Chili-Wallmapu / Milices paramilitaires, attaquent les Mapuche à Curacautín.

Depuis le samedi 1er août 2020, des milices paramilitaires ont été constituées à Curacautín via un groupe-Whatsapp, pour expulser les comuneros des mairies occupées pacifiquement depuis le 27 juillet. Cette occupation était pour rendre visible la demande des mapuche en grève de la faim dans les prisons, pour être en arrêt domiciliaire et non en prison, pendant la pandémie.
  1. Police et milices ensembles dans la Mairie de Curacauitín © inconnu Police et milices ensembles dans la Mairie de Curacauitín © inconnu

    Des  milices paramilitaires, avec la complicité de la police chilienne, attaquent les Mapuches à Curacautín

Depuis le samedi 1er août, des milices paramilitaires se sont constituées à Curacautín via un groupe-Whatsapp, dont les membres sont entrés en contact avec des policiers afin d’obtenir l’autorisation d’intervenir directement dans l'expulsion des mairies occupées pacifiquement par des Comuneros (vivant dans les territoires mapuche) depuis le 27 juillet (voir à la suite de cette article une analise de la composition de personnes ayant y participé). Selon le journal La Tercera du 4 août 2020, la police a déclaré qu'elle n'avait pas donné son autorisation. Cependant, les faits prouvent que la police ne s’est pas rendue sur place pour empêcher les milices locales de s’en prendre aux occupants et de les violenter. Cette occupation pacifique, par les comuneros, était en soutien aux revendications des 11 mapuche en prison et en grève de la faim, à Temuco et en Angol depuis le 4 mai 2020, lesquels demandent l'application de la Convention internationale 169 de l'OIT (qui établit que pour les peuples autochtones la préférence devrait être accordée aux types de sanctions autres que l'emprisonnement), et qu'il leur soit permis de commuer leur emprisonnement en assignation à résidence jusqu'à la fin de la pandémie COVID-19. Le gouvernement n'a pas hésité à le faire récemment dans le cas des tortionnaires et des assassins, pendant la dictature de Pinochet, reconnus coupables de crimes contre l'humanité, qui sont des crimes imprescriptibles et qui sont sortis de prison, et actuellement assignés à résidence.

Gloria Naveillán y Piñera © 360 Noticias Gloria Naveillán y Piñera © 360 Noticias
Sur les réseaux sociaux, ils dénoncent le fait que la porte-parole Gloria Naveillán, agricultrice de Malleco et membre de l'Association pour la Paix et la Réconciliation de l'Araucanie (APRA) ait organisé la manifestation raciste et anti-mapuche qui s’est déroulée dans la nuit du samedi 1er août 2020 et au petit matin du dimanche 2 août. "Maintenant, Messieurs, nous devons être au moins 30 personnes, nous devons prendre des bâtons et tout ce qu’il faut pour nous défendre et les faire sortir de la muni (mairie)", a déclaré Naveillán, ancienne candidate de l'UDI, dans son message audio aux miliciens, qui a été intercepté.

C'est ainsi que ces milices ont commencé à se rassembler sur la Plaza de Armas de Curacautín, située en face de la Mairie, à partir de 21 heures, dans le but d'aller à l'affrontement. Dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 août, ces milices ont attaqué ensemble la communauté mapuche pour l'expulser des locaux municipaux.

La nouvelle s’est répandue et a amené  d'autres Winkas (civils non mapuches) de Victoria, Traiguén, Collipulli et Ercilla à se rendre également au siège municipal, pour faire usage de la force et évacuer les comuneros des bâtiments communaux. Tout cela s'est fait pendant les heures de couvre-feu, sans arrestations par la police. Totalement impunis. Ce qui constitue une preuve supplémentaire de leur complicité avec les milices. Voir la photo au-dessus sur laquelle des carabiniers et des milices se trouvent à l’intérieur des locaux municipaux  après l’évacuation.

