelle.

Quand une auditrice demande combien les pays dépensent pour l'espionnage, et combien cela rapporte, elle nous met au cœur de la problématique ! C'est la colossale dépense des États-Unis qui devrait nous faire tilter, en particulier si on est des spécialistes du sujet comme M. Bauer et M. Urvoas. Les réponses qu'ils lui feront sont, hélas, alambiqués et brouillonnes. Réécoutez en particulier les explications de M Bauer quand il compare l'espionnage américain et celui des anciens pays colonisateurs en se moquant du premier. C'est sur une vision ancienne qu'il élabore sa pensée. Cela explique pourquoi il ne peut pas voir ce que nous avons sous les yeux : un vaste système d'espionnage économique. On répondra entre autre à notre auditrice que le congrès américain publie les dépenses consacrées à l'espionnage mais sans citer de chiffre.

Je vous invite à aller sur ce lien très documenté:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_Community

on y apprend entre autre que le National Intelligence Program (NIP) auquel appartient le NSA et le Military Intelligence Program (MIP) représentent respectivement 54 milliards et 22 milliards de dollars donc en tout 76 milliards dépensés en 2012 pour la seule activité de l'espionnage. Pour situer, c'est plus que ce que nous dépensons pour l'éducation nationale, notre plus gros budget. Personne ne doute que l’éducation est un excellent investissement sur l'avenir, justifiant cette énorme dépense. He bien si les États-Unis dépensent encore plus pour l'espionnage, il faut aussi que cela soit « diablement » rentable. C'est ce que je compte démontrer.

argent à volonté pour le NSA.

Ce qui, il y a 3 mois était supposition, est non seulement validé mais permet d'aller plus loin : grâce à l'analyse des documents récupérés par Snowden, nous avons cette fois-ci la preuve que les États-Unis, sous prétexte de lutter contre le terrorisme, pratiquent bien l'espionnage économique massif que ce soit via leurs 9 majors du numérique (google, skype, apple, microsoft....) dont nous utilisons les services tous les jours ou par d'autres moyens que nous découvrons en ce moment.

Depuis ces récentes preuves, que répond Obama aux responsables Européens qui viennent pleurer dans son bureau? Que tous les pays pratiquent l'espionnage économique, qu'on ne peut donc pas le reprocher à son pays. Ce qui est vrai, mais on aurait tort de s'en arrêter là et de passer à autre chose.

Les moyens engagés par les uns et les autres sont totalement disproportionnés et dans un cas, on est chez le docteur Folamour de Kubrick, c'est à dire chez des timbrées, certes très intelligents, mais qui devraient, pour notre sécurité à tous, américains compris, se trouver dans des hôpitaux psychiatriques. En effet, tandis que tous les autres pays font de l'espionnage à l'ancienne et « raisonnable », ce sont chaque année des milliards de dollars, presque un million de fonctionnaires et d'employés de sociétés privées que les États-Unis emploient pour cette seule activité. Pourquoi autant d'efforts si c'est juste pour la chasse aux terroristes? Totalement irrationnel économiquement: les méthodes traditionnelles suffisent largement. Alors pourquoi ?

Peut-être trouverez vous d'autres raisons, et je suis preneur, mais pour moi il y en a une, et à mon avis une seule justifiant une dépense aussi énorme (comparable au budget de notre éducation nationale) : des frappadingues obnubilés par gagner la guerre économique visent à se donner les moyens d'être au courant de toutes les stratégies commerciales adverses à travers le monde dans le but de donner un avantage compétitif considérable à ses propres entreprises. En effet, si on est au courant de la stratégie adverse suffisamment tôt, on peut corrompre, déstabiliser le négociateur par sa vie privée, et pourquoi pas faire tomber un pot de fleur sur son passage si décidément il ne veut rien entendre.

Tout savoir sur chacun, voilà le maître des pouvoirs pour l'oligarchie qui le détiendrait. Ce vieux mythe est devenu réalité parce que la technologie désormais le permet et de par la folie de quelques-uns d'entre nous qui ont décidé de l'utiliser ainsi.

