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Billet de blog 26 juil. 2011

Manifestations massives d'étudiants, lycéens et profs au Chili, mettent en crise le gouvernement chilien

Les manifestations massives d'étudiants, lycéens et professeurs qui se succèdent depuis deux mois au niveau national au Chili, ont crééune crise politique gouvernementale. De huit ministres qui changent, seulement il y a quatre nouveaux. Les autres quatre jouent aux chaises musicales.Voir les vidéos à la fin.Photo, de gauche à droite, les UDI : Pablo Longueira, ministre d’ Economía, Andrés Chadwick, Secrétaire Général du Gouvernement, Joaquin Lavin ministre de la Planification et Julio Dittborn Vice-président UDI, à coté de Pinochet il y a 22 ans ; carton presque plein pour les héritiers du pinochetisme.

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Les manifestations massives d'étudiants, lycéens et professeurs qui se succèdent depuis deux mois au niveau national au Chili, ont crééune crise politique gouvernementale. De huit ministres qui changent, seulement il y a quatre nouveaux. Les autres quatre jouent aux chaises musicales.

Voir les vidéos à la fin.

Photo, de gauche à droite, les UDI : Pablo Longueira, ministre d’ Economía, Andrés Chadwick, Secrétaire Général du Gouvernement, Joaquin Lavin ministre de la Planification et Julio Dittborn Vice-président UDI, à coté de Pinochet il y a 22 ans ; carton presque plein pour les héritiers du pinochetisme.

Le président Piñera (le même qui s'est fait connaitre par l'utilisation médiatique du drame des 33 miniers enfermés dans une mine au nord du Chili) a fait un "roque", comme aux échecs, pour essayer de souffler un peu face à la soutenue lutte des étudiants contre l'approfondissement de la privatisation de l'Education secondaire et supérieure. Dans ce remaniement le 18 juillet le ministre de l'éducation Lavin, leader du groupe politique héritier du pinochetisme, l'UDI, a dû permuter son poste pour un moins important, celui de Ministre de la Planification,(Mideplan). Ce portefeuille, entre autres, définit les politiques envers les peuples originaires, qui sont en conflit avec l'état chilien. Dans ce remaniement est sortie aussi, la détestée EnaVon Baer Jan, ex-Secrétaire Général du Gouvernement, équivalent au poste du porte-parole du gouvernement en France. La permutation de Lavin de ce ministère obéi aussi au but de le sortir de la première ligne du conflit pour le protéger des acussations de la Contraloria General de la Républica (similaire à la Cour des Comptes) qui a mis en évidence qui avait eu des profits lors de sa participation à la Direction de l'Université du Développement, privée mais interdite de faire des bénéfices.


En janvier de cette année, Lavin, ex-ministre de l'Education, avait fait passer une loi de contre-réforme de l'éducation qui accentue la privatisation de l'éducation commencée sous Pinochet. Enavril et mai ont commencé les premiers conflits des étudiants en opposition à la contre-réforme. Le 6 avril, les activités se sont paralysées dans L'Université Central du Chili (UCEN). Depuis juin decette année au Chili il s'est succédé au moins 14 grandes manifestations de lycéens et de étudiants pour la nationalisation del'Education, secondaire et supérieure, ainsi que pour en finir avec les profits illégaux, et faire appliquerla loi qui interdit le but lucratif dans l'enseignement.


Le16 juin, les lycéens et les mineurs du cuivre, des entreprises de sous-traitance, ont organisé une manifestation ensemble à Santiago. Les mineurs ont marché depuis Rancagua près de la mine "El Teniente" jusqu'à Santiago. Leur consigne est tout un programme :"Renationalisation des mines du cuivre, pour une éducation de qualité". Programme jamais proposé par les partis institutionnels depuis la sortie de Pinochet en 1990 et pendant 20 ans de gouvernements de l'alliance de socialistes et de démocrates chrétiens dans La Concertation. De toutes les manifestations, les plus marquantes ont été celles du 1er., 16, et 30 juin et celle du 14 juillet. Cette dernière date choisie en allusion directe à la date de la prise de la Bastille, qui continue à être une référence dans l'imaginaire populaire en Amérique du sud, la France étant paradoxalement un modèle révolutionnaire, encore. Lors de ces deux dernières dates ce sont au moins 200 mil manifestants, qui se sont trouvés à défiler, au niveau national, 70 000 à Santiago ce 14 juillet.
Ce mouvement a emprunté certaines caractéristiques des mouvements récents en Grèce et en Espagne : massifs, très créatifs, non violents, refus de récupération par les partis institutionnels ( "Marchons sans partis", banderoles avec les dessins des logos de tous les partis, brûlés).

Photo : Effigies des ex-présidents de La Concertation, Bachelet et Frei, l'actuel président Piñera, l'ex-ministre de l'éducation Lavin et Pinochet.

Ces manifestations ont pris la forme d'un vrai carnaval. Toute la population participe avec les lycéens et les étudiants. L'éducation dans l'imaginaire chilien constitue un espoir de promotion sociale très fort dans les secteurs populaires qui les motive bien plus qu'en Europe. Renoncer à cet espoir est inacceptable pour les parents. Le mouvement, de par son ampleur, a dépassé le cadre purement "corporatif" et s'est situé directement dans le terrain politique, le seul capable d'accomplir ses objectifs, c'est ainsi que le mouvement lie sa lutte à celle d'une Assemblé Nationale Constituante. Sur ce point, l'écrivain Luis Sépulveda a interpellé Ena Von Baer Jan, l'ex-porte parole du gouvernement qui s'est posé la question "quel rapport a l'éducation avec la constitution d'une assemblée nationale constituante ou avec la nationalisation du cuivre" ? en faisant l'imbécile.


Les affrontements avec la police, mis en avant par tous les médias chiliens, concernent environ 200 jeunes radicalisés, à Santiago. Parmi eux quelques tout petits groupes La nouvelle génération protagoniste de ce mouvement n'a pas vécu la peur de la dictature et de par sa créativité, sa disposition à l'horizontalité et sa transparence, ce mouvement représente une nouvelle forme de pratique politique dans un contexte qui, sans la camisole de force et les obstacles politiques intrinsèques aux partis [concertationistes ] des gouvernements du post-pinochetisme, a fait preuve d'une nouvelle subjectivité. Ainsi, il a montré le besoin d'un nouveau Chili, d'une Deuxième République où nous puissions tous vivre dans des conditions meilleures, en forgeant un futur construit par nous tous".
Voici quelques vidéos qui rendent compte de la situation en cours au Chili :

  1. L'éducation au Chili, dans quel langue je te le dis ?
  2. Résume de la situation de l'éducation au Chile
  3. Reportage, Télé publique d'argentine, V7inter
  4. Video de la manif à Santiago du 14/07/2011
  5. De canal9regional le 12 juil. 2011 Cobre en paro: El sueldo de Chile Matinal Nuestra casa
  6. Thriller pour l'éducation national : leur dettes pour payer les études les ont transformé en zombies.

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