Le re-confinement signera-t-il le boom du télétravail et des espaces de coworking ?

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Depuis le 30 octobre 2020, la France connaît un nouvel épisode de confinement. Une mesure adoptée dans l’optique de stopper le développement de l’épidémie de la Covid-19. Cependant, à l’inverse de la première vague, certaines règles se voient renforcées. C’est notamment le cas du télétravail. « Le télétravail n’est pas une option, mais une obligation qui sera inscrite dans la nouvelle version du protocole national en entreprise » a précisé la Ministre du Travail Elisabeth Borne lors de la conférence de presse du Premier Ministre sur le reconfinement le 29 octobre dernier. Un protocole qui concerne tous les travailleurs, salariés ou indépendants qui ont la possibilité d’exercer leur activité à distance. Mais télétravail ne signifie pas pour autant « travail à domicile ». Ainsi, après avoir séduit de nombreux travailleurs Français durant la première vague de confinement, les espaces de coworking pourraient de nouveau être perçus comme la solution de prédilection.

 

Vers un télétravail généralisé ?

Le nouveau protocole sanitaire publié le 29 octobre dernier annonce un impératif de télétravail pour les salariés issus des secteurs publics comme privés, et ce, « cinq jours sur cinq » a précisé le Premier Ministre Jean Castex. Ainsi le travail en présentiel, dans les locaux de l’entreprise, demeure désormais l’exception. 

Fortement plébiscité par les entreprises et leurs collaborateurs lors de la première vague du confinement, le télétravail fait donc son grand retour et concernerait, selon les informations transmises par le Gouvernement, près de 34% des salariés. Malgré une première expérimentation brutale et réalisée dans des conditions relativement inégales, l’engouement n’en demeure pas moindre. En effet une récente étude menée par Malakoff Humanis relève que près de 84% des salariés Français envisagent de demander à leur employeur de télétravailler de façon plus pérenne. Parmi eux, près de 72% de nouveaux télétravailleurs. Un essor renforcé du fait notamment de la souplesse et de l’agilité apportés par ces nouveaux modes de travail. Le confinement a fait prendre conscience que travailler dans un autre endroit que le bureau était possible. 

Attention toutefois au trop plein d’optimisme, puisque cette même enquête révèle aussi les dérives que pourraient avoir le télétravail à long terme sur la santé physique et psychologique : 48% des personnes interrogées confient avoir du mal à se déconnecter du travail et souffrent d’une augmentation de leur charge mentale. Bénéficier d’espaces dédiés à son activité professionnelle est ainsi fortement recommandée pour éviter ces aléas. 

 

Télétravail et tiers lieux : puis je travailler en dehors de mon domicile ?

Qui dit télétravail ne dit pas home office ! Dans les faits, un télétravailleur peut soit exercer son activité depuis son domicile, soit en dehors dans un espace bureau équipé mis à disposition par son employeur, ou encore dans un tiers-lieu choisit en concertation avec ce dernier comme un espace de coworking. Ce recours peut être occasionnel ou régulier. Le cadre législatif du télétravail est relativement souple. 

L’expérience a démontré en effet que le travail à domicile n’est pas toujours la solution la plus adéquate. Celui-ci peut s’avérer difficile pour beaucoup, par manque d’espace, de tranquillité, de relations sociales… Près de deux travailleurs sur trois s’avouent même nostalgiques de leurs bureaux selon un sondage mené par Tempo Team en mai dernier. 

 

Les espaces de coworking retiennent toute l’attention ! 

Si la reprise s’annonce lente, les entreprises pourraient ainsi se tourner plus volontiers vers des espaces de travail plus flexibles avant d’envisager de se positionner sur un bail longue durée. Les espaces de travail partagés, appelés plus communément les espaces de coworking, pourraient ainsi avoir une carte à jouer dans le « monde d’après » que nous continuons d’expérimenter. 

De plus, la crise sanitaire et son pendant économique met en exergue la question centrale de la maîtrise nécessaire des coûts… Et par la même occasion le déclin programmé du bail traditionnel 3/6/9 qui représente un engagement lourd pour les entreprises en quête d’agilité. 

Le modèle du coworking n’en demeure pas pour autant secoué mais l’offre tend à se structurer davantage. Alors que certains pure players renforcent leur maillage territorial pour offrir des espaces partagés en dehors des grandes métropoles, de nouveaux acteurs viennent dynamiser l’offre. C’est le cas notamment de Flunch, qui pour se réinventer, et sous l’impulsion de son nouveau DG Thierry Bart, vise à « déployer des espaces de sociabilisation et de coworking » en centre-ville à horizon 5 ans. Ruben Grave, cofondateur de Reborn-And-Be et de Be-Coworking vient quant à lui d’annoncer le lancement du 1er tiers lieu parisien totalement LIVE dédié aux médias, au digital, à la production de contenu et aux arts vivants. 

Aussi, si les espaces se structurent et de développent, il devient par ailleurs extrêmement difficile d’identifier et de trouver l’espace qui répond véritablement à ses besoins et de comparer les offres disponibles. La plateforme Workin Space est née de ce constat et propose avec près de 1 300 espaces de coworking recensés dans plus de 250 villes en France, la cartographie la plus complète du marché. François Vermeil son fondateur précise que « l’objectif de notre plateforme de centres de coworking est de créer la passerelle, la plus simple et la plus fluide possible entre les utilisateurs, qu’ils soient particuliers ou qu’il s’agisse de grands groupes, et des espaces de travail flexibles. »

Gage que cette récente plateforme tout comme les espaces flexibles ont de beaux jours devant eux. Et si le bureau de demain se prenait à la carte ? 





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