Ce qui a déclenché  ces initiatives visant à se faire "justice" par  eux-mêmes est la visite du nouveau Ministre de l'Intérieur (cette fonction est équivalente à celle de Premier ministre, en France dans la région le 31/07/2020) Victor Perez, UDI (pendant la dictature il a été designé Maire de Los Angeles dès 1981 à 1987, et fréquentait la secte allemande Colonia Dignidad, utilisée comme lieu de torture)  la veille de l'attaque des milices, qui a incité les maires des municipalités occupées pacifiquement, à demander l’intervention de la police pour procéder à l'expulsion.

Police dans la Mairie après la bataille... © Agencia Uno Police dans la Mairie après la bataille... © Agencia Uno

Intervention de la police, après les affrontement de milices dans l’expulsion de mapuche occupant la Mairie. © Agencia Uno Intervention de la police, après les affrontement de milices dans l’expulsion de mapuche occupant la Mairie. © Agencia Uno

Police et milices dans la Mairie, après l'expulsion de mapuche © Agencia Uno Police et milices dans la Mairie, après l'expulsion de mapuche © Agencia Uno

 

 

 

 

Pour ce faire, il a rencontré les maires des cinq municipalités de la province de Malleco, occupées pacifiquement par les familles des prisonniers politiques mapuches, ainsi que les hommes d'affaires anti-mapuche de l' "Association pour la Paix et la Réconciliation en Araucanie (APRA)", dirigée par Gloria Naveillán, ancienne candidate à la députation de l'UDI.

Machi Celestino Córdova Tránsito © Publicacion Refractario Machi Celestino Córdova Tránsito © Publicacion Refractario

 

 

 

 

 

 

Le 4 mai 2020, le machi (l'autorité religieuse et spirituelle du peuple mapuche) Celestino Córdova (condamné pour le meurtre du couple Luchsinger Mackay, des grands propriétaires terriens agricoles, meurtre qu'il a toujours nié) et dix autres membres de la communauté ont entamé une grève de la faim dans différentes prisons de la région, demandant que leur détention soit commuée (qui dans certains cas est préventive) en assignation à résidence  pour toute la durée de la pandémie de Covid-19, en application de la Convention Internationale 169 de l’OIT.

Le 27 juillet, six municipalités ont été occupées par des familles de prisonniers en grève de la faim. Et cinq d'entre elles (Victoria, Traiguén, Curacautín, Collipulli et Ercilla) étaient encore occupées le vendredi 31 juillet.

Tout au long de la semaine du 27 juillet, des actions de protestation ont également eu lieu : le déraillement d’un train de marchandises à Collipulli et la destruction d’une antenne de la DGAC, de même que des attaques contre les véhicules de sociétés forestières usurpant les terres mapuches.

Camion d'une forestière incendié par lesmanifestants © inconnu Camion d'une forestière incendié par lesmanifestants © inconnu

L’entreprise forestière a informé que dans le tronçon Collipulli et Temuco, des inconnus ont coupé les rails et traverses de la voie ferrée. © inconnu L’entreprise forestière a informé que dans le tronçon Collipulli et Temuco, des inconnus ont coupé les rails et traverses de la voie ferrée. © inconnu

 Le vendredi 31 juillet, le nouveau ministre de l’Intérieur, Victor Perez, s'est rendu dans la région et a exhorté les maires à réclamer que l’on procède aux expulsions. Vendredi, lors de sa première visite dans la région en tant que nouveau ministre de l'intérieur, Victor Perez a déclaré qu'"au Chili, il n'y a pas de prisonniers politiques. Les prisonniers politiques sont ceux qui sont emprisonnés pour leurs opinions. Ici, les gens privés de leur liberté, le sont par décisions de justice, et non pas par le gouvernement". Cette déclaration a provoqué une multitude de protestations dans les médias.

Samedi 1er août au 2 août, ont eu lieu les expulsions. Dans la journée, 48 personnes ont été arrêtées, 36 d’entre elles ont été mises en détention le dimanche et ont été ensuite libérées.

