Extensions de cheveux, derrière le miroir

Pour mon anniversaire, j'ai été poussée bien malgré moi dans un tourbillon de wellness, de spas et de fashion sous tous les angles. Box, soins, week-ends, cours de yoga... tous mes amis s'y sont mis. A croire qu'ils se sont concertés pour une opération ciblée "chouchoutage". C'est toujours mieux qu'une collection de machines à pain ! Le cadeau le plus insolite fût un rendez-vous avec une spécialiste des extensions de cheveux.

N'étant pas du genre à me dégonfler, j'ai extensé. C'est plutôt réussi ! C'était une expérience insolite et agréable, qui va avoir des effets quelques quelques mois.

Surtout, cela a éveillé ma curiosité. La coiffeuse m'a dit que les cheveux sont 100% naturels, gracieusement (ou au pire "éthiquement") récupérés/achetés auprès des femmes Indiennes qui se marient. C'est la vie en rose ! Un modèle d'échange gagnant/gagnant. Elle n'en sait pas davantage.

  • c'est une coutume
  • de toute façon les cheveux étaient coupés et allaient à la poubelle
  • et en plus, leurs cheveux sont de très bonne qualité

Je veux en savoir plus !

En quelques heures de recherche, je vous dresse le tableau.

Tout d'abord, effectivement, l'Inde est le leader incontestable de l'exportation de cheveux naturels, suivi du Pérou, de la Russie. Le business est en pleine extension (pardon, en expansion), tiré par les stars, la demande occidentale...

Les spécialistes qui ont vécu il y a 30 ans le décollage des colorations, identifient le même phénomène qui émerge. Une croissance phénoménale est en cours.

Une prestation coûte de 400 à 1000 euros. C'est très rentable. Il n'y a qu'à comparer avec des coupes classiques à 50-100 euros. Culturellement, les extensions de cheveux sont à la mode, c'est un signe de richesse. C'est aussi un moyen de lutter contre le vieillissement, d'avoir les cheveux de ses 20 ans.

Enfin, techniquement, le cheveu synthétique arrive mais il y a encore trop d'inconvénients...

Passons maintenant de l'autre coté du miroir !

Et en creusant un peu, on découvre un modèle de plus d'exploitation. Un réseau d'acheteurs sillonne les villages des districts pauvres. L'offre est alléchante et les nombreuses personnes défavorisées se laissent tenter. Des cas d'abus ont été rapportés (femmes forcées, cheveux de prisonniers...).

Cependant, effectivement, en Inde des personnes vont dans des temples se faire raser, c'est culturel et religieux. L'entreprise Great Lengths s'approvisionnerait selon ce schéma.

Il m'est impossible de me faire une idée de la répartition de ces différentes pratiques. Je n'ai trouvé aucune information chiffrée.

Les cheveux sont ensuite traités, colorés et revendus.

Je tenais à rapporter ici cette petite investigation sans prétention journalistique. Je suis toujours stupéfaite de découvrir l'envers du décors. L'Occident est une bulle aseptisée, la norme est de ne pas chercher plus loin que ce que l'on dit. Encore une fois on découvre que tout n'est pas si rose qu'on nous le vend.

Enfin, je souhaite remercier les personnes du salon de coiffure spécialisé en extensions de cheveux à Nice qui m'ont relookée. Elles travaillent avec l'entreprise éthique (?) Great Lengths.

Les articles qui m'ont aidée à comprendre le business :

Article du Gardian

Article du Figaro

Wikipédia pour la technique des extensions de cheveux

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