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Patrick Castex

Économiste, sociologue et HEC à la retraite (maître de conférence à l’Université Dauphine et membre du Cabinet Syndex, expert-comptable spécialisé dans le conseil aux Comités d'entreprise et aux syndicats de salariés), il s’occupe, depuis une dizaine d’années, de promouvoir l’Indépendance de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Il s’est mis en outre à écrire autre chose que de savants traités...

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Billet de blog 14 juillet 2024

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« Quatrième référendum » en Kanaky : 53-47 pour les indépendantistes. Bravo, mais…

Bien battue, la « Calédonie française » le 7 juillet 2024, avec une participation record : le résultat du troisième référendum de 2021, farce tragique avec ses abstentionnismes kanak très majoritaires, est donc effacé. Et avec une autre bonne nouvelle en Métropole ; sauf que la frilosité du Nouveau Front pop en matière d’anticolonialisme interroge. Surtout sa fragilité inquiète ; et beaucoup !

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De ces deux bonnes nouvelles, il n’en reste, à la veille du 14 juillet, qu’une seule : celle du Caillou où, surprise, les indépendantistes deviennent majoritaires en nombre de voix. Demi-surprise cependant : dans la parfaite continuité[1] des deux premiers référendums d’autodétermination de 2018 et 2020. Évidemment, le second tour des législatives en Nouvelle-Calédonie n’est pas un référendum, mais le taux exceptionnel de participation pour de mode de scrutin en fait bien une sorte de quatrième référendum après le troisième  !

Illustration 1
Illustration 2

Autrement dit, ce qui joue en 2024 le rôle de quatrième référendum demandé par les indépendantistes et refusé par l’État est bien un coup de semonce ; il annule de fait (mais, bien sûr, pas de droit) celui de décembre 2021 dont la légitimité politique du résultat interroge et qui est, de l’avis de beaucoup, le premier facteur déclencheur du retour à la quasi-guerre civile, bégaiement de l’Histoire (les mêmes causes produisant les mêmes effets[2]).

Pour ce qui est de la bonne nouvelle en Kanaky Nouvelle-Calédonie, pas besoin d’en écrire des pages, mais une remarque est nécessaire :  bizarrement (tu parles !) il a fallu un certain temps pour que cette évidence saute aux yeux des commentateurs des résultats sur le Caillou[3].  Les politiques locaux, en revanche, ont très vite compris le message…

Mais il est rare que ce remarquable résultat des législatives soit assimilé par la presse française à un quatrième référendum

Bien sûr, en France, les désistements ayant permis le retour du miraculeux Front républicain (qui était parti en cendres) ont évité la majorité absolue au RN et ses alliés et l’ont même relégué à la troisième place du podium ; mais sans majorité absolue le Front pop, ne pourra évidemment[4] pas mettre en œuvre son programme. Et avec les manœuvres politiques de Macron qui tente le tout pour le tout pour éviter un gouvernement Front pop, le soutien à l’anticolonialisme devra sans doute attendre.

En attendant, la situation politique ubuesque en Métropole fait le buzz ; et on ne parle plus beaucoup de l’avenir de ce Caillou où pourtant aucun problème n'est encore résolu.

Notes

[1] La hausse de 2020 est cependant en partie due à la participation du Parti travailliste qui avait appelé au boycott en 2018 ; mais la progression de 2020 est aussi due à une meilleure mobilisation du camp indépendantiste et aux votes positifs de non-Kanak.

[2] Voir les précédents billets : comme au début des années 80, et en 1987, une malheureuse élection ou un référendum avaient mis le feu au poudres.

[3] Le géopolitologue attitré des plateaux de la télé Calédonie la première (Pierre-Christophe Pantz) n’en dit mot le soir des élections ; le lendemain il fut aussi d’une discrétion de violette concernant cette évidence. : il n’a pas sorti sa calculette pour trouver le rapport 53 % contre 47 %, se contentant de constater que les cartes ont rebattues. Voir :

https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/interview-la-representation-electorale-du-camp-independantiste-rebat-les-cartes-analyse-pierre-christophe-pantz-docteur-en-geopolitique-apres-les-legislatives-en-nouvelle-caledonie-1504397.html

[4] Voir également nos précédents billets.

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