Pascale Fauveau
Abonné·e de Mediapart

3 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 août 2021

Contrainte et forcée, la fin d'un monde pensant?

Responsable dans la lutte contre la diffusion de la maladie à coronavirus et pourtant réticente à la vaccination… Écrire pour continuer de penser, faire connaître un point de vue parmi d’autres, il s’agit seulement ici de dire, tenter de faire entendre sa voix… À l’intention de celles et ceux qui pensent que le débat contradictoire est l’essence de la démocratie

Pascale Fauveau
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

                                                                                                                                              Conduite À Tenir face à un homme ivre armé? :

                                                                                                                                              D’abord, lui dire : «—Monsieur ! » 

Le pass sanitaire me révolte : surveillance des uns par les autres, irrespect du secret médical, du droit du travail, discriminations et clivages dans le corps social, instaurés par voie législative. Mais là n’est pas le sujet que je veux évoquer ici. Je veux parler de l’obligation vaccinale faite sous la menace :

Une conviction intime

Mon tort est grand au regard de la désormais loi, je ne suis pas d’accord pour me faire vacciner contre la Covid 19.

Non, je n’ai pas de raison suffisamment étayée dans le champ des bénéfices/risques à opposer aux scientifiques qui m’assènent leur nécessité… 

C’est une certitude chevillée au corps : non ça ne me va pas, ce n’est pas une bonne chose. 

On a beau me dire que je ne suis pas civique, que je mets en danger la vie des autres ou la mienne, ou encore que je suis dans l’obscurantisme et l’archaïsme de la pensée, oui, c’est possible que j’aie tort, mais à l’intérieur c’est une constante, je ne peux céder sans céder sur l’essentiel. 

Il me faut donc essayer de formuler, au moins pour moi, cet essentiel, lequel ne me facilite pas la vie.

Car tout d’un coup, la menace. Si tu n’es pas vaccinée d’ici le 15 septembre, on ne te payera plus. Sans compter les tests à pratiquer et à re-pratiquer…

Et deux mois plus tard, si tu persistes, on te licenciera. Puis non on ne te licenciera pas. Mais tu seras poussée à la démission.

Il n’y aurait plus lieu de penser. On l’a décidé pour moi. Ils m’injecteront leur vaccin ou bien ils feront de moi une paria de la société : plus de travail plus de concerts plus de loisirs plus de rencontres colloques réunions plus de déplacements en train etc.…

Voilà que je me sens comme Socrate : boire la cigüe - c'est à dire perdre mon travail - ou céder sur l’essentiel - c’est à dire aller faire faire les injections - sans tenir compte de ce qui en moi s’y oppose?

Et c’est à moi de prendre rendez vous, de consentir. Il ne manquerait plus qu’ils me demandent de signer un papier comme quoi je suis informée des risques et que je consens…
Ils parlent de pédagogie, de convaincre, et ils contraignent avec une violence mal dissimulée.
Ils ont acquis à leur cause les zélateurs de tous bords, dans leur « fabrique du consentement », qui tous m’enjoignent de rejoindre leur formatage. Si j’exprime ma position, je me fais parfois insulter. 

Les mouchards de poche fonctionnent à plein, avec carte vitale, QR codes  « tous anti covid » et passes sanitaires… 

La pièce « Rhinocéros » de Ionesco me saute à la mémoire.
Nous ne serons bientôt plus que les avatars de nos identités virtuelles.

Les arguments ne manquent pas c’est vrai, pour me convaincre de céder, et selon l’avis général, mon essentiel est mal placé. Qu’y a -t-il donc de si important à refuser?