Sortie de detention des occupants de la Mairie © Agencia Uno Sortie de detention des occupants de la Mairie © Agencia Uno

 

Sortie de detention, après contrôles par la polices, des familles des grevistes de la faim, ayant occupé la Mairie © inconnu Sortie de detention, après contrôles par la polices, des familles des grevistes de la faim, ayant occupé la Mairie © inconnu

 Ce dimanche 2 août, plusieurs manifestations ont eu lieu avec des mobilisations et des cacerolazos (manifestations en frappant sur de casseroles) en soutien à la lutte de la nation mapuche dans plusieurs municipalités de Santiago, Concepción, Temuco, Curacautín, Valdivia, Aysén et Punta Arenas.

Le commissariat d'Ercilla a été attaqué. Un incendie a touché l'église de Los Sauces, des soldats de l'armée ont été attaqués et un jardin d'enfants a été incendié.

Dans la nuit du 2 au 3 août, il y a eu des affrontements entre la police  et des  manifestants qui coupaient la circulation sur la route 5 sud, près de la commune d'Ercilla, dans le Wallmapu (région de l'Araucanie).

Manifestation ce 3 août à Collipulli, après une marche en faveur des comuneros en grève de la faim.. © Agencia Uno Manifestation ce 3 août à Collipulli, après une marche en faveur des comuneros en grève de la faim.. © Agencia Uno

A Panguipulli a été deboulonné une estatue de Bernardo O’Higgins. © Red Panguipulli A Panguipulli a été deboulonné une estatue de Bernardo O’Higgins. © Red Panguipulli

 Le 3 août, à midi, un camion a été incendié à Collipulli. À Panguipulli, un buste de Bernardo O'Higgins a été renversé par des membres de la communauté mapuche. Ceux-ci protestaient contre l'attaque, dans la nuit du 1er août, par des milices paramilitaires qui ont expulsé et brutalisé les occupants pacifiques des municipalités.

Le 3 août 2020, le maire de La Araucanía, Victor Manoli, a annoncé qu'il convoquerait une réunion inter-partis des anciens Intendentes regionaux, (équivalent des Préfets en France) afin de rechercher une "solution politique" au conflit dans la région. Mais ce n'était qu'une annonce qui ne s'est pas traduite par une invitation officielle. Cette annonce n'a été adressée qu'aux anciens gouverneurs et pas aux représentants des mapuches qui sont les acteurs du conflit.

Le sénateur Francisco Huenchumilla, de DC, déclare qu'il ne croit plus en une solution politique au conflit dans sa région. Il affirme que la confiance obtenue par l'ex-ministre Alfredo Moreno avec le Plan Araucanía a été perdue et que l'administration de Víctor Pérez à l'Intérieur essaie de récupérer le soutien de la base de la droite dure dans la région et non pas de  résoudre le nœud du conflit entre l'État chilien et le peuple mapuche.

"Le gouvernement [de Piñera] a pour objectif de regrouper ses forces, car il est politiquement affaibli et sait qu'il perdra probablement le référendum [pour, ou contre, le remplacement de l'actuelle constitution de Pinochet] le 25 octobre 2020. Il essaie de sauver sa coalition et terminer honorablement  son mandat. En vertu de cela, il va durcir ses actions pour regrouper les secteurs les plus durs", a-t-il déclaré dans une interview publiée par La Tercera le 4 août 2020.

Ces événements ne sont pas le fait du hasard, ils ont été planifiés. Ils s'inscrivent dans la poursuite et la défense de la politique de pillage par les grands propriétaires terriens et les hommes d'affaires qui sont à la tête des grandes entreprises forestières, tel que Forestal Mininco y Arauco (des groupes Matte et Angelini), agricoles et des latifundia, afin de criminaliser, persécuter et faire la leçon au peuple mapuche pour écraser ses revendications historiques et ancestrales légitimes

"Les responsables politiques de la répression contre le peuple mapuche sont le maire d'Araucanie, Victor Manoli, le ministre de l'Intérieur, Victor Perez et le président Sebastian Piñera. Cependant, les gouvernements de l'ancienne Concertación ont également une responsabilité, pour avoirmaquillé et réécrit la Loi Antiterroriste contre les membres de la communauté mapuche", a déclaré Teresa Melipal de Izquierda Diario, le 3 août 2020.

