Langue française
Baser ?
« baser » a été créé , à la fin du XVIII e siècle, pour doubler le mot « fonder », qui pourtant était parfaitement clair.
Admis par le Dictionnaire de l'Académie en 1798 , « baser » devait être banni de l'édition de 1835, à la suite de la campagne menée par Royer-Collard pour la suppression de ce néologisme. C'est de ce mot que l'académicien disait : « S'il entre (sous-endendu « dans notre dictionnaire »), je sors ! (je quitte l'Académie française) ». Ce mot n'a pas été réintégré dans l'édition de 1932 .
Littré le donne comme « un néologisme fort employé présentement et qui n'a rien de condamnable en soi, mais qui est peu utile puisque « baser » ne diffère pas sensiblement de « fonder ». Il ajoute : « Il vaudra donc mieux, en écrivant, se servir de « fonder » que de « baser ».
Le Larousse du XXe remarque que « se baser » est d'un style peu littéraire. Il tend pourtant, de la langue parlée, à passer dans la langue écrite ; mais les bons auteurs ont toujours recours à l'inattaquable « se fonder ».
En termes militaires, « baser » se dit très correctement de navires, d'avions, ancrés ou garés à leur base d'attache. « Ce cuirassé est basé à Toulon. » « Escadrille basée à Marignane ».