pascal villaret
Poète, penseur, geek
Abonné·e de Mediapart

24 Billets

0 Édition

Billet de blog 15 janv. 2020

Un toit pour toutes et tous : soutenez l'Hôtel de la Rue

Edson Laffaiteur a créé son association (La Roue Tourne) et a réquisitionné, après avoir vu sa demande préalable refusée par la mairie, avec ses camarades d'infortune, le 91 route des Romains à Strasbourg, bâtiment appartenant à la municipalité de Strasbourg, et doit passer au tribunal (TGI) pour occupation illégale d'un bâtiment public le 25 février 2020 à 9h. J'appelle à le soutenir.

pascal villaret
Poète, penseur, geek
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pétition : Un toit pour toutes et tous : soutenez l'Hôtel de la Rue
Page Facebook La roue tourne Strasbourg
Profil Facebook de Edson
Cagnotte

Interview du 24/01/2020 par le ZedrickShow sur Radio Arts-Mada

Articles par Eliot pour Le Est Time
13 janvier - 1
13 janvier - 2
14 janvier

Rencontre avec Edson LAFFAITEUR, créateur de l'hôtel de la rue. Partie 1 :

Edson Laffaiteur est arrivé à 10 ans en France. Se retrouvant à la rue, il y a 8 ans, il décide alors de partir en Espagne pour lancer un mouvement appelé Kasa o Koupa. Un mouvement consistant à lutter contre la pauvreté espagnole, en se battant pour aider et reloger les SDF, se battre contre le capitalisme bancaire et occuper toute maison ou bâtiment appartenant à l'état. Interpellé au bout de 3 ans, il a été interdit de territoire, et a décidé de partir de ses propres moyens. De retour en France, il a fait le trajet jusqu'à Perpignan en train, puis du stop jusqu'à Strasbourg. Se trouvant à la rue, il décide d'appeler le 115. Ils lui ont conseillé un point de rencontre avec passage d'une maraude de l’association Abribus, qui lui propose une place pour la nuit au bâtiment des remparts a Strasbourg. Le lendemain, il rappelle le 115, ils lui répondent d'aller voir une assistante sociale. En allant la voir, elle lui trouve une place pour 7 nuits 91 route des Romains a Strasbourg. Edson a cherché le 91 pendant 4 jours et dormait sur le toit d'un bâtiment. Après l'avoir enfin trouvé, il y passe 2 nuits avant de repartir pour le toit, ou il se trouvait mieux. 2 semaines après, il abandonne son toit pour retourner au foyer des remparts où il passe un mois et demi. Ayant une situation de travail aux horaires compliqués, il fuit l’hébergement pour enchaîner deux travails en usine à la suite. Il dormait à ce moment là dans le parc des glaciers. Ayant remarqué que ceux sans travail étaient plus rapidement pris en charge que ceux qui donnaient corps et âme pour s'en sortir, il décida alors d’arrêter le travail. Il décide d'aider ses amis du parc en essayant d'organiser un concert, avec fond reversé aux SDF du parc. On lui répondit qu'il ne pouvait rien faire puisqu'il n'a pas de statut associatif, alors qu'eux-mêmes sont des associations qui sont censées aider les gens à la rue. Ne connaissant aucune association prête à donner son nom pour l'organisation de l’événement, il décide alors de créer la sienne.

Rencontre avec Edson LAFFAITEUR, créateur de l'hôtel de la rue. Partie 2

Tout seul et sans moyens, il s'est enfermé dans les bureaux de Bayard pour créer son association de lui-même. De là, est née l'association La Roue Tourne. Quelques jours après avoir fait les papiers, il fait la rencontre du collectif La Carriole. Le collectif d'étudiants voulant faire des maraudes, il voulait avoir des conseils d'Edson pour les lieux les plus peuplés des sans-abris. Edson les a aidés à rentrer dans le logement du 115 Bayard, et aide le lancement du collectif. Le 23 mai 2019, Edson perd un ami cher à lui et se sépare du collectif. Il décide alors d'attirer l’œil sur lui. Ayant repéré un bâtiment de la mairie vide, il demande un rendez-vous pour une autorisation d'occupation du bâtiment. Malgré le rendez-vous, la demande a été refusée. La réponse d'Edson est sans appel : « Je le ferai, même sans autorisation.» Marie-Dominique Dressey et Jean Claude Bournez lui répondent alors : « Faites donc, ouvrez-le ! »

