Altice-SFR / La CGT-FAPT appelle à débrayer 12 avril 2021 à partir de 10 h 00 !

SFR serait face à du dumping social. Rhôn'Telecom d'Altice France, crée actuellement de nombreux postes de qualification équivalente à ceux qui sont visés, postes souvent géographiquement situés sur les sites mêmes occupés par SFR. Ces postes sont en ligne sur le site internet de Pôle Emploi. La logique d’un dépeçage de SFR par ses actionnaires est en marche.

Patrick Drahi dit aux banquiers : « Le système Français est un excellent système, et paye les salaires à notre place. ». © lesjours.fr Patrick Drahi dit aux banquiers : « Le système Français est un excellent système, et paye les salaires à notre place. ». © lesjours.fr

COMMUNIQUE DE PRESSE CGT : MENSONGES ET MANIPULATIONS CHEZ SFR

Le 8 avril 202.

Des milliers de suppressions d’emplois chez SFR, déjà en manque d’effectifs. Des justifications fallacieuses avec un seul objectif final : enrichir l’actionnaire. Des conséquences désastreuses tant pour les salariés que pour les clients ou la collectivité.

La CGT-FAPT appelle tous les salariés à débrayer devant le site Balard ou en télétravail lundi 12 avril 2021 à partir de 10h00 !

SFR, UN ETAT DES LIEUX DIFFICILE POUR LES SALARIES

Après avoir opéré en 2017 le plus important plan de départs volontaires jamais initié en France (5.000 suppressions de postes soit 1/3 des effectifs), la direction de SFR remet le couvert en décidant de supprimer près de 2.000 postes (1.581 à l’UES SFR et 400 chez SFR Distribution).
Le PDV de 2017 avait pourtant durablement impacté l'entreprise et laissé les salariés exsangues : désorganisation des services, effectifs insuffisants, conditions de travail dégradées. Un partage de la richesse de l'entreprise qui s'est effondré, des augmentations nulles, des perspectives de carrière en conséquence, des salariés désabusés.
En mars 2020, au début de la crise sanitaire, Patrick Drahi s’adressait aux salariés en ces termes : « Nous sommes un grand groupe, international, solide, qui traversera cette crise mondiale et accompagnera ses équipes dans la durée. Vous pourrez toujours compter sur moi, je sais que je peux compter sur vous ». Les salariés peuvent aujourd’hui se rendre compte à quel point Patrick Drahi les soutient.

UN ACTIONNAIRE MAJORITAIRE AU DOUBLE DISCOURS

Alors que la direction de SFR dit aujourd’hui avoir des craintes sur la croissance et la position de l’entreprise, il y a un an, Patrick Drahi disait aux banques, concernant le marché des particuliers « après une baisse d’activité pendant cette courte période, il est certain que tous les clients vont nous appeler au secours en nous demandant de les raccorder au plus vite. Il y aura donc une baisse ponctuelle d’activité en raccordement… mais pas du tout en revenu. Ensuite, nous constaterons donc une énorme demande en raccordement FTTH… »

Et alors qu’il indiquait aux salariés de SFR « Notre responsabilité est immense. Nous permettons à nos concitoyens de continuer de vivre malgré les restrictions fortes dans chacun de nos pays », il donnait une autre version aux banques « Ils ne peuvent donc pas arrêter de payer leurs factures, car s’ils arrêtent de payer, nous leur coupons le service, et ils auront de gros problèmes. Donc, ils continueront à nous payer. »
Sur le chômage partiel, c’est un système que Patrick Drahi affectionne quand il s’adresse aux banquiers : « Le système Français est un excellent système, et paye les salaires à notre place. ». Un satisfecit de principe à l’adresse du gouvernement qui a su mettre en place un système sans condition pour les entreprises, mais que chaque contribuable devra rembourser demain par l’intermédiaire de l’impôt.


EN EFFET, SFR VA BIEN

Le marché des Télécoms est l'un des plus bénéficiaires et profitables de l'activité en France. C'est encore cette année 4,2 milliards € de résultats bruts d'exploitation pour SFR.
Les actionnaires se gavent littéralement de cette manne. Parmi les masses les plus importantes, plus de 2 milliards d'euros en 2016 pour les actionnaires (dont Patrick Drahi possédait 70% via Altice), la revente de l'activité pylônes pour plus de 4 milliards € entre 2019 et 2021.

