SFR - ALTICE / Débrayage ce 24 juin : le double discours des syndicats majoritaires

La CGT a vu la voie que les Organisations syndicales représentatives ont empruntée [UNSA, CFDT, CFTC]. Le principe réformiste qu'elles appliquent consiste à « accompagner l'entreprise dans ses transformations », avec l'idée d'un résultat gagnant/gagnant. Accompagner l'entreprise dans ces conditions, revient à appliquer aveuglément le dogme réformiste.

Meeting devant Altice Campus à Paris lors du debrayage du 12 avril 2021 © CgtSfr Meeting devant Altice Campus à Paris lors du debrayage du 12 avril 2021 © CgtSfr

La CGT à SFR a écrit aux salariéEs, voir ci-dessous, et plus loin la communication de SUD

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"Depuis que le projet de PDV a été lancé, la CGT a porté une analyse et a été à l'origine de plusieurs initiatives.

L’analyse de la CGT :
Nous affirmons que la direction de SFR utilise des arguments fallacieux pour justifier le PDV.
• L'avenir commercial et financier de l'entreprise n'est pas en danger,
• Les effectifs ne sont pas trop élevés, au contraire,
• Il n'est pas acceptable de supprimer 2.000 postes d'un côté et de recourir à l'argent public de l'autre (embauche de jeunes sur contrats aidés, chômage partiel).
• Les risques de désorganisation sont élevés (nous en avons tous souffert après le précédent PDV), avec des conséquences sur la qualité des services que nous délivrerons à nos clients publics et privés.

Nous savons tous que la raison de ce PDV, c'est la soif inextinguible d'argent de nos actionnaires. Le seul talent qu'ils ont démontré est financier, leur seul intérêt est ce qu'ils s'approprient. Nous savons qu'ils sont prêts à tuer SFR (et nous avec) si ça peut leur rapporter quelque chose.

Pourtant, il reste préférable de travailler chez SFR que dans nombre de PME : Un travail stable alors que la période qui s'ouvre est très incertaine au niveau de la possibilité de trouver un emploi. Malgré cela, nombre de salariés espèrent pouvoir partir dans le cadre de ce PDV. Paradoxe ? Non, car nombre d'entre vous évoquent le climat de terreur qu'ils subissent dans l'entreprise, l'absence de perspective (tant individuelle que collective).

Cette volonté de départ est le signe du malaise humain et organisationnel que nous observons au quotidien. C'est sur ce sujet et lui seul qu'il faudrait déplacer les négociations. Et ce n'est pas une baisse des effectifs ainsi qu'une perte des compétences dont SFR a besoin, mais exactement l'inverse. Il faut que SFR rentre dans la dynamique de croissance dont elle est capable, ce qui passe aussi par des négociations sur les salaires et les carrières.

Les initiatives de la CGT :

Nous savons que nos actionnaires sont des individus qui ne sont prêts ni à discussion, ni à concession et qu'ils sont dénués de scrupules. Les interpeller dans ces conditions reviendrait à donner des coups d’épée dans l’eau.

Nous avons donc travaillé :
- en vous appelant à réagir :

  • en faisant un appel au débrayage le 12 avril
  • en communiquant régulièrement
  • en faisant, avec SUD un sondage et une pétition

- par des communiqués de presse
- en interpellant la sphère politique : la légitimité d'une entreprise qui gagne beaucoup à lancer un PDV est nulle, la période actuelle ne faisant qu'aggraver.

  • courrier aux députés
  • courrier aux sénateurs
  • courrier aux candidats aux élections régionales

Plusieurs d'entre eux ont écrit à Bruno LE MAIRE pour évoquer l'absurdité du projet de SFR.

Nous avons vu la voie que les Organisations syndicales représentatives ont empruntée. Le principe réformiste qu'elles appliquent consiste à « accompagner l'entreprise dans ses transformations », avec l'idée d'un résultat gagnant/gagnant. Mais où est la transformation d'une entreprise quand le seul objectif est le profit de deux actionnaires richissimes et la conséquence une casse sociale d'envergure ? Il n'empêche, elles ont essentiellement communiqué sur « les conditions du PDV, ça ne va pas », c'est à dire « plus de sous pour les salariés ». Et un petit peu sur «il faut se garantir pour les conditions de travail post-PDV». Accompagner l'entreprise dans ces conditions revient à appliquer aveuglément le dogme réformiste dans des conditions où il va à l'inverse de toutes ses raisons d'être.

