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Billet de blog 21 mars 2013

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(II) - Notre monde. L'humaniser !

 Le film «Notre Monde», sorti récemment dans les salles, nous invite à participer à l’action en amont de toute action : à l’action politique. Faites de la politique, nous disent les penseurs divers qui prennent la parole dans le film. Certes ils nous disent de faire de la politique pour changer les choses, mais ils nous disent surtout de changer la politique elle-même : faites de la politique, oui, mais autrement.  

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Le film «Notre Monde», sorti récemment dans les salles, nous invite à participer à l’action en amont de toute action : à l’action politique. 

Faites de la politique, nous disent les penseurs divers qui prennent la parole dans le film. Certes ils nous disent de faire de la politique pour changer les choses, mais ils nous disent surtout de changer la politique elle-même : faites de la politique, oui, mais autrement.  

Dans le bouclage de l’action et de la pensée, les penseurs se situent du côté de la pensée, en amont de l’action. L’action ne nous est pas montrée dans le film. Elle est à inventer. Seule la pensée est filmée. Et l'action dont il est question ici, c'est bien l'action politique.

Ainsi, nous voyons la pensée, encore embryonnaire, mais déterminée, comme à l’aube d’un jour nouveau. Nous sommes au début du chemin vers une nouvelle pensée. Et celle-ci veut nous tirer vers une nouvelle manière de vivre dans la cité : vers une nouvelle Commune. C’est Jean-Luc Nancy qui nous le dit en prologue du film.

La pensée nous dit que le réel doit être appréhendé au plus près. Et la pensée nous dit que c'est sur l'humain que doit se faire la centration. La pensée nous dit ainsi que là sont les deux points d'appuis pour pousser plus loin notre humanisation. Mais c'est une pensée libre, libérée, qui nous dit ça.

L’image de la roue peut être fructueuse pour comprendre l'avancée vers l'humain dans le politique. Dans la circularité politique entre action et pensée, les deux points d'appuis sont le réel dans lequel on baigne et l'humain qui nous porte. Comme la roue prend appui sur le terrain, il y a nécessité d’appui sur le concret qui est là, la réalité des choses. Et comme la roue porte la charge grâce à son moyeu, il y a nécessité d’un appui central, l'humain. Autrement dit : l’identité humaine au centre, et non pas l’argent ; les moyens autour. Ainsi, le politique peut-il tourner rond.

C’est clair dans le film : le cadre général de pensée et d’action politiques n’a plus à être celui de la finance-finalité et de la finance-moyen. Le finalité centrale doit maintenant être la cause humaine. Et les moyens autour doivent libèrer le potentiel humain et humaniser le monde. 

Cette manière de voir les choses -l’humain au centre, des moyens humanisants autour -peut-elle être nouvelle pour penser le politique ? Mais c’est plus qu’idiot de poser la question : c’est l’évidence même ! Mais il faut dire que notre monde s’est tellement ennivré de la pensée humaine, qu'il a quitté son bon sens et qu’il en est arrivé à se détruire. Et l'homme s'est tellement pris pour un merle, que ça lui a tourné la tête, qu’il se retrouve sans repères, qu'il virevolte, déconnecté de ses racines humaines. Le constat est que l’homme de notre monde est hélas! devenu un moyen, un paramètre d’ajustement. Là n’est pas sa nature ni son destin. Notre monde doit donc changer pour que l'homme s'y retrouve.

Il faut cette radicalité-là de pensée pour changer les choses. Une pensée de bon sens humain ! Pour enfin espérer enraciner l’homme en qui il est.

                              Patrick Banuls. Paris, le 19 mars 2013

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