Merci à la confédération paysanne pour ce communiqué auquel je souscris totalement : 

« La vaccination est un choix personnel, non anodin, mais faisant partie des différents outils nous permettant de lutter contre cette pandémie. Seulement il n'est pas le seul et il ne peut être ainsi imposé à toutes et tous sous la contrainte et la sanction. Toutes les voies pour diminuer les effets de cette pandémie doivent continuer à être recherchées, l'investissement de L'État dans le service public de santé doit rapidement prendre de l'ampleur et nous devons lutter contre les causes conduisant à l'expansion de cette pandémie : perte de biodiversité, dérèglement climatique, mondialisation des échanges, affaiblissement immunitaire des populations par la sédentarisation, la malbouffe…

Nous ne sommes ni « anti-vax » ni « complotistes », mais sans cet ensemble d'actions, la stratégie sanitaire nous semble inutile et illusoire : les variants vont continuer de proliférer et la pandémie suivante sera à coup sûr encore plus sévère. Il est grand temps d'engager l'ensemble de la société vers une transition écologique et sociale, solidaire et équitable.

Nous sommes responsables et nous ne voulons pas participer à la diffusion de la pandémie sur nos fermes, dans nos activités de vente ou de production, sur les marchés et les magasins de producteurs et productrices. Pour autant, imposer le pass sanitaire et exiger de nous de le faire respecter à nos client-e-s est inacceptable. Là encore, la liberté de choix doit prédominer et nous savons pouvoir compter sur la responsabilité et la solidarité des paysannes et paysans ; comme des citoyennes et citoyens. »

Malgré ma responsabilité engagée dans la lutte contre la diffusion de la maladie, me faire vacciner ce serait abdiquer de ce que je pense en tant que médecin, je veux dire faire abstraction de ce qui oriente ma pratique, avec ses limites et son efficace, et qui imprime un certain sens à mon regard sur la pandémie :

Evolution des pratiques médicales

Cela fait trop de temps que j’observe une évolution de la médecine vers une médecine d’objet, tournée vers la sainte chimie et la sainte bio-technologie, avec le concours de la sainte statistique, considérant la relation médecin malade comme négligeable en tant que vecteur du soin, et l’aliénation de la personne comme non envisageable : un soin se devant, en guise de considération d’ordre relationnel, d’être contractualisé entre sujet traitant et sujet traité. Par la contractualisation, les conséquences iatrogènes éventuelles des actes du soignant sont assumés par le soigné qui a donné son accord écrit, «en connaissance de cause», car l’information lui a été donnée de leur existence. 

L’aliénation, c’est lorsque le sujet soigné n’est pas en mesure de se distinguer subjectivement de l’autorité du soignant (ou d’un autre détenteur d’autorité). L’information qui lui est donnée opère alors comme une injonction non discutable, il ne peut se saisir des éléments contradictoires pour faire un choix éclairé.

Ici, la nouvelle loi ferait office de contractualisation entre la population et l’état érigé en soignant de la population.

Le danger d’une aliénation collective est grand dans une médecine de santé publique qui se construit sur la peur qui nous habite depuis près de deux ans. Je m’inquiète d’une médecine qui écarte ses médecins ( la vaccination se fait sans eux, les éventuelles contrindications ne sont plus tout à fait de leur compétences) et s’institue d’une science inféodée aux pouvoirs financiers. 

Cette médecine des corps-objets n’est pas la mienne, et si je peux la considérer malgré tout comme ayant une valeur thérapeutique et une efficacité réelle, elle ne peut être la seule. Je connais les effets de l’aliénation sur la santé psychique et physique, et j’ai l’expérience des processus thérapeutiques dans le travail de la relation, lesquels ne sont certainement pas de l’ordre de la pédagogie pour l’adhésion.

Cela fait trop de temps que je vois s’appliquer trop largement au nom de la science, des pratiques que je juge souvent dangereuses concernant la santé de mes patients, ces enfants que l’on étiquette pour les réadapter ou que l’on soumet aux amphétamines ou aux neuroleptiques entre autres maltraitances convenues. La maltraitance en question, sous le déguisement d’une bonne pratique médicale, est évidemment niée en tant que telle dans la «barbarie douce» éducative contemporaine, qui ne veut entendre que le risque de produire une «perte de chance» chez les enfants non diagnostiqués ou non médiqués. Et si les neurosciences ont leur intérêt et leur place dans ma pratique, je rejette leur hégémonie et l’usage extensif qu’en font les pouvoirs publics dans l’éducation et le soin.

