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Billet de blog 28 sept. 2019

On ne commémore pas la mémoire d'un délinquant dans les écoles

Lundi à 15 heures, nous aurons une minute de silence pour notre collègue directrice d'école de Pantin, Christine Renon, honnête citoyenne dévouée, malmenée dans son boulot par l'Education nationale, salie après sa mort par l'institution.

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Monsieur Blanquer, Monsieur Macron, l'Education nationale s’essuie les pieds sur notre collègue, intègre et dévouée, suicidée le week-end dernier et vous nous demandez, dans le même temps, de faire respecter, devant nos élèves, lundi 30 septembre à 15 heures, une minute de silence pour un délinquant, condamné à deux ans de prison avec sursis, et décédé ce jeudi, Monsieur Jacques Chirac, ancien président de la République française.

Cependant, nous respectons la douleur de cette famille Chirac qui ne cherche qu'à se recueillir dans l'intimité, loin des fastes laïcs de la République.

Lundi 23 septembre, notre collègue, Christine Renon, directrice de l'école maternelle Méhul de Pantin a été retrouvée morte sur son lieu de travail. Elle s'était jetée de cinq mètres après avoir adressé des lettres à son inspecteur d'académie et à tous les chefs d'établissement de Pantin. Épuisée, elle remettait en cause les conditions déplorables de l'exercice de son travail dans lequel l'institution nous accule depuis des décennies. Elle demandait enfin à l'institution de ne pas salir son nom. Votre hiérarchie a eu pour seule réponse d'ordonner de ne pas diffuser ses lettres et de les remettre à la police, cette police qui gaze, mutile et éborgne sous les ordres abjects de votre gouvernement scélérat.

Alors, dans ce contexte délétère que vous avez créé, vous voulez nous soumettre, une fois de plus, nous les enseignants, en instrumentalisant les enfants et élèves qui nous sont confiés. Vous nous enjoignez donc, lundi à l'école, de raconter à notre jeunesse un conte d'un autre temps, une histoire abracabrantesque d'un ancien monde mais plus qu'actuelle, celle relayée jusqu’à la nausée, par les grands médias complaisants et défaillants qui font pschittt ! Sans compter les médias jeunes, hypes, et décervelés qui nous vendent la soi-disant coolitude d'un ancien président cynique et menteur.

Tant il est vrai que Monsieur Chirac est un honnête homme, votre parrain en somme : le SAC, l'assassinat de Malik Oussekine en 1986, la suppression de l'ISF en 1986 et sa politique au service des ultra-riches (plan Juppé de 1995, contre-réforme des retraites en 2003), les réseaux de la Françafrique et ses amitiés avec les dictateurs, le massacre d'Ouvéa en mai 1988 au cours duquel 19 indépendantistes Kanaks furent tués, ses politiques racistes et anti-immigrés avec ses ministres d'intérieur véreux et ultra-répressifs déjà, comme Pasqua ou Sarkozy, sans compter l'ignoble "le bruit et l'odeur" de 1991 ou le chantage contre l'extrême droite en 2002, tout en la favorisant à coup de discours et de lois qui nous indignent, chaque jour de plus en plus, discours nauséabond que vous ne cessez, par pure bassesse électorale, de reprendre à votre compte sans vergogne Monsieur Macron.

Bref, vous comprendrez aisément, face à nos élèves métissés et le plus souvent pauvres, Messieurs Blanquer et Macron, que notre devoir d'exemplarité ne nous permet pas de respecter la mémoire d'un tel homme. Nous préférons, par liberté pédagogique, honorer celle d'une honnête citoyenne, d'une travailleuse exemplaire au service du peuple, en toute modestie, Madame Christine Renon.

Pétition de ce texte ici : https://www.change.org/p/blanquer-on-ne-comm%C3%A9more-pas-la-m%C3%A9moire-d-un-d%C3%A9linquant-public-chirac?recruiter=339753163&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

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