DES ARGUMENTS FALLACIEUX POUR JUSTIFIER LE PDV

Aux salariés, le directeur général de SFR annonce que le marché serait atone, les investissements trop lourds (7,8 milliards en 2019), la réglementation très contraignante, l'interdiction de Huawei intenable, la pression concurrentielle en hausse, ...
Ce sont ces arguments dont se sert la direction pour tenter de justifier aujourd’hui cette coupe franche dans les effectifs alors même que la situation dégradée de l'emploi au niveau national risque d'amener un certain nombre de partants à ne pas aboutir dans leur recherche d'emploi et à se retrouver à la charge de la collectivité. Le chômage partiel, si utile dans les entreprises fragiles pour éviter les licenciements, la direction de SFR en use et en abuse et en plus, maintenant, veut supprimer des emplois.
Poursuivant, dans l’utilisation de l’argent public dans son projet destructeur et sauvage « Transformation et ambitions 2025 », la direction dit prévoir de compenser les emplois supprimés par des embauches de jeunes, dans le cadre du dispositif « 1 jeune, 1 solution ». Ce dispositif va permettre encore une fois à la direction de bénéficier d’aides publiques : aides à l’embauche, primes au recrutement, …

DES ÉCONOMIES QUI N’EN SONT PAS

Malgré ses résultats insolents, la direction de SFR veut encore faire des économies : 287 millions € sur la période 2021-2023, ce qui représenterait par an moins de 1 % de l'investissement et de ce qu’accapareront les actionnaires, indifférents au fait que détruire autant d’emplois c’est aussi prendre le risque de détruire autant de vies, de faire peser une charge supplémentaire sur la collectivité.
Mais au risque aussi de s’autodétruire : SFR a un rôle national, comme opérateur d'importance vitale, tant auprès du public par le biais des services qu'elle offre qu’à l’égard de l'Etat et de l'administration, par l'intermédiaire des contrats publics. Déjà avec les effectifs présents dans l'entreprise la mission est difficile à remplir. Qu’en sera-t-il demain ?

Une piste : peut-être une partie de ces emplois sont-ils en réalité externalisés. Et on serait face à du dumping social. Une autre entreprise du groupe, Rhôn'Telecom, crée actuellement de nombreux postes de qualification équivalente à ceux qui sont visés, postes souvent géographiquement situés sur les sites mêmes occupés par SFR. Ces postes sont en ligne sur le site internet de Pôle Emploi. Ni les salaires ni les accords ne sont les mêmes pour ces emplois, bien entendu. Ce thème est soigneusement tu lors des discussions avec la direction.
SFR SA, en 2012, c'était plus de 9.000 emplois. La cible visée aujourd'hui, c'est 4.600, soit la moitié. La spirale déflationniste suivie par la direction est mortifère. Elle supprime des emplois, se retrouve en difficulté pour pénétrer certains marchés et décide à nouveau de supprimer des emplois. La logique d’un dépeçage de SFR par ses actionnaires est en marche.
Les résultats, ce sont des salariés encore plus en difficulté, des objectifs inatteignables, des services encore plus désorganisés, un avenir incertain, une insécurité permanente, un sentiment de harcèlement, le mépris des actionnaires, ... des salariés trahis par leur entreprise. Et en fin de compte, une entreprise qui risque d'être encore plus en difficulté pour remplir son rôle public. SFR n'est-elle pas en train de trahir sa mission?


La CGT exige que cessent ces opérations et manipulations qui ne profitent qu'à quelques privilégiés et qui se font tant au détriment de la collectivité que de l'entreprise. Au sommet de la pyramide, Altice Europe est détenue à 92% par un seul actionnaire : Patrick Drahi …
Le sujet de l'organisation de l'entreprise existe bien : les salariés ont besoin d'être mobilisés sur un projet fondateur, l'organisation a besoin d'être remise à plat. Il faut recruter, donner des perspectives aux salariés, réévaluer les salaires, partager la richesse de l'entreprise.

Informations sur le débrayage : Un débrayage à l’appel d’une organisation syndicale rentre dans l’exercice du droit de grève. Il ne peut vous être appliqué aucune sanction. Vous n’avez aucune obligation de prévenir votre hiérarchie. Vous pouvez exercer ce droit en TAD. Il vous suffit de n’effectuer aucun travail pour SFR et de ne participer à aucune réunion.

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Vos représentants syndicaux CGT FAPT chez SFR

Ahmed ACHAMRAH – Réseau & SI : 06 11 70 51 81
Didier BERNARD – SRR : +262 692 69 77 59
Sylvie FONDACCI – B2C-FS : 06 03 12 45 17
Marc LESIRE-OGREL – B2B : 06 12 65 46 19

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