Ceux qui m’imposent la vaccination sont les mêmes.

Contextualisation des résistances à la vaccination

Lorsque les vaccinations classiques sont devenues obligatoires nous n’étions pas pris dans un système de santé dans lequel la corruption - via la puissance des laboratoires - apparait possiblement généralisée comme aujourd’hui. Les enjeux financiers de ces vaccinations obligatoires n’étaient pas aussi évidents. Les enjeux médicaux n’étaient pas les mêmes non plus, le contexte socio environnemental n’étant pas le même. Les enjeux des publications scientifiques ne soumettaient pas les chercheurs aux mêmes pressions quant aux thèmes abordés et aux résultats de leurs recherches. 

Ceux qui depuis longtemps s’opposent à la vaccination, outre la perception d’une intention lucrative peu rassurante chez les fabricants de vaccins, le font pour des raisons qui sont en effet sous tendues par la crainte des effets secondaires. Leurs raisons sont ridiculisées au lieu d’être sérieusement considérées. Il n’est pourtant pas totalement idiot de considérer qu’il puisse y avoir un lien entre les vaccinations et certaines maladies, par exemple allergiques ou auto immunes. Seulement les recherches à ce sujet, comme à tout ce qui pourrait remettre en cause les bénéfices de la vaccination, sont marginalisées voire ridiculisées, mais surtout non financées ou non publiées dans les revues à forte résonance médiatique. 

Le résultat est que les critiques ne peuvent être que radicalisées.

Limites de la médecine moderne

La médecine allopathique connait aujourd’hui des limites dont elle ne veut pas encore mesurer réellement l’importance : 

-aux antibiotiques, les microorganismes répondent par des résistances de plus en plus grandes

-aux progrès de la chirurgie et des médications, les corps opposent des maladies chroniques dont le financement des soins est de plus en plus problématique

-la banalisation des traitements chimiques ou techniques est telle que les effets iatrogènes tendent à devenir aussi importants que les bénéfices attendus

-les problématiques environnementales et de mauvaise nutrition fragilisent largement les organismes vivants, humains ou non, et ces leviers là ne sont toujours pas considérés comme prioritaires en santé publique

-les situations sociales délétères se multiplient  dont il serait temps de prendre la mesure (par ex : handicaps post réanimations dont la charge familiale est intenable)

-faute de considérer le thérapeutique dans son sens premier d’accompagnement et de relation, la médecine des corps-objets précipite les gens dans des recherches parallèles non tempérées, les livrant à toutes dérives possibles, sectaires ou simplement charlatanes 

Il est clair pour moi que l’émergence de la pandémie doit, de même que les observations précédentes, questionner les pratiques médicales, notre conception de la santé, et l’ontologie qui les sous tend :

Intégrités nécessaires

Toutes les pratiques de santé qui concernent le comment de la décompensation d’une infection par le coronavirus sont considérées dans la presse main stream comme négligeables, voire trompeuses ou dangereuses… Pourtant la vraie question quant à la mortalité d’une virose est celle-là, pourquoi une infection souvent banale se transforme-t-elle en infection mortelle? Il y a de la virulence de l’agent pathogène, il y a de la réaction de l’organisme hôte dans son environnement. Ces recherches sont complémentaires, les opposer est une grave erreur. Nier l’intérêt des unes amène une fois de plus à radicaliser les postures de ceux qui les défendent. 

