Altice-SFR / La CGT-FAPT interpelle les deputés sur la suppression de 2000 emplois

La CGT FAPT interpelle les députés à propos du PDV avec la suppression de 2000 postes chez SFR. Lors du débrayage du 12.04.2021 la CGT à SFR a demandé à être reçue par Grégory RABUEL, Dir. Gral de SFR, mais son "agenda était trop chargé". Par contre, il est disponible pour l'UNSA et la CFDT ... normal, ils sont plutôt pour la grandeur du chèque, et non pour s'opposer aux licenciements abusifs.

Le théâtre de l'Odéon, occupé depuis presque deux mois. © D.I. Le théâtre de l'Odéon, occupé depuis presque deux mois. © D.I.

La CGT FAPT a décidé d’interpeller les députés à propos du PDV et de ses effets délétères avec la suppression de 2000 emplois chez SFR. Vous trouverez ci-après le courrier qui vient de leur être adressé.

Le débrayage du lundi 12 avril devant l’Altice Campus à Paris a réuni plusieurs responsables de la CGT FAPT au niveau fédéral, régional et départemental. Des prises de parole ont eu lieu pour dénoncer cette situation.

La CGT FAPT a demandé à être reçue par Grégory RABUEL, directeur général de SFR, mais il nous a été répondu que son agenda était trop chargé.

SUD a rejoint notre mouvement et nous leur avons volontiers cédé la parole au micro. Nous projetons de mener d’autres actions, notamment d’appeler toutes les organisations syndicales à nous rejoindre pour un rassemblement général. Nous ne manquerons pas de vous en informer.

Meeting au siège de SFR lors du debrayage du 12 avril 2021 © CgtSfr Meeting au siège de SFR lors du debrayage du 12 avril 2021 © CgtSfr

Paris, le 20 avril 2021

Madame la députée / Monsieur le député

La CGT FAPT vous interpelle par ce courrier pour vous alerter sur un nouveau plan de départs volontaires (PDV) décidé par la direction de SFR le 3 mars 2021, visant à détruire près de 2000 emplois au pôle télécoms d’Altice France, tant dans les services centraux que dans les boutiques. Ce plan s'accompagne d'une réorganisation qui aura des conséquences lourdes sur le fonctionnement de l’entreprise.

Le marché des Télécoms est l'un des plus dynamiques et rentables dans notre économie actuelle. SFR, la branche télécoms d’Altice, a réalisé un chiffre d’affaires de 10,6 milliards € en 2020. Son résultat brut d’exploitation a progressé de 3% à 4,2 milliards d’euros.

Les arguments avancés par la direction pour justifier ce PDV sont contestables : risque sur les résultats, marché prévu comme atone, investissement nécessaire au remplacement des équipements Huawei, …

En réalité, SFR se porte très bien, et si l'avenir devait être obscurci, il ne le serait que par les prélèvements exorbitants que les actionnaires opèrent sur l'entreprise depuis des années ainsi que par le démantèlement de pans entiers de son activité. C'est le patrimoine et les moyens de SFR qui sont dilapidés : un exemple avec la cession des pylônes par SFR à la société Hivory du groupe Altice pour 280 millions €, société qui a ensuite été valorisée et revendue à l’opérateur espagnol Cellnex pour 4,6 milliards € au profit des actionnaires. Une opération similaire est en cours avec SFR FTTH (déploiement des réseaux fibre) …

La direction tente de justifier cette réorganisation par des arguments de sureffectifs, de baisse d'activité, par appel à la sous-traitance d’ores et déjà largement utilisée à l’intérieur même du groupe Altice (Intelcia TMG, Rhôn’Telecom, …). Mais ces justifications portées par l'employeur apparaissent comme fallacieuses aux salariés. Nombre de ceux-ci sont en grande souffrance, surchargés de travail. Le précédent PDV, en 2017, a vu partir plus d'un tiers d'entre eux avec la suppression de 5000 postes. L'organisation mise en place à ce moment s'est montrée (et continue de se montrer) défaillante. Ce nouveau PDV va aggraver une situation déjà désastreuse, et SFR risque de ne pas être en mesure de remplir ses missions auprès du public. La qualité du réseau mobile SFR, souvent montrée du doigt, est déjà une illustration de ces défauts d'organisation et d'effectifs. La presse a déjà relevé à de nombreuses reprises les retards et malfaçons du déploiement fibre.

Parmi les missions de SFR, il y a celles auprès du grand public, des entreprises, mais aussi celles qui sont liés aux marchés publics. SFR, en tant qu'Opérateur d'Importance Vitale (OIV) a des engagements auprès de l'Etat et des grandes entreprises. Le risque que ce PDV ait un impact négatif sur les services est réel. N'y aura-t-il pas de conséquences néfastes sur ses activités à l'égard de l'administration, de la Défense Nationale, de l’Intérieur ? Et qu'en sera-t-il pour les contrats passés avec les nombreuses entreprises, dont certaines sont elles aussi classées OIV ? Comment pourra se faire le déploiement d’un réseau 5G efficace et accessible à tous dans ces conditions ? Le projet de PDV ne se penche jamais sur ces sujets de fond qui sont pourtant les vraies clés de l’avenir de SFR.

Par ailleurs, tout en projetant de supprimer des emplois, ce projet fait la part belle à l'utilisation de l'argent public. Son ambition affichée est de rentrer dans le cadre du dispositif « 1 jeune 1 solution ». Mais quand cette ambition est mise en parallèle avec la destruction de 2.000 emplois, elle se résume à réduire les coûts salariaux tels qu'ils sont aujourd'hui, en remplaçant des salariés compétents et ayant une certaine ancienneté, par des jeunes qui seront recrutés à des niveaux proches des minima sociaux, en ayant recours à des aides publiques à l'embauche ainsi qu’à des exonérations de cotisations sociales. Sans oublier les informations relayées par la presse sur l’emploi de travailleurs sans papiers par des entreprises du groupe Altice pour déployer la fibre dans certains départements …

Le recours à l'argent public par Altice est une habitude : recours au CICE, chômage partiel, … La mesure de chômage partiel permet à de nombreuses entreprises fragiles de se maintenir avec une activité réduite et leur évite de licencier pendant cette crise sanitaire. La direction de SFR a profité de cette mesure, alors même que son activité n’est pas réduite et qu’elle n’est pas fragile. Et pourtant, elle initie maintenant une destruction des emplois.

En résumé, la CGT FAPT dénonce auprès de vous les décisions d’une entreprise qui se dégage de toute responsabilité économique et sociale au profit de l’intérêt exclusif de ses actionnaires (M. Drahi à lui seul détient 92% d'Altice), dans une période rendue difficile par la crise sanitaire et qui, pour ce faire, détruit des milliers d'emplois.

Par la présente, la CGT-FAPT vous alerte donc sur ce projet qui, à tous les niveaux, risque de porter préjudice aux intérêts de la France et à sa souveraineté. Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Député, Madame la Députée, l'expression de notre
considération distinguée.

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Les représentants syndicaux de la CGT FAPT chez SFR
Marc LESIRE-OGREL
Sylvie FONDACCI
Ahmed ACHAMRAH
Didier BERNARD
Pour nous contacter : 06 12 65 46 19 et 06 03 12 45 17


Fédération nationale des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications CGT
http://www.cgt-fapt.fr - e-mail : fede@cgt-fapt.fr

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