Nous avons tenté de discuter avec elles : à l'initiative de SUD, nous avons ouvert les discussions. Silence coupable, suivi d'une communication de leur part expliquant que seules les Organisations syndicales représentatives ( OSR : CFTC, CFDT, UNSA) sont habilitées à être dans les négociations... La porte est donc close. Dommage, parce qu'être représentatif ne signifie pas qu'on ne fait ni ne dit de grosses bêtises. Qu’elles se rapprochent petit à petit de la position de la CGT est un signe. La meilleure manière de faire, c'est encore de discuter avec des gens qui n'ont pas exactement le même point de vue.

Nous ne sommes guère étonnés de la suite des événements. Après avoir négocié très longtemps, s'être confrontées au mépris de l'employeur, elles se retrouvent contraintes de lancer des opérations qui ne sont pas dans leurs gènes.

• Appeler au débrayage, mais limité à quelques heures, pendant le temps de déjeuner, et sans entrer dans les détails pour les nombreux salariés encore en TAD. En somme le truc qui ne sert à rien, sauf si des personnalités et la presse sont présents.

• Faire glisser leur communication, en insistant plus sur les conditions de travail des restants et les risques pour l'entreprise, mais en gardant bien présent l’amélioration des conditions du PDV, ce qui est incohérent quand dans le même texte elles dénoncent les motifs de ce PDV

• Interpeller le monde politique, la presse...

Mais il faut signaler que ce dernier point est très risqué pour les OSR. Si elles espèrent que le débat public s'empare de ce PDV, sous la forme « supprimer 2.000 emplois alors que SFR gagne de milliards et utiliser l'emploi public », elles peuvent s'attendre à être mises en accusation d'avoir demandé d'améliorer les conditions du PDV. Leur position est évidemment intenable, au même titre que leur acceptation du principe de ce PDV. Nous ne doutons pas qu’elles auront le talent de trouver une explication. Qui reviendra sans doute à dire qu’elles ont bien l’intention de plier devant la direction.

La CGT appelle maintenant les OSR : CFDT, CFTC et UNSA, à revoir leur copie. A se mettre clairement en barrage et en refus du PDV. À demander que s'ouvrent des négociations sur une réorganisation de l'entreprise sans suppression de postes, mais plutôt en recrutant. À discuter sur les salaires, les carrières, le partage des richesses dans l'entreprise. À aider au recrutement de jeunes et élaborer un vrai dispositif de fin de carrière. À demander l'arrêt du démantèlement de SFR. En quelques mots : faire de SFR une entreprise d'avenir que nous ne souhaiterions pas quitter au premier PDV venu.

Les salariés qui le souhaiteront pourront essayer d'interpeller les OSR le 24 juin sur ces thèmes, pour autant qu'ils aient la possibilité de s'exprimer.
"

Les représentants syndicaux de la CGT FAPT chez SFR
Marc LESIRE-OGREL
Sylvie FONDACCI
Ahmed ACHAMRAH
Didier BERNARD
Pour les contacter : 06 12 65 46 19 et 06 03 12 45 17


Communication de SUD :

SUD à SFR © SUD SFR SUD à SFR © SUD SFR

  Bonjour à toutes et à tous.
 

Les batailles juridiques menées, que nous saluons, se poursuivent au sein du pôle télécoms d’Altice. Une nouvelle victoire pour les salariés est tombée coté SFR distribution la semaine dernière. Le tribunal de justice condamne SFR Distribution à répondre aux demandes du cabinet d'expertise Sextant dans le cadre de la présentation des Orientations Stratégiques et suspendant l'information consultation liée au PDV pour cette seule entreprise durant ce temps.

Mais on ne peut se contenter de ces victoires, la direction avance tel un bulldozer, il nous faut réagir ensemble.

Une recherche d'unité.

Depuis l'annonce du Plan de Départs Volontaires (PDV) 2021, SUD est opposé à sa mise en place chez SFR. Nous comprenons qu'un tel plan puisse être intéressant à titre individuel,  mais nous refusons la destruction de 2000 emplois pour permettre à quelques nantis de s'en mettre encore plus plein les poches. Et c'est encore plus vrai pour SFR qui a d'excellents résultats financiers et qui a largement profité d’argent public et d’argent issu des caisses de la sécurité sociale.

Le 19 mai 2021, SUD proposait l'unité à toutes les organisations syndicales chez SFR, via l'idée d'une mobilisation UNITAIRE pour juin. Les Organisations Syndicales Représentatives (OSR) (UNSA-CFDT-CFTC) n’ont donné aucune suite à cette proposition.
Elles appellent aujourd’hui à la mobilisation seules de leur côté.