En effet, le système mis en place par les décisionnaires américains permet l'espionnage économique généralisé. Pour cela, il faut stocker une mer d'informations que nous livrons nous même via Facebook Google, Skype etc. Les enquêtes menées depuis ont démontré que ces entreprises ont donné leurs accords au NSA et qu'ils sont rétribués pour leur acceptation. Ce pillage des données ne se fait donc pas à leur insu mais celui de leur clientelle.
http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-la-nsa-paye-des-millions-de-dollars-pour-espionner-les-communications-54880.html

Cette volonté de stocker dans les énormes serveurs du NSA, tout ce qui transite par internet et que l'utilisateur pense ne pas laisser (appel telephoniques, messageries, tchat, etc), coûte une fortune. Le NSA le fait depuis 2007. Chaque année, il agrandit son parc de stockage: 2 milliards de dollars dépensés cette année dans ce but. Mais comme les serveurs coûteront de moins en moins cher, le NSA pourra stocker toujours plus de données, surtout si nous prenons l'habitude de confier nos données les plus importantes aux clouds sur des serveurs américains puisque cela reviendrait à les payer à la place du NSA. On comprend pourquoi les 9 majors du numerique (et d'autres) nous y incitent en faisant jouer la fibre de la modernité et voudraient nous faire travailler sur des logiciels en ligne. Tout le monde veut être moderne, plus exactement, ne pas être étiqueté « ringard » par les autres, n'est ce pas? Cette ficelle utilisant une de nos fragilités d'animaux ultra-sociaux marche toujours. La publicité use et abuse de ces messages d'asservissements. Par la suggestion du plaisir, ou celle de l'appât du gain, ou celle de la peur d'être rejeté du groupe (ringard), « on » compte bien obtenir le consentement du citoyen pour qu'il s'asservisse lui-même selon ces méthodes bien rodées.

Le 2eme point qui nous paraît impossible : comment trouver la bonne information dans une telle masse qui ne cesse de croître, avec des « n'oublie pas de ramener le pain en rentrant ce soir » ? N'est-ce pas chercher une aiguille dans une botte de foin? répondait le béotien moqueur que j'étais avant l'affaire Snowden, comme M Bauer aujourd'hui à france Inter.

En réalité ce n'est pas la partie la plus difficile. Le NSA a engagé des « têtes »  sorties de grandes écoles américaines, appâtées par de bons salaires, recevant des compliments pour combler leur soif de reconnaissance à leur génie, ceci afin qu'ils développent de puissants algorithmes comme Prism (il y en a d'autres) sans qu'ils réfléchissent aux conséquences que cela signifie. On peut alors pêcher par des mots clés ce que l'on veut savoir sans avoir au préalable à écouter ou à lire pour de vrai l'ensemble de la mer d'infos collectées, ce qui serait impossible et sans intérêt. La seule étude de nos métadonnées passées au crible des algorithmes permettent de trouver rapidement par nos goûts, notre métier, nos réseaux professionnels et amicaux les personnes à approcher dans le cadre d'un espionnage économique. Ensuite et seulement alors, comme les données sont stockées sur leurs serveurs, « on » écoute et on lit tout ce qui concerne cette personne.

 La seule vraie difficulté à un tel projet était bien d'abaisser le coût du stockage pour qu'économiquement cela soit compatible avec le but recherché. Désormais ce n'est plus un problème.

Poursuivons. Le travail approfondi de lecture sera réservé à des spécialistes en économie, eux aussi sorties de grandes écoles, eux aussi accomplissant leurs tâches quotidiennement sans se poser trop de questions morales, même s'ils ont suivi des cours de philo. Il faut bien gagner sa vie. Vu la raréfaction du travail lié aux nouvelles technos, et la non-redistribution des énormes gains de productivité à l'ensemble de la société, c'est une chance d'être embauché par le NSA. Les chefs sont gentils. On y est complimenté pour ses trouvailles. C'est bon pour l'égo. On finit même par croire à son génie. Aussi, c'est sans trop d'états d'âme qu'ils analysent les pépites qui sortent des algorithmes et décident des actions à mener. Soyez sûr alors que les mails même des plus petits salariés, le subalterne qui commande le billet d'avion pour son patron jugé récalcitrant, seront lus en clair pour aller fixer le pot de fleur au-dessus de son siège. Par la séparation des tâches, notre économiste ne saura pas tout cela et pourra dormir tranquille. Même si quand même.....en faisant ce travail jour après jour... Mais non ce n'est pas possible... Les USA sont une grande démocratie... Cette vérité ne peut être remise en cause. Et pourtant, ce que j'ai là sous les yeux.... C'est peut être dit Snowden avant d'enfoncer sa clé usb.