Parce qu’un pouvoir qui s’exerce sans contre-pouvoir est un pouvoir dangereux, foncièrement abusif, et que la santé publique est aujourd’hui entrée dans cette logique. Une sorte de « Flatland » généralisé semble y tenir lieu de modèle…

Parce qu’ils m’apparaissent parfois — eux, les politiques qui négligent l’environnement et la prévention de sa dégradation, eux, les fabricants de «nudges»destinés à favoriser les dits «bons»comportements, eux les laboratoires qui manipulent les virus, eux les médecins qui ne tiennent pas compte de la complexité du vivant —comme des pompiers pyromanes.

Parce que la solidarité peut s’exercer de multiples façons, en particulier en soutenant d’autres pratiques de santé, en soutenant des dynamiques d’agro-écologie par exemple ou tout autre pratique environnementale ou sociale. Et à ce propos, puisqu’amendes il y a, que devient l’argent récolté? Pourquoi ne pas exiger qu’il soit investi dans l’environnement et l’hôpital public?

Parce que je pense que la question envahissante de la vaccination ne fait, à ce jour, qu’endormir le problème auquel l’humanité a à faire, le reporter à plus tard.

Ils disent que je suis égoïste, individualiste, et que je mets en danger mes  concitoyens les plus fragiles

Ils disent qu’il n’y a plus de raison valable de refuser

Ils parlent du « plafond de verre » de l’immunité collective restant insuffisante à 60 %, favorisant alors les variants, il faudrait atteindre 90% pour une vraie immunité collective. Donnée algorithmique statistique censée être irréfutable.

Ils ne vont donc pas tarder à nous accuser de l’inefficacité des stratégies vaccinales et de l’apparition de variants successifs

Je cherche surtout à être intègre. Quelle gêne y a-t-il à ce que je sois sur les marges de la courbe de Gauss des opinions? Il n’y a donc plus de droit à penser différemment? La statistique est donc la seule modalité intellectuelle imaginable pour aborder cette grave question de la diffusion de la maladie? 

Mutation et non pas guerre

J’ai l’impression d’être en 1914, où s’opposer à la guerre ne pouvait être qu’une erreur

On lit même cette propagande débilitante sur des affiches en ville : « Nous allons pourrir la vie au virus »  ! comme si la vie d’un virus pouvait être pourrie ! Un virus ne vit pas tout à fait, il est un message génétique encapsulé.. Selon ce que l’on peut lire en vulgarisation scientifique, les virus font partie des préalables ou des premières formes de vie, sont fondamentalement constitutifs du vivant et ainsi de notre organisme. L’océan par exemple contiendrait des milliards de virus (10 puissance 30 ! ) susceptibles de transformations diverses dont nous serions bien en peine de nous défendre par les seuls vaccins s’il y avait lieu . 

Faire la guerre à ce virus m’apparait comme une erreur philosophique justement, comme une rhétorique délirante. Il faut à mon sens faire avec, au sens de considérer la présence du virus comme une réalité aussi tangible que celle des nuages ou de la chaleur, incompressible car intégrée au biotope auquel nous appartenons désormais…

Faire avec, c’est ainsi rechercher ce qui entraîne la décompensation, tout autant que rechercher ce qui soutient les défenses de l’organisme dans sa rencontre avec l’agent pathogène - et dont la vaccination peut faire partie - … au moins autant que comprendre l’émergence des variants… 

Faire avec, c’est s’occuper de l’environnement et travailler à restaurer ce qui peut l’être.

Tout autant que lutter pour que ceux qui ont besoin d’être vaccinés puissent l’être, notamment les populations les plus pauvres, …  

Et enfin et fondamentalement redonner des moyens suffisants aux hôpitaux et lieux de soins, redonner aux chercheurs des conditions d’exercice suffisamment indépendantes.

La covid 19 dans ses formes graves est une maladie «de système» dans l’organisme. La pandémie est une maladie « du système» mondialisé.

La meilleure immunité collective pourrait être aussi celle qui se ferait par la répartition des moyens , le réinvestissement des communs, la préservation des forêts et des espaces sauvages. 