Chaque gouvernement depuis 1990 a renforcé la militarisation du territoire mapuche, en criminalisant leur lutte par des montages en fabricant de fausses preuves et des razzias contre les communautés. Ils gouvernent avec la même Constitution imposée par Pinochet, qui favorise les grandes transnationales dans les secteurs de la forêt et de l'énergie, en exploitant non seulement les territoires mapuches, mais aussi leur force de travail. Composé de travailleurs exploités, issus des mêmes communautés mapuches. Aujourd'hui, Wallmapu (région d'Araucanía) est l'une des régions les plus pauvres du pays, dans un retard de développement  afin de s’assurer de les maintenir dans des conditions d'exploitation et d'oppression par la mondialisation.

"Il y a ici un conflit historique entre l'État chilien et le peuple de la nation mapuche, concernant les droits politiques et territoriaux ; par conséquent, l'État a la responsabilité de devoir résoudre ces problèmes et le fait qu’il incite les milices à se soulever est très grave , en encourageant la violence de la part du secteur foncier, des hommes d'affaires usurpateurs et de l'ultra-droite", a souligné la porte-parole de la grève de la faim, Giovanna Tabilo, grève qui dure depuis 92 jours à la date du lundi 3 août 2020.

Enfin, ceux qui sont proches des machi ont indiqué que « notre peuple dans les communautés, dans les territoires, ne vont pas baisser leur garde, même si l'État du Chili, le gouvernement, essaie de nous intimider sur ordre des latifundistas, des hommes d'affaires avec leurs intimidations qu'ils ont toujours exercées et continuent d’exercer. Nous n'allons pas nous démobiliser et nous allons continuer. Notre machi Celestino est totalement convaincu et continuera sa grève de la faim jusqu’au bout quelles que soient les conséquences, en exigeant que toutes les demandes de tous les prisonniers politiques mapuches soient satisfaites . Sa conviction est intacte dans la poursuite de son combat, car il sait que les droits des pétitionnaires peuvent être obtenus. ».

Lundi 4 août, il y a eu une première rencontre entre les représentants mapuches du conflit et les représentants du gouvernement en Angol, qui a duré plus de deux heures. Au nom des Mapuches, il y avait le lonco Victor Queipul et les werkenes Rodrigo Curipán et Daniel Melinao, entre autres. Du côté du gouvernement, outre le sous-secrétaire Valenzuela, le gouverneur Juan Carlos Bernal était présent.

Après la réunion, le leader mapuche Rodrigo Curipán a déclaré à Radio Bío Bío que "nous partons avec le sentiment que nous n'avons eu qu'un premier contact. Selon nous, nous sommes encore loin de trouver une solution à la grève de la faim".

11 membres de la communauté mapuche en grève de la faim, parmi un total de 28.

Grevistes de la faim mapuche par lieu de prison. © Les grevistes Grevistes de la faim mapuche par lieu de prison. © Les grevistes

La police chilienne fait des montages, fabrique de preuves, pour accuser les mapuches et les faire condamner, comme dans le cas du cinéaste Oleg Sentsov, par le gouvernement de Putin, ou à la manière de l'affaire Tarnac en France, par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, sous le gouvernement de Sarkozy.

Celestino Córdova Tránsito (Prison de Temuco). Le Machi vient d'une communauté de Padre Las Casas, juste à la sortie de Temuco. Il a été condamné à 18 ans de prison pour « la mort du couple Luchsinger-Mackay en janvier 2013 ».

