Le manège du monde

Le monde m'a écrasé, écrabouillé comme un ver de terre
l'injustice, la traîtrise, la naïveté m'ont rendu amer
les rouages, la bureaucratie, la hiérarchie ont aliéné la liberté
la nature, la culture, la beauté, l'amour, tous le méritaient
ces petits gladiateurs se battent pour survivre en réalité
les hommes, ces enfants préoccupés de leur nombril
ces menteurs et hypocrites qui falsifient la vérité
n'ont pour soucis que leur mérite et l'inégalité
l'horreur et l'erreur, ils s'empressent de les oublier
toute puissance des possédants sur le marché
toute puissance des maîtres sur les possédés
toute puissance du passé sur le présent
toute puissance des prévisions révisionnées
ils s'enchaînent avec plaisir pour ne pas penser
ils se démènent pour ne pas tomber
mais la sauvagerie règne là où la loi s'efface
la loi s'efface devant les privilèges
il neige des miroirs et des glaces
et tous tournent dans ce manège
sans changer de place.

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