Parce que la vaccination contre la covid 19 apparait, en tant que contrainte, liée à une illusion politique et pseudo-scientifique de maîtrise du vivant.

Pensée unique

Je ne suis ni rassuriste, ni complotiste, ni foncièrement antivax. Je combats la pensée unique qui règne aujourd’hui de façon inquiétante au sujet de cette pandémie. La vaccination de masse me semble une illusion, car pensée dans une logique binaire, prématurément, et sur un terrain socio politique et scientifique confus. Elle nous est présentée comme une solution radicale, elle est aussi, dans cette perspective guerrière,  un moyen de maintenir un système toxique, en repoussant à plus tard le traitement des réalités socio environnementales et en divisant la population.  

La volonté de convaincre fonctionne analogiquement à la contamination : Il faut convaincre son voisin, qui convaincra son voisin… comme un miroir inversé de ce virus qui contamine de proche en proche  

Il y a pourtant d’autres façons de comprendre les résistances. Elles ont une fonction, nécessaire dans le corps social. Une courbe de Gauss plate dans les opinions, c’est une opinion manipulée. Les contre-pouvoirs, c’est la santé de la démocratie.

L’affirmation selon laquelle le refus de la vaccination est un acte nocif pour les autres relève, à mon sens, de la propagande.

L’intention dite pédagogique est ici sous tendue par l’absence de tolérance à une pensée différenciée, à un refus du doute. 

La science statistique et algorithmique prend le pas sur toute autre forme de pensée, au nom d’une efficacité dont nous savons qu’elle est relative, la science étant depuis toujours construite autant par le doute que par la certitude.

Si considérer l’urgence c’est agir vite, deux années d’égarements pourraient nous faire comprendre qu’il est urgent de revenir sur les logiques en jeu plutôt que de se précipiter sur des solutions destinées à continuer comme avant. 

Un principe éthique 

La santé publique ne peut pas relever d’une contrainte exercée sans discernement et recul suffisants. J’estime qu’il n’y a ni le recul, ni le discernement suffisants. Si les recherches pour mettre au point les vaccins contre la Covid peuvent être qualifiées de remarquables, la vaccination sous contrainte relève, elle, d’une violence d’Etat. Pour ma part, je dis que l’injection qui me sera faite sous la menace de suspension de mon contrat de travail sera, et une interdiction de penser, puisque m’imposant un acte en divergence avec ma pensée, et - toutes proportions gardées - de l’ordre d’un viol, puisque relevant d’une intrusion corporelle sous la menace. 

Le patient objet de la médecine est un être parlant, un être dont la subjectivité est constitutive. Refuser la vaccination est un positionnement subjectif qui doit être respecté, c’est un principe thérapeutique et un principe démocratique. 

Contraindre, par exception, pour sauver la vie des autres, nous dit-on? On a déjà vu comment les contraintes du confinement avaient aussi mis des vies en danger. C’est possible ici que la contrainte vaccinale sauve des vies, ce n’est pas si sûr. A brève échéance, sans doute. A long terme, il est probable que non. Outre les inconnues qui pèsent sur les effets indésirables des vaccins et la complexité des réactions possibles du vivant à une campagne aussi extensive, notons que notre « temps de cerveau disponible » est entièrement focalisé… ce qui permet au pouvoir de de négliger les mesures à prendre vis à vis des menaces en cours sur notre environnement, lesquelles favorisent ces émergences virales ou autres. Ainsi d’autres vies sont menacées à moyen terme.

Quoi qu’il en soit, la contrainte aux soins médicaux doit rester l’exception, une exception dûment éclairée. Où le débat démocratique resterait soutenu et approfondi, plutôt que passionnel et discriminatoire. Et où les contre indications à ces soins contraints resteraient de l’ordre du secret médical, opposables à l’Etat, non pas une liste d’affections répertoriées et à démontrer. Quel est cet Etat qui ne cesse de suspecter les médecins, lorsqu’ils ne sont pas suffisamment à sa botte? Quelle est cette course à avoir raison sur tous quand l’incertitude est la seule chose dont nous soyons certains?

