CHILI / Violences sexuelles policières envers de maraîchères mapuche

Le 4 mai 2020 un groupe de maraîchères mapuche ont été arrêtées sans raison par la police chilienne sous l'instigation du Maire de Temuco Miguel Becker Alvear, du parti au pouvoir de Piñera. Voici le communiqué des associations des maraîchères et de défense des droit humains, tel que Amnistie International.

Maraîchères protestent contre l'harcelement policial et des inspecteurs municipaux. © Cooperativa.cl Maraîchères protestent contre l'harcelement policial et des inspecteurs municipaux. © Cooperativa.cl

Plainte pour tortures présentée par les avocats de maraîchères torturées sexuellement par la police chilienne.

A la date du mercredi 17 juin, une plainte a été déposée pour abus contre à des personnes, détention illégale, et tortures commises à l'encontre de trois femmes mapuches, maraîchères, pour des événements qui ont eu lieu le 4 mai. L’acte le plus grave a consisté en la nudité forcée à laquelle elles ont été soumises, qui constitue un acte de violence sexuel et de torture.

Aucune femme ne doit se voir infliger des actes d’une telle nature, et encore moins par des agents de l'État. Dans ce cas, il s'agissait de carabiniers, couverts ou soutenus par l’ex-militaire et actuel maire de Temuco [Miguel Becker Alvear, Renovación Nacional]. De plus, ce maire a engagé d'anciens carabiniers condamnés pour des crimes de torture en tant qu'officiers du ministère public, chargés de les [maraîchères] persécuter.

De telles aberrations  sont courantes en temps de guerre, et ce sont les femmes qui en sont le plus souvent victimes. Au Chili, l'État et ses agents, se comportent comme si nous étions en guerre, et comme si les ennemis étaient les maraîchères mapuches qui vendent à Temuco les produits agricoles.

Actuellement, dans le monde entier, nous connaissons une crise sanitaire. La pandémie affecte gravement les personnes en situation de pauvreté et plus encore celles qui font du commerce informel. Sur le territoire de Temuco, il a été décrété une quarantaine totale, de sorte que la plupart des personnes engagées dans le commerce informel ont été directement touchées, dans leurs revenus, sans pouvoir assurer leur survie pendant cette période.

Lorsque la quarantaine est levée, le 4 mai, les maraîchères mapuches sont sorties pour vendre leurs produits et ont été réprimées par d'importants contingents de police et d'inspecteurs municipaux qui les ont attaquées et ont ensuite détruit leurs productions, avant de les arrêter et de les emmener au deuxième commissariat de police de Temuco.

C'est là que se sont produits les faits les plus graves, puisque deux des plaignantes ont été forcées de se déshabiller, ces actes ayant été commis par des représentants de l'État. Ces faits sont classés comme des actes de torture.

Les organisations des droits humains et les personnes soussignées annoncent qu'elles ne toléreront pas ce type d’acte sur les femmes. Nous exigeons que le Ministère Public ouvre une enquête sur les actes graves dénoncés et que les responsables soient condamnés, afin qu’aucune femme, quel que soit son milieu, ne subisse plus jamais de tels actes de violence.

La plainte sera introduite par les avocats :

Karina Riquelme Viveros et Jaime Madariaga De La Barra.

Conseiller d'Hortaliceras :

Javiera Baeza Merdanevic.

- Association indigène des producteurs de légumes Kelluzomowen

- Association des producteurs de légumes indigènes Folil Mapu

- Amnesty International - Chili

- Commission d'éthique contre la torture

- Assemblée féministe plurinationale

- Coordinatrice féministe 8M

Autres signataires de ce communiqué communiqué :

Signataires du communiqué © Asociaciones mapuche de productores de legumbres Signataires du communiqué © Asociaciones mapuche de productores de legumbres
 © Asociaciones mapuche de productores de legumbres © Asociaciones mapuche de productores de legumbres


Dans la presse chilienne :

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