Puisqu’on vous dit que c’était des dîners professionnels….

Vous n’allez quand même pas douter de la parole d’un Ministre qui, si vous lui demandez s’il a organisé des dîners professionnels comme il le dit à tous les micros de France, vous répond qu’il s’agissait bien de dîners professionnels ! ce n’est quand même pas sorcier à comprendre !

Dans certains ministères, surtout celui de l’écologie, il n’y a pas de déjeuners de travail, il y a des d-î-n-e-r-s-p-r-o-f-e-s-s-i-o-n-n-e-l-s, avec des non-professionnels du ministère et de l’écologie, et des amies de madame, et des menus dignes de réveillons de palace -même si le homard c’est un peu surfait, tout bien pensé.

Ceux qui auraient envisagé autre chose, ont l’esprit et la langue fort mal tournés d’oser condamner cette tradition bien française qui consiste à prendre le pouls de la société et la température des citoyens à coup de grands crus et crustacés de luxe…. Il faut quand même être sacrément de mauvaise foi pour oser porter de telles calomnies sur la place publique. Car, circulez, il n’y a rien à dire, Monsieur le Ministre nous ayant affirmé qu’il n’y avait rien à y redire… nous n’allons quand même pas le contredire.

Et s’il a démissionné sous le  feu de la mitraille de journalistes qui ont l’impudence d’enquêter, d’investiguer, produire des documents, s’acharner en un mot, c’est pour sauver son patron, qui a autre chose à faire que de s’occuper de ce genre de broutilles ; dépassant lui-même sans vergogne le budget de son palais, il ne va quand même pas aller vérifier les frais de bouche du sous-fifre… et pourquoi pas, pendant qu’on y est, partir à la recherche d’un mystérieux coffre-fort disparu des écrans radar… mais on s’égare, on s’égare.

A l’aune de cette vérification exemplaire, concluante et parfaitement convaincante, ne doutons point que l’on trouvera sous peu, une simple erreur d’imputation pour les cotisations payées par le mauvais compte en banque ; une explication par l’urgence calendaire pour le suremploi des services de proximité alloués à Monsieur le Ministre (chauffeurs, cuisiniers, personnels de maison) ; une nécessité menuisière et mobilière pour ranger ses costumes (ah ! les costards des Ministres, une plaie !) ; gageons, gageons qu’on nous prend bien pour des cons !

 

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