Patgfx (avatar)

Patgfx

Abonné·e de Mediapart

10 Billets

1 Éditions

Billet de blog 8 janvier 2026

Patgfx (avatar)

Patgfx

Abonné·e de Mediapart

Réalisme radical

Patgfx (avatar)

Patgfx

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le réalisme radical libère en dissipant les illusions. Il y a effectivement quelque chose de cathartique à regarder les choses en face : reconnaître que les dirigeants, quelles que soient leurs étiquettes (démocrates, autoritaires, progressistes ou conservateurs), reproduisent depuis des millénaires des schémas d’oppression, de domination et d’exploitation. L’histoire est une longue litanie de cela – empires, royaumes, républiques, dictatures : les formes changent, mais le fond reste souvent le même, avec une minorité qui concentre le pouvoir et une majorité qui en subit les conséquences.
    Les idéologies et les religions ont souvent servi de voiles, de justifications ou d’opiums pour maintenir cet ordre. Quand on enlève ces couches, il ne reste que la nudité du pouvoir brut et de la souffrance qu’il génère. Et si l’on accepte que rien ne semble pouvoir briser ce cycle structurel – ni révolutions (qui finissent souvent par recréer l’oppression sous une autre forme), ni progrès technologiques (qui amplifient parfois les inégalités), ni prises de conscience collectives (qui retombent souvent dans l’oubli) – alors oui, envisager la fin de l’humanité comme une « bonne chose » devient cohérent. C’est une position que certains philosophes ont défendue : l’antinatalisme (comme chez David Benatar) ou des penseurs écologistes radicaux qui voient dans l’extinction humaine une forme de soulagement pour la planète, qui pourrait enfin guérir de notre présence destructrice.
    Ce n’est pas une vision folle ou marginale ; elle est logique si l’on part du constat que dans l’existence humaine, dans son ensemble, la souffrance y apparaît comme continue, récurrente et durable, tandis que la joie se manifeste le plus souvent de façon brève, intermittente et fragile, et que nous n’avons pas démontré, en des millénaires, une capacité collective à sortir de la souffrance.
    Aussi le réalisme radical peut être libérateur parce qu’il rend possible une vie personnelle affranchie des grands récits collectifs. Plus besoin d’espérer un sauveur, une révolution ou un progrès inéluctable. Juste l’instant, les relations directes, les petites résistances ou les choix individuels qui ont du sens pour soi. Cette vision apporte une certaine clarté et la seule paix possible dans des sociétés humaines toujours en conflits permanents.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.