Patrick Artinian
Journaliste à Mediapart

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Billet de blog 26 nov. 2020

But!

Patrick Artinian
Journaliste à Mediapart

Ce fameux 22 juin 1986, j’étais dans les tribunes du stade Aztèque de Mexico, un stade comme je n’en n’avais jamais vu auparavant, une cuvette étouffante d’où remontaient les clameurs de 120 000 personnes. Hollas qui tournoyaient, s’arrêtaient, reprenaient. La pente sur laquelle les rangées de gradins étaient disposées étais si raide que l’on aurait pu se croire sur les bords d’une falaise escarpée, toujours à deux doigts d’être aspiré par le vide, en l’occurrence un rectangle de pelouse verte tout en bas. Photographe, je couvrais le Mundial de foot 1986 pour mon journal de l’époque. Ma mission était de montrer les “à-côtés“ de la compétition et ce jour-là, les à-côtés, c’étaient des affrontements attendus entre supporters Anglais et Argentins, rapport à la guerre des Malouines, mais aussi parce qu’un an auparavant, les Hooligans Anglais étaient largement impliqués dans les 39 morts du stade du Heysel. C’est peu de dire que le climat était explosif.

         Le foot, ce n’était pas vraiment ma tasse de thé. Gamin, j’avais bien postulé comme avant-centre dans mon club local, mais on m’a vite fait comprendre que ma place était à l’arrière avant de me confiner dans les buts pour finalement me demander gentiment de ne même plus venir.

         De là où je me trouvais dans les gradins à mi-chemin entre les buts adverses, je n’ai pas vu grand-chose du premier but de Maradona. Les joueurs Anglais ont protesté auprès de l’arbitre en montrant leur main, quelques remous dans le stade, des cris, des insultes et puis le match a repris. À quelques mètres de la ligne médiane, Maradona s’empare alors du ballon, pivote, cloue sur place deux joueurs anglais et vole vers le but adverse. Impossible de l’arrêter, les Anglais semblent ensorcelés, envasés, englués, ils ne parviennent même pas à l’approcher qu’il est déjà loin devant. Il entre dans la surface, contourne le gardien et marque ce fameux but d’anthologie. C’était irréel, je restais sans voix au milieu d'un stade en liesse.

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