Ne dites pas à ma mère que je suis syndicaliste à la CDC, elle croit que je suis pianiste dans un bordel

Les colonnes de Mediapart voient s’affronter dans une guerre sans merci sur la CDC, la SNI et ICADE, deux formidables puissances, l’Empire de Lilliput et l’Empire de Blefuscu, pour savoir si, pour manger un œuf à la coque, on le casse par le gros bout ou par le petit bout. Je m’exprime sur mon blog via mon abonnement personnel  sans engager mon organisation, la CFDT :

d’un coté donc, des dirigeants de la CDC et de certaines de ses filiales dont la SNI, soutenus ouvertement par certains syndicalistes y compris les plus inattendus dans ce rôle,

de l’autre  coté une poignée de syndicalistes irréductibles ayant ramassé la fonction tribunicienne abandonnée par les précédents et soutenus de plus en plus ouvertement par la rédaction de Médiapart, à commencer par Edwy Plenel et Laurent Mauduit.

Cela commence par de nombreux articles, notamment de Laurent Mauduit, journaliste d’investigation, articles dont certains reprennent des hypothèses* souvent évoquées, d’autres des sources issus de rapports de la Cour des Comptes et probablement de sources internes.

Suivent des procès de Presse engagé par la direction de la SNI contre la rédaction de Mediapart, procès autorisés voire soutenus par Jean Pierre Jouyet avant son départ pour le Secrétariat Général de l’Elysée.

Cela se poursuit ces jours ci par déjà deux articles de la rédaction sur l’autre filiale immobilière, Icade et là encore, reprennent des hypothèses* souvent évoquées, d’autres des sources issus de rapports de la Cour des Comptes et probablement de sources internes, peut être pas les mêmes car les « cibles » sont pour le moins rivales.

« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour » : pour moi, le Syndicalisme et la Presse, c’est pareil !

Si on n’exerce pas sa liberté d’expression, de pensée, et même son droit à l’erreur ou à l’interprétation subjective, bref, si on assume pas ses propres contradictions, doutes et incertitudes, il faut changer de job, on n’a plus la « vista ».

Oh je me garderai de tout discours moralisateur : à 52 ans, je suis comme Obélix tombé dans la potion magique militante dés l’âge de 15 ans, et j’ai passé l’âge de croire aux lendemains qui chantent.

Mais on peut au moins essayer de garder une certaine éthique à commencer par se méfier des connivences mêmes inconscientes avec les patrons comme avec les journalistes ou tout autre groupe de pression réel ou supposé. C’est d’ailleurs pour moi un signe de respect vis-à-vis des mêmes patrons et journalistes : on est chacun dans un jeu de rôle mais on doit respecter des règles strictes de cloisonnement.

Ce qui, selon moi, doit guider l’action d’un syndicaliste d’entreprise (à ne pas confondre avec un syndicaliste confédéral ou fédéral plus tourné sur les accords de branche, et surtout avec un politique), c’est la défense des intérêts des personnels de cette entreprise : l’emploi, la défense individuelle et collective, les compétences des gens, et même la réputation de la boite.

Selon certaines hypothèses* évoquées plus haut dans ces colonnes, certains dirigeants, et circonstances aggravantes selon moi, de hauts fonctionnaires semblent avoir très largement franchi la ligne rouge et à de nombreuses reprises.

Moi, j’ai choisi mon camp : Pour avoir vu pleurer des ouvriers d'une usine agroalimentaire qui était « clouée au pilori » pendant plusieurs jours au journal télévisé 20h, je ne sous-estime pas les souffrances que peuvent aujourd’hui ressentir l’immense majorité des collègues honnêtes de la CDC qui se trouvent confrontés au quotidien du fait de cette campagne de presse aux critiques ou remarques désobligeantes des locataires, des promoteurs, et même dans des repas de famille.

Que la Presse et la Justice fasse son travail, même si cela peut être anxiogène pour l’immense majorité de ces collègues honnêtes. Je respecte la Presse d’investigation, les autres organisations syndicales et même la très grande majorité des patrons !

Ce qui aujourd’hui devrait rassembler en premier lieu les organisations syndicales du Groupe CDC, c’est l’emploi, la défense individuelle et collective des personnels, les compétences des gens à travers la nécessaire évolution des métiers des sociétés, et aussi l’image collective d'un trés grand Groupe d'intérêt général, sans opposer telle ou telle filiale contre une autre, ni surtout en épousant les querelles de pouvoir des patrons.

Après on pourra toujours se chamailler pour savoir si, pour manger un œuf à la coque, on le casse par le gros bout ou par le petit bout.

Pour ma part je l' attaque par le gros bout avec si possible un accessoire très pratique pour le "décapsuler", acheté à la Foire de Paris ...

Patrick Borel, Délégué Syndical CFDT du Groupe CDC, à titre personnel

nota :  j'ai parlé prudemment d'hypothèses*, ayant déja largemment été attaqué dans des procès pour diffamation dans ma jeunesse militante par des dirigeants politiquement "proches" et au plus haut sommet de l'Etat aujourd'hui ...

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