Pendant 2 mois, il fait le tour des associations, organise les maraudes dans les squats de sans-abris, et va même jusqu'à aller a la rencontre des Zadistes de Kolbsheim. Le 22 juillet 2019, il décide d'aller ouvrir un Bâtiment du 91 route des Romains, juste à coté du centre d'hébergement du 115. Le 23 juillet, avec tout le soutien de ses amis des glaciers, il ouvre l'hôtel de la rue au public. Dès le premier soir, 5 personnes dormaient dans l'hôtel avec Edson. Le lendemain, c'est 80 personnes qui dorment dans cet hôtel. Les résidents ne payent pas leur chambre, mais en échange, ils acceptent de respecter un règlement. Ils acceptent également toute aide proposée pour apprendre la langue française, se réintroduire dans le milieu du travail et par la suite, pouvoir se reloger. Edson et son équipe les aident dans les démarches administratives. Une équipe solide de 24 personnes bénévoles reste à disposition des habitants de l'hôtel. Il y a 2 semaines, alors que l'hôtel comportant 187 habitants est plein, Edson entend qu'une soixantaine de personnes logent dans un bâtiment délabré. Il décide alors d'installer canapés et couchettes dans les couloirs de l'hôtel pour héberger les 67 personnes présentes dans le bâtiment délabré. Ils attendent que le 115 les prenne en charge pour de meilleures conditions de vie pour tous. Malgré toute cette bonne organisation, Edson a fait 2 gardes à vue sans motif et doit encore passer au tribunal pour occupation illégale d'un bâtiment public et appel à la rébellion. Le procès aurait dû avoir lieu le 5 novembre 2019, mais les avocats des deux parties ont fait appel pour repousser le jugement. Il devrait donc passer le 14 janvier (ndlt : reporté au 25 février) au tribunal de grande instance de Strasbourg. Il risque une peine d'expulsion de l'hôtel de la rue, 18 mois de prison ferme et une amende de 150 000 euros alors qu'il en a déjà une de 18 000 euros.

Si vous souhaitez déposer des vêtements ou de la nourriture pour ces personnes, rendez vous au 91 route des Romains à Strasbourg.

 ✍️ Eliot

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus
Journal — Violences sexuelles

À la Une de Mediapart

Journal — International
Pourquoi le Kremlin veut en finir avec Memorial
L’historien Nicolas Werth explique les enjeux de la possible dissolution, par la justice russe, de l’ONG Memorial. Celle-ci se consacre à documenter les crimes de la période soviétique, mettant ainsi des bâtons dans les roues du roman national poutinien.
par Antoine Perraud
Journal — Culture-Idées
Autour des spectacles « Mère », « The Notebook » et « Istiqlal »
L’émission culturelle hebdomadaire de Mediapart est consacrée aujourd’hui aux mises en scène de Wajdi Mouawad (« Mère »), du collectif Forced Entertainment (« The Notebook ») et de Tamara al-Saadi (« Istiqlal »).
par Joseph Confavreux
Journal — France
Gauches : comment reprendre la main pour 2022 ?
Échaudées par les tentatives ratées de « triangulation » dans leurs propres rangs, et encouragées par l’actualité, les gauches recentrent leur discours sur le social. Mais se faire entendre reste une gageure dans un paysage médiatico-politique saturé par les thématiques identitaires.
par Mathilde Goanec et Pauline Graulle
Journal — France
Présidentielle : cette deuxième ligne qui prépare l’après
« Refondation », « Front populaire écologique », « Bloc arc-en-ciel »… Au sein des partis de gauche, des personnalités s’activent pour éviter les logiques de division présidentielle. Pour elles, la reconstruction de la gauche commence maintenant, pour ne pas disparaître. 
par Mathieu Dejean

La sélection du Club

Billet de blog
« L’Héroïque Lande - La Frontière brûle » : des vies électriques
[Archive] «L'Héroïque Lande. La Frontière brûle», réalisé par Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz, renverse les attendus d'un film «sur» La Jungle de Calais, pour sonder les puissances politiques et sensibles du cinéma, avec des images qui s'imaginent depuis une Zone et avec ses fugitifs.
par Robert Bonamy
Billet de blog
Avec le poids des morts
« Chaque famille, en Côte d'Ivoire, par exemple, est touchée. Tu vois le désastre, dans la mienne ? On assiste à une tragédie impensable ». C. témoigne : après un frère perdu en Libye, un neveu disparu en mer, il est allé reconnaître le corps de sa belle-sœur, dont le bateau a fait naufrage le 17 juin 2021 aux abords de Lanzarote, à Orzola.
par marie cosnay
Billet de blog
« Atlantique », un film de Mati Diop
Des jeunes ouvriers au Sénégal ne sont pas payés depuis plusieurs mois rêvent de partir pour l’Europe au risque de leur vie. Ada, amoureuse de l’un de ces hommes, est promise à un riche mariage contre son gré. Les esprits auront-ils raison de ces injustices ?
par Cédric Lépine
Billet de blog
« Ailleurs, partout » : d’autres images des migrations
« Ailleurs, partout », d’Isabelle Ingold & Vivianne Perelmuter, sort le 1er décembre. Le documentaire offre une passionnante réflexion sur les paradoxes de la géographie contemporaine, entre fausse ubiquité du cyberespace et vrais obstacles aux migrations. Rencontre avec les deux réalisatrices. (Entretien avec Nashidil Rouiaï & Manouk Borzakian)
par Géographies en mouvement