Si la pandémie est bien une exception, du moins au regard de l’histoire des humains jusqu’à ce jour, tout n’est pas permis à pareille échelle,  faute de quoi c’est bien à une dictature de santé publique, (alliée à celle du numérique, qui se profile manifestement)  que nous consentons.  Et alors, où s’arrêtera-t-elle?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Fausse rétractation de Takieddine : sur la piste d’un « cabinet noir » au service de Sarkozy
L’enquête sur l’interview arrangée de Ziad Takieddine révèle les liens de plusieurs mis en cause avec le clan Sarkozy et leur volonté de « sauver » l’ancien président, mais aussi ses anciens collaborateurs, Brice Hortefeux et Thierry Gaubert, également mis en examen dans l’affaire libyenne.
par Karl Laske et Fabrice Arfi
Journal — Terrorisme
Les confidences du commissaire des services secrets en charge des attentats du 13-Novembre
Le commissaire divisionnaire SI 562 – le nom de code le désignant – a dirigé la section chargée des enquêtes judiciaires liées au terrorisme islamique à la DGSI, entre 2013 et 2020. Il offre à Mediapart une plongée inédite dans les arcanes du service de renseignement.
par Matthieu Suc
Journal — Justice
À Marseille, des juges font reculer l’incarcération à la barre
L’aménagement de peine, par exemple le bracelet électronique, prononcé dès le jugement, est une possibilité qui n’avait jamais décollé avant 2020. Mais à Marseille, la nouvelle réforme de la justice et la volonté d’une poignée de magistrats ont inversé la tendance. Reportage en comparution immédiate.
par Feriel Alouti
Journal — France
Violences conjugales : le jugement qui condamne le candidat LREM Jérôme Peyrat
Investi par la majorité présidentielle malgré sa condamnation pour violences conjugales, l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron continue de minimiser les faits. Mais le jugement rendu en septembre 2020 par le tribunal correctionnel d’Angoulême note que Jérôme Peyrat a « adapté sa version » aux stigmates, physiques et psychologiques, constatés sur son ex-compagne, ayant occasionné 14 jours d’ITT.
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
La clique de « Kliniken » vue par Julie Duclos
Quinze ans après Jean-Louis Martinelli, Julie Duclos met en scène « Kliniken » du dramaturge suédois Lars Noren. Entre temps l’auteur est décédé (en 2021), entre temps les guerres en Europe ont continué en changeant de pays. Immuable, la salle commune de l’hôpital psychiatrique où se déroule la pièce semble jouer avec le temps. Troublant.
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
La chanson sociale, comme levier d’empowerment Bernard Lavilliers en concert
Dans la veine de la chanson sociale française, l’artiste Bernard Lavilliers transmet depuis plusieurs décennies la mémoire longue des dominés, leurs souffrances, leurs richesses, la diversité des appartenances et propose dans ses narrations festives et musicales. Balzac disait que «Le cabaret est le Parlement du peuple ». En quoi la chanson sociale est-elle un levier de conscience politique ?
par Béatrice Mabilon-Bonfils
Billet de blog
Un poète palestinien : Tawfik Zayyad
Cette poésie simple, émouvante, populaire et tragique a circulé d'abord sous les tentes des camps de réfugiés, dans les prisons avant d'être lue, apprise et chantée dans toute la Palestine et dans tout le monde arabe.
par mohamed belaali
Billet de blog
La comédie des catastrophes
Au Théâtre de la Bastille, le collectif l'Avantage du doute dresse un hilarant portrait de la société contemporaine pour mieux en révéler ses maux. De l’anthropocène au patriarcat, de la collapsologie aux comédiennes mères ou non, du besoin de tendresse des hommes, « Encore plus, partout, tout le temps » interroge les logiques de puissance et de rentabilité par le biais de l’intime.
par guillaume lasserre