QUE SONT LES LAMBERTISTES DEVENUS ? PAUVRE RUTEBOEUF

D'après la chanson de Léo Ferré inspirée de La complainte de Rutebeuf

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

L’article publié ce jour par Stéphane Allies dans MEDIAPART « Crise finale au POI, ou le lambertisme en voie d’extinction » m’a fait remonté la nostalgie de toute ma jeunesse militante, où je me suis construit CONTRE ces lambertistes, que pourtant j’ai appris à respecter et parfois même à aimer.

Arrivé à 17 ans à l’IEP Grenoble en 1979, difficile de passer à coté de cette secte alors encore plus active qu’à Tolbiac et autres bastions parisiens : ils représentaient de loin le mouvement le plus organisé de la Fac autour de l’historien mondialement reconnu de Trotsky, Pierre Broué, qui présida d’ailleurs mon grand oral et fut finalement exclu de l’OCI par Boussel alias Lambert.

Moi petit catho rocardien, sabra du PSU et des GAM d’Hubert Dubedout, proche de la CFDT et pas de FO, ça pouvait  pas coller avec un  des principaux mouvements français de la IVème internationale, malgré les consignes de la troïka des dirigeants des jeunes rocardiens parisiens de l’époque, Manuel Valls, Alain Bauer et Stéphane Fouks avec qui je me suis opposé durement.

Individuellement pourtant il y’avait des lambertos adorables : mon AVC, et mon hémiplégie rappela à certains celle de Lénine (hi hi !) et ils m’ont humainement soutenu dans cette période difficile; après ma transplantation cardiaque survenue la même année, celle de mes 20 ans, cela m’a permis de compter mes amis, plus nombreux chez les lambertistes que chez mes camarades rocardiens.

Alors, peut-on regretter la probable disparition de ce courant politique, qui a passé plus d’effort à s’excommunier en de multiples chapelles, à faire de l’entrisme au PS à différentes époques, à mettre en place par des méthodes paramilitaires des techniques de prise du pouvoir des appareils trop faibles pour leur résister ?  Leur tenir tête comme je l'ai fait, c'était une excellente école de formation.

Et bien oui, j’ose le dire : ils vont manquer comme le dit l’article de Stéphane Allies dans la formation des élites d’une partie de la gauche française qui n’est pas la mienne : chez certains socialistes et à FO surement, au Parti de Gauche c’est moins sur, il faudra que ce dernier choisisse entre eux et l’alliance avec le PCF, difficile à concilier.

A moi en tout cas, ils vont me manquer, comme Giuseppe Bottazzi alias Peppone manquerai à Don Camillo : avec qui vais-je pouvoir  me bagarrer désormais ?

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