Sergio Levinao Levinao (prison d’Angol).. En 2017, il a été condamné à 15 ans de prison pour  « vol avec violence aggravée, port d'armes illégal et détention de personnes sur le domaine de Pemehue à Mulchén.

Víctor Llanquileo Pilquimán (prison d’Angol). Condamné à 21 ans de prison, en 2018, pour les délits de vol avec violence et port d'armes illégal », lors de l'attaque de la Caja de Compensación Los Andes, à Galvarino.

Sinecio Huenchullán Queipul (prison d’Angol). Il a été condamné à sept ans et 541 jours de prison en 2017 pour les « crimes de vol avec violence et de trafic de drogue ». Il a été accusé d'avoir participé au « vol d'une famille à Victoria ».

Daniel Canío Tralcal (prison d’Angol). En 2018, il a été condamné pour « l'attaque du domaine d'Oyama à Lautaro », à 16 ans de prison « pour incendie » en vertu de la loi sur les armes et vol avec intimidation. La police l'a relié au CAM.

Jorge Cayupán Ñiripil (Prison de Temuco). Il a été condamné à quatre ans et un jour de prison en octobre 2019, après « avoir été reconnu coupable de port illégal d'arme à feu », ainsi que de « tentative de meurtre sur un officier de police ».

Frères José et Luis Tralcal (prison de Temuco). Ils ont été condamnés pour le « crime du couple Luchsinger Mackay ». Après avoir été remis "en liberté", le PDI les a détenus à Santiago en 2019. Ils doivent purger une peine de 18 ans.

Fredy Marileo Marileo (prison d’Angol). Il est en détention préventive pour « l'homicide des fermiers communaux Jorge Marimán et Matías Cariqueo ». Le 30 juillet, sa mesure de précaution ( à vérifier dans un dictionnaire juridique) sera modifiée, mais l'accusé lui-même ne s’est pas présenté à l'audience.

Juan Queipul Millanao (prison d’Angol). En détention préventive depuis 2018, il fait l'objet d'une enquête pour le vol présumé d'un véhicule et d'une arme à Collipulli, après « l'agression d'un travailleur forestier » sur une route rurale.

Juan Calbucoy Montanares (prison d’Angol). Pour le crime de vol avec violence, il est en détention préventive depuis 2019. Il fait l'objet d'une enquête pour le « vol de véhicules » sur les routes d'Ercilla. Le 25 juin, il a été transféré à l'hôpital, sa grève de la faim s'étant intensifiée.

Prisoniers politiques mapuche dans la prison d'Angol © Collectiva LA ZARZAMORA Prisoniers politiques mapuche dans la prison d'Angol © Collectiva LA ZARZAMORA


La supremacía blanca de la raza morocha: Notas para un racismo endogámico.

                                        por, Bernardo Colipan, Tril-Tril mapu.

Sin duda, lo que impactó de los hechos de violencia racial en Curacautín, la noche del sábado 1º de agosto, estuvo dado que en esa ocasión  los agresores, fueron una poblada morena.

En la municipalidad de Curacautín, un grupo de comuneros realizaba una toma del recinto, para pedir la liberación de los presos políticos mapuche y el regreso del machi Celestino a su rewe.

Tanto los PPMM como el machi Celestino Córdova, cumplen más de 90 días de huelga de hambre.

El asalto a la municipalidad estuvo precedido, por la visita del ministro del interior a la zona de la Araucanía.

La visita y los dichos de Pérez, en donde confirmaba que la violencia está desatada en la Araucanía fue aplaudida por el Apra, organización de ultraderecha que coordinó junto a Carabineros la acción de violencia y que se adjudicó posteriormente el atentado.

El acto racista se convocó en horario de toque de queda. Los agresores no sufrieron represión de parte del ejército, ni fueron detenidos por la policía.

La supremacía blanca de la raza morocha, ha ido construyendo en Chile un racismo endogámico. Este criollismo defectuoso, constituye una extensión del racismo estructural chileno.

