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Billet de blog 15 nov. 2011

Fraude sociale : un leurre, fait pour cacher les échecs de la majorité

pascal terrasse
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"Contre les fraudeurs et pour les travailleurs" : le chef de l'Etat recycle les slogans de campagne de 2007. De qui Nicolas Sarkozy se moque-t-il?

La fraude sociale existe, il ne faut pas la nier, et être ferme sur les dépenses sociales au moment où des efforts d'économie immenses sont demandés à chacun d'entre nous pour redresser nos comptes publics. Mais l'estimation de 20 milliards est purement fantaisiste, c'est un chiffon rouge agité par une droite qui n'a plus ni cap, ni solutions pour redresser notre pays.

Cette stigmatisation permanente, qui instille au coeur de notre société le poison de la suspicion et l'appel à la délation, n'est qu'une diversion pour remobiliser son électorat et détourner l'attention des français des vrais sujets.

Le gouvernement ne s'attaque pas aux racines du problème : la majorité des arrêts maladie concernent des personnes de plus de 50 ans qui souffrent de la pénibilité de leur travail. La réforme injuste des retraites n'a fait qu'aggraver leur situation. Pourquoi le gouvernement ne parle-t-il pas de ces travailleurs qui renoncent à des arrêts maladie légitimes par peur de perdre leur emploi? De plus, avant de pourchasser les fraudeurs aux prestations sociales, pourquoi le gouvernement ne s'attaque t il pas au thème, certes moins populaire dans son électorat, des niches sociales, qui représentent des sommes bien plus importantes? Pourquoi ne pas aborder le sujet du travail non déclaré, qui représente un manque à gagner évalué entre 4 et 8 milliards d'euros par an, et que des mesures telles que la hausse de la TVA qui est prévue ne feront qu'encourager? Pourquoi ne pas dire que les premiers responsables des fraudes sociales ne sont pas les chômeurs ou les malades, mais les employeurs?

Le gouvernement, une fois encore, fait appel à des mécanismes de stigmatisation bien connus à de simples fins électorales. C'est indigne, car les personnes visées sont très souvent les premières victimes d'une crise dont elles ne sont pas responsables. Un président digne de ce nom, en temps de crise, devrait avoir à coeur de reconstituer le lien social, plutôt que dresser les français les uns contre les autres.

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