Je constate que sur le presque un million de personnes travaillant pour les intelligences services américains, seul un Snowden et 5 autres ont compris l'immoralité du projet et décidé de le révéler au monde. Répétons-le, ce ne sont pas les premiers venus qu'on embauche mais des personnes ayant fait de brillantes études. Comment ne sont-ils pas plus nombreux à réaliser qu'en accomplissant ces tâches, ils se mettent en danger eux même, en fonction des évolutions politiques ? Quelle est cette insouciance à oublier nos cours d'Histoire? Il nous faut reconnaître que dans certaines conditions de manipulations acceptées, jouant sur nos fragilités humaines, sur nos pulsions de vie et de mort, nous devenons massivement pervers et aveugles. Si on voulait une société protectrice de nos intérêts de base, il nous faudrait répondre à cette question: quelles conditions mettre en place pour que ce soit le meilleure de nous même que nous offrions à la collectivité et non celles qui favorisent ce qu'il y a de plus dégradant, de plus destructif, cette autre part de nous même?

Sans oublier que l'économie est le sang de toute société. Quel fin imaginer pour un pays qui ne réagirait pas, parce qu'il ne croit pas qu'un espionnage aussi massif soit possible, ou ferait semblant de ne rien voir par peur, et qui continuerait à vaquer sans rien changer à ses habitudes? Et si pire! Qui en redemanderait en signant de nouveaux accords économiques avec ce pays (l'accord transatlantique sur le commerce et l'investissement en cours de négociation)

Voila ce qu'on peut deviner en recoupant des articles de journaux plus ou moins pertinents sur l'affaire Snowden, en questionnant wikipedia sur le fonctionnement de l'intelligence service américain, avec quelques connaissances de la nature humaine et quelques déductions logiques.

Nous sommes donc dans une situation merdique. Cela ne sert à rien de se cacher les yeux. Le reconnaître permet de réfléchir.

Confirmé par les dégâts massifs que nous produisons et qui se retournent contre nous-mêmes, je comprends que ces nouvelles technos impliquent la démocratie. Les 2 sont désormais liés.

- Si notre espèce ne perçoit pas cette urgente nécessité à l'établir, nous nous brûlerons.

- Si personne ne veut lui consacrer du temps rendu potentiellement possible du fait des gains de productivité colossaux actuel, nous nous brûlerons.

Tant qu'on utilisait des lances de bois, on pouvait s’entre-tuer sans remettre en cause l'espèce. Ce temps est fini: Nous devons avoir le niveau d'intelligence nécessaire à la maîtrise de l'utilisation de nos technologies. Il devient urgent d'établir un nouveau contrat social pour bénéficier des avantages formidables de ces nouvelles technos tout en nous mettant à l'abri de la folie de quelques-uns. Même s'il a fonctionné un temps, celui en cours ne nous le garantit plus, sinon la dégradation de la planète ne serait pas si rapide.

La cryptologie à notre secours ? Un moindre mal mais elle ne peut remplacer la sécurité d'un contrôle démocratique. Depuis 2007 le NSA stocke nos données. Ainsi tous les fichiers cryptés d'entreprises ou non de cette époque deviennent lisible relativement rapidement avec les technos de 2013. il me semble évident que pour la sécurité des peuples, les Microsoft, Google, Facebook etc ne peuvent plus appartenir à des sociétés privées et qu'ils doivent passer sous le contrôle d'instances démocratiques mondiales.

Pas de rustine possible. Les solutions seront démocratiques, ou nous ne serons plus. Quelles punitions en contrepartie pour inventer des technos si interessantes ? Utiliser le temps qu'elles nous permettent de libérer pour s'éduquer, pour s'ouvrir les yeux, pour développer nos personnalités, pour jardiner notre démocratie, pour veiller sur elle, et accorder cela à tous, même aux plus riches, les plus tentés à utiliser la partie sombre de nos technologies.

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