SUD (Solidaires Unitaires et Démocratiques) ne jouera pas la division.

SUD appelle les salariés de l’UES et de SFR Distribution à une journée de grève ce 24 juin sur les revendications suivantes :

  • une garantie d’emploi pour les années futures,
  • des conditions de travail améliorées,
  • une charge de travail soutenable (embauches),
  • une meilleure répartition de la valeur ajoutée (salaires, intéressement, participation),
  • le renforcement des dispositifs de formations interne,
  • la préservation de l’emploi dans les régions métropolitaines et d’outre-mer.

Nous constatons par contre que, si les OSR clament également haut et fort que ce plan ne peut être justifié par une aucune raison économique par SFR, ces mêmes OSR ne contestent pas sa mise en place en elle-même
Elles se contentent aujourd’hui de coopérer en souhaitant négocier avec la direction le nombre de salariés qui resteront dans l'UES SFR, ainsi que les modalités de départ pour les salariés qui partiront.
Or de très nombreux services croulent sous l’activité, STC, ADV, DSI, Commerce… générant stress et souffrance au travail !

Pour SUD, défendre l'intérêt général c'est faire en sorte qu'il n'y ait aucune destruction d'emplois dans une entreprise comme SFR.

Ce 24 juin 2021, nous serons donc en grève pour demander l’abandon pur et simple de ce projet de PDV et pour demander des embauches internes.

SUD invite donc les OSR à ouvrir les yeux. Nous sommes face à une direction et deux actionnaires bornés, qui campent sur leurs positions. Ils refusent tout débat, toute remise en question des motifs économiques, toute reconnaissance des risques de cette vision industrielle qu'est la leur. Ils refusent de reconnaitre la surcharge de travail déjà en place, avec les souffrances qui en découlent.

Les organisations syndicales sont des contre-pouvoirs, nous n’avons de réelle force face au patronat et aux financiers que si ces grands possédants voient qu’un grand nombre de salariés se mobilisent.
Aujourd’hui, la direction traite les organisations syndicales et donc les salariés comme des paillassons.
Il est grand temps d'arrêter de demander l'aumône et de basculer sur une lutte plus frontale contre ce PDV qui n'a aucune autre raison d'être que celle d'assurer une meilleure rentabilité pour quelques nantis.

Un PDV peut en cacher un autre.

C’est bien aujourd’hui qu’il faut réagir !
Les activités partent de plus en plus en sous-traitance. A terme, nous, salariés de SFR, n’aurons plus aucun moyen de défense en perdant le rapport de force qu’une grosse mobilisation permettrait encore aujourd’hui de créer.
Quel sera l'impact d'une mobilisation demain quand la majorité des activités de SFR seront traitées en externe ? Si on ne se mobilise pas massivement aujourd’hui CONTRE ce PDV, demain, nous ne serons plus en capacité de nous défendre face aux nouvelles restructurations que la direction ne manquera pas de vouloir nous imposer.

SUD appelle donc tous les salariés de l'UES et des boutiques à poursuivre la mobilisation initiée en ce début de mois de juin ! Ensemble ne subissons plus ! Ensemble ayons le courage de dire non à la direction, de dire non à ces destructions d'emplois injustifiées, non à la déshumanisation de notre travail ! Faisons le pour nous, pour nos clients, pour les générations futures.

Nous appelons également dès aujourd'hui à travailler ensemble à une suite de cette mobilisation.
En cette fin de mois, fin de trimestre et fin de semestre, nous sommes dans le bon timing pour mettre en place un réel rapport de force. Nous pouvons avoir un gros impact sur les résultats de l'entreprise.Ils ont l'argent (que nous produisons), nous avons le nombre !

Montrons à Armando Pereira ce que ça fait quand REELLEMENT on se la coule douce !

Quelques informations pour faire grève :


En complément de cette manifestation, dès le 09 juin 2021, SUD a décidé de passer à la mobilisation.
SUD vous proposait ces premières actions qui en appelleront d'autres :
- La pétition mise en ligne avec la CGT.
- Mobilisation sur les réseaux sociaux avec ce kit de mobilisation en ligne.

SUD vous invite donc à signer et faire tourner en masse ces deux premières actions auprès d'un maximum de personnes, collègues, amis, famille... .

#MauvaisPlanSFR.

Pour celles et ceux qui auraient raté le tract SUD envoyé par mail jeudi 10 juin, retrouvez-le ici.

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