La memoria hegemónica ha modelado un ser nacional blanco, masculino y moderno. Esta blanquitud le permite verse a sí misma, como superior a las identidades otras, como los pueblos indígenas, las mujeres, los pobladores y campesinos/as.

En Chile, desde las asimetrías se van definiendo las relaciones al interior de la sociedad. La jauría de Curacautín, nos muestra la desnudez de un racismo endogámico.

Un aldeano de Curacautín, poblador y mapuche llama a carabineros para comunicar de la acción violenta que se prepara, solicita que no intervenga la fuerza policial y señala:

“  nosotros pedimos que nos autorice y ‘puta’ déjenos ser y déjenos que nosotros saquemos a los mapuche (..)  yo igual soy mapuche , tengo mis apellidos completamente mapuche y no estoy de acuerdo con lo que están haciendo ellos, (..) pero déjenos ser a nosotros, deje sacarme esa rabia que tengo

Resulta curioso que la instigadora del ataque racial, sea una vendedora de maquillaje en la Araucanía y que su apellido Naveillan no se le conozca significado.

La etnia chilena hace visible una apariencia blanca, que se muestra de una manera pura y  se arroga la autoridad de trazar la barrera sanitaria, entre la barbarie y la civilización.

Pero se trata de personas humildes, que han tenido una convivencia de siglos en el mismo territorio y que siendo igual de despojadas, violentan a familias mapuche que se encuentran en su mismo horizonte social.

No es que la pobreza tenga el esnobismo de liberar a sus indigentes y darle la oportunidad, cada cierto tiempo de inferiorizar a su vecino mapuche, para hacerlo sentir superior, por una sola vez en su vida.

No cabe duda, que la mayoría de la SS morocha ya se acabó la caja de comida que les envió su presidente. Luego se hará sentir el hambre y el frio en su población de fonola.

El racismo que fluye en la jauría de Curacautín, tiene su origen en una matriz colonial del poder que atraviesa las instituciones, los cuerpos, los territorios, los imaginarios. Corta con su filo todas las capas del orden social.

Desde la blanquitud como proyecto, la modernidad se instala en el walllmapu con medios irracionales, pero en su ambigüedad se muestra como una tendencia civilizatoria, dotada de un proyecto unitario, coherente, ético y con una lógica racional.

Los microracismos y micromachismos, son encarnaciones muy agudas en el cuerpo defectuoso del/la racista endogámico/a y fluyen con mucha espontaneidad.

El siglo XIX y XX con sus relatos de poder, fue alimentando y dándole vigor a este tipo de racismo.

Una editorial del diario "El Progreso" dice: “Lograremos exterminar los indios? Por los salvajes de América siento una invencible repugnancia sin poderlo remediar. Esa calaña no son más que unos indios asquerosos a quienes mandaría colgar ahora si reapareciesen. Lautaro y Caupolicán son unos indios piojosos, porque así son todos. Incapaces de progreso. Su exterminio es providencial y útil, sublime y grande. Se los debe exterminar sin ni siquiera perdonar al pequeño, que tiene ya el odio instintivo al hombre civilizado". 

La lógica del enemigo interno que resulta una amenaza, que puede contagiar el blanco cutis de la modernidad republicana.

La doctora Cordero refiriéndose a Alexis Sánchez, dice “Es feísimo, es horroroso. Es horrible. Es un indio horroroso”.

Checho Hirane en relación a la inmigración en Chile, señala: “Esto puede cambiar la raza. Yo he sido un defensor de la inmigración desde el punto de vista humanitario, pero también me preocupa el descontrol que ha habido respecto de esto“.

Los abuelos de la jauría de Curacautín que fueron a quemar la municipalidad, incendiaron un rewe y las camionetas de los peñi, junto a nuestros abuelos sufrieron la misma violencia colonial.

Los veteranos de la guerra del pacífico, fueron perseguidos en Curacautín como bandidos rurales, sufrieron la cárcel y fueron fusilados por la misma oligarquía que los envió a luchar por el salitre. La jauría de Curacautín tuvo abuelos perseguidos y maltratados por la misma oligarquía, que ahora les manda a exterminar enemigos internos. Ella obedece.

La sociedad mapuche ha reaccionado a las violencias coloniales, instalando mecanismos de defensa y de resistencias.

Porqué este grupo social -que ha sido igual de golpeado- no reacciona y al contrario muestra una discapacidad, para metabolizar esa violencia de clase y racial?

 El daño en su aparato psíquico que carga la jauría de Curacautín, lo hace presa fácil de de machismos y violencias intrafamiliares. Engrosa las filas en el registro civil para cambiarse de apellido y en la escala social, sus compañeros de la Udi lo señalan como un/a trepador/a.

Aunque el padre haya sido favorecido por la reforma agraria, él militaba sin asco en un partido de ultraderecha.

Hay un daño psicológico muy grave, en este sector de la sociedad chilena/popular.

Siendo su rostro moreno se mira en el espejo y se excita con su blanquitud imaginada

Sale de su mediagua, atraviesa a saltos su patio inundado de agua y toma el camino de la derecha totalitaria del país.

Estos racismos endogámicos que son productos de violencias coloniales, dejan en algunos, heridas que nunca se cierran de cansancio.

Las violencias raciales, que se han ejecutado en contra del pueblo mapuche , a través de invasiones militares y maltratos policiales han sido  : la Guerra de la pacificación, Matanzas, asesinatos de weichafe y presos políticos mapuche.

De manera natural la violencia patronal genera una rabia, un ilkun .

Esa rabia contenida, se libera en algunos como un magma de lucha y resistencia social.

En los discapacitados sociales, esa ira se reprime y cuando tiene que direccionarse hacia arriba, al lugar que ocupa el opresor, esa rabia se autocontiene.

Su sentimiento de culpa lo aplaca con efectividad.

En el fundo del patroncito, está el puesto de policía y de la iglesia donde rezan todos los fines de semana.

No le hace daño al patrón, porque tiene al colono introyectado en su conciencia.

El escupitajo, el codazo fluye más fácilmente con la mujer con la que vive y con el vecino que tiene a su lado.

Aquí no hay contención y cuando el chancho de al lado pasa a su sitio, toma el hacha y le parte la cabeza en dos al vecino.

El colonialismo crea un ser deforme en el colonizado.

Ese odio reprimido no circula hacia arriba, porque ahí, sí, lo autocontiene.

Moverá siempre su cola al amo que lo encadena.

El colonialismo tiene la capacidad de construir verdaderos monstruos en los subalternos. Crea un invunche identitario, un ser deforme que sólo obedece a quien lo alimenta de sangre.

Así como se hereda un trauma colonial, también se reproduce este sujeto servil que carga su daño psíquico.

Este invunche republicano no necesita de un Luksick o Matte que lo esté viendo -pues al tenerlo encarnado- obedece las órdenes de la siquis fascista que lo habita.

El racismo estructural de la sociedad actual tiene un encuadre, que permite y facilita que se levanten estos grupos de choque, entre otros podemos citar: la suma urgencia de la ley que crea el sistema de inteligencia, el comando jungla, la  militarización del territorio mapuche, la aplicación de la ley antiterrorista, los presos políticos mapuche, son todos dispositivos destinados a legitimar una violencia racista, del actual gobierno de derecha.

Llama la atención, cómo la jauría de Curacautín defiende a una clase hegemónica, a partidos de derecha, que nunca le darán siquiera un centímetro, en el trazado del país que controlan.

La indecente desnudez de la sociedad capitalista, en Chile ha convertido al vecino más humilde del barrio, en un triste facho pobre.

El racismo colonial en el sur de Chile, deshumaniza al otro, lo deja tullido y es capaz de convertir un grupo de indigentes, en una triste y